Od.., \, 158; XY, 69. Cf. Ilïad., XXIV
3. IHad., II, 223; X, 115; Od., II, 101, 130; XVII, 48'." ■'i. Od., XXI, 1G9. Cf. Jlïad., YllI, 198 .sqq.
."). //., XVII, 2.Vi.
LA A^ÉMÉSIS. 31
s'envenimer des rancîmes de l'amour-propre ou de l'intérêt lésé ^ ; et enfin elle est toiijom-s mêlée d'un ressentiment secret contre celui qui l'a provoquée, quand bien même il n'aurait blessé que notre conscience, et ne nous aurait causé d'autre peine que celle de le condanmer.
Le même sentiment nous porte à éviter les fautes^ comme à nous reprocher celles où nous avons pu tomber; et par là il se confond avec celui du devoir. La némésis homérique est l'arbitre de la moralité des actes : ce qu'elle condamne est mauvais, ce qu'elle ne réprouve pas est permis, et Homère n'affirme pas autrement la légitimité des actions indifférentes ^. Souvent aussi il rapproche le mot némésis de celui qui désigne à la fois le respect d'autrui, et cette fierté de conscience que nous appelons honneur^ : c'est mettre le principe même de la vertu à côté du motif secondaire qui la stimule et l'encourage.
Si maintenant l'on confronte l'étymologie de ce mot avec son emploi, on voit aussitôt se vérifier ce qui résulte déjà d'une double acception du nom donné en grec à la loi suprême (partas^c et devoir) : c'est que l'idée de répartition, fondamentale dans le système théologique des