Odyss., XXI r, 411 • cf. XXTII, Ô
« piter : son palais et ses trésors n'ont rien à ce craindre du temps. Quant aux hommes, l'on « peut ou l'on ne peut pas, que sais-je? en trou- « ver qui rivalisent d'opulence avec moi. C'est ce que j'ai beaucoup souffert et beaucoup erré ce avant de rapporter ces richesses sur mes vaiscc seaux; et c'est la huitième année seulement c^ que je suis revenu ^. »
L'idée où les contemporains d'Homère puisaient à la fois une morale si exquise et une piété si superstitieuse était-elle dès lors personnifiée en une divinité spéciale, ou bien attachée également, et sans attribution particulière, à tous les dieux? Il y a des textes en faveur de la première hypothèse : mais d'assez bons arguments en ébranlent l'autorité. Selon Suidas, Érechthée, fils d'une reine inconnue d'Attique, nommée Némésis, avait fondé en son honneur ce sanctuaire de Rhamnunte qui resta fameux dans toute l'antiquité ^. Mais, quand bien même
' 1. Odijss., IV, 74 sqq.
?.. Suid. TOC. 'Pa[jivou!7ta Néiisaiç. (V. i'aiJpeiidice , n'' 11, à la fin de cette thèse.) Nous ne prétendons nullement trancher ici une question ([ni sort de notre sujet comme de notre compétence, celle de lïdentité primitive de Vénus et de Némésis. On trouvera les arguments à l'appui de l'affirmative dans une note de MM. Creuzer et Guigniaut {Relig. de l'antiq., tom. Il, 3"-' part., p. 1350), ainsi que dans les dissertations de M. Walz {De Nemesï Grsecorum; art. Nemesis, dans VEncijclop. de Pauly) etdeZoega. Selon ce dernier [Abhandlunyen, pag. 41), Adrastée est une divinité d'origine orientale, la même qu'Aphrodite Uranie, que l'Athov ou Adsjora des Égyptiens, que l'As-
la Statue érigée dès lors dans ce temple aurait déjà eu, comme Suidas le prétend, tous les traits de Vénus, ce qui ne paraît ^rai que d'un ouvrage postérieur de Phidias ou de son élève Agoracrite, le caractère même de ce récit y fait assez reconnaître un épisode de l'histoire mensongère que l'école d'Evliémère prétendit substituer à la mythologie. D'un autre côté, dans la Théogonie d'Hésiode, Némésis est mise au nombre des enfants de la Nuit et appelée fléau des mortels'^. Mais ce vers a paru interpolé à plusieurs critiques ^, avec raison , ce semble : car Hésiode eût sans doute caractérisé plus nettement une divinité si peu connue de ses contemporains; sans compter qu'une telle qualification, faisant de INémésis une puissance, et une puissance essentiellement malfaisante, concorde assez mal, comme il résulte de ce qui précède, avec le rôle prêté primitivement à la némésis abstraite.
thoreth des Phéniciens, la personnification du ciel étoile. » Preller ( Griech. Mythologie, tom. I, page 332) fait dériver le culte de Némésis de celui d'Aplirodite Uranie. Bœttiger inclinait déjà à voir dans la déesse de Rharanunte une divinité importée d'Orient (Opusc, pag. 205, not. 2). Manso (AWiandL, pag. 172, not. 1) se borne à rapporter l'opinion de Hugh, qui identifie Némésis avec la Nephthys ou Atlior égyptienne , et qui croit reconnaître, dans l'attitude significative par laquelle la statuaire cai'actérisait ordinairement la déesse de la mesure, une allusion aux partages de tei-rain rendus annuellement nécessaires par les débordements du Nil.