Aiow; y.at Nsfiscn!; (Hesiod., Opj). et Dd., v
2. Cijcli fragm., coll. Did., IX, fr. 3. Cf. Gratin., Nemes., fr. 1 et 2, ap. Meinelie, Comic. fragm.; Isocr., Hel., 59; Calliin., ffymn. Diati., V, 232; Phitarch., de PijUi'm oracidis, tom. Il, pag. 401 (édit. Paris, 1024); Lycophr., Alexarid., \. 88; Hygin.,!!, 8; Pausan., I, 33, 6; Apollod., m, 10, 7; Lactant., TnslU.dïv., I, 21; Schol. Clem. Alexand., Protre]}t.,])ag. 31 (éd. Potterj; Athenagor., légat, pro Christian., pag. 1. — Cette fable ne me paraît pas avoir plus d'impoi'tance, au point de vue de la religion grecque, que le passage d'Euripide (Troad., 760) où Andromaque donne à Hélène autant de pères qu'il y a de fléaux ici-bas , et nommément Phthonos ou l'Envie. Le nom de Phihonos substitué à son équivalent Xcmésls u'cmiiêclic pas que les deux allé-
la némésis divine, considérée comme principe des misères bumaines. Mais le poète, dans le récit des métamorphoses auxquelles il suppose qu'elle eut recours pour échapper au dieu qui la poursuivait, paraît avoir eu en vue cette autre Némésis, compagne de la Pudeur, dont Hésiode avait parlé. En résumé, malgré cette ébauche de légende, la figure de INémésis reste si peu distincte dans la littérature de la première période, qu'on ne peut la considérer encore comme acquise et réservée à la personnification dont nous avons recherché ici les premiers vestiges.
La religion grecque, prise dans son ensemble, n'est d'ailleurs, à la même époque, ni plus fixe ni plus précise. Les inconséquences^, les contradictions, y abondent. Au cruel Jupiter de 1'/liade il faudrait opposer, si les limites de notre sujet le permettaient, la bonté toute maternelle, la sollicitude infatigable de Minerve pour Ulysse dans YOdjssée. En regard de la divinité défigurée dont ce chapitre offre déjà l'image, il faudrait placer la doctrine élevée qui distingue, la fable de Prométhée mise à part, les Travaux et les Jours, ce poème d'une morale si pure, où la sanction d'une autre vie parait une superfluité, le vice et la vertu trouvant dès celle-ci récom-
gories ne reviennent au même, c'est-à-dire à un pur jeu d'esprit que Herder (tom. XXVII, pag. 376, éd. Carlsruhe, 1821 ), et surtout Zoega {AbhandL, pag. 67), ont pris beaucoup trop au sérieux.
'tO LA NEMÉSIS.
pense et punition. Dans Y Iliade même, où l'idéal religieux se ressent de la barbarie d'une société naissante, la divinité garde ce caractère auguste d'équité qui la suit sous tous les travestissements, et que le paganisme a compromis sans jamais le méconnaître : tant il est difficile à l'imagination de l'homme de faire complètement illusion à sa conscience! La philosophie n'aura un jour qu'à purifier l'antique idole de l'anthropomorphisme, pour restituer à l'adoration la beauté ternie, mais intacte, du vrai Dieu.
Cependant l'Olympe a des fêtes où les Muses, pour charmer les loisirs des dieux, chantent « les t< misères envoyées par les Immortels aux homa mes, qui vivent dans l'erreur et dans l'impuis- « sance, incapables de trouver un remède à la « mort, ni un préservatif contre la vieillesse ^ . » La terre, où les décrets d'en haut se heurtent aux volontés d'en bas, est un vaste champ de bataille où se renouvellent, entre la convoitise humaine et l'avarice des dieux, ces luttes surnaturelles de Y Iliade^ périlleuses jusque dans la victoire au mortel qui s'y hasardait ^. Voulons-nous