‹ Némésis et la jalousie des dieux [microform]Chapitre 33 sur 180 · Herodot., VI · texte numérisé non relu

Herodot., VI

% Agam., v. 750 sqq.

3. Pind., Fyth., X, v. 30 : M-/] cpôcvcpaïç ex Ôswv (jisxaTpoTiiai; èt:!xijpaa'.ev. (Sur la date de cette ode et l'âge du poëte, Toir Clinton, Fast. Hellenic.) — On ne peut considérer avec certitude comme plus ancien l'hymne homérique XXX à la Terre, où cette divinité est appelée libérale ou sans envie (àcpOovs ôaîaov). D'autre part, le fragment suivant

lors la même expression revient tant de fois avec son sens propre chez les écrivains de la période que nous considérons, qu'il est impossible d'y voir une simple métaphore ou façon de parler.

(c Amasis, » dit Hérodote, « vint à être informé « des grands succès de Polycrate; et il en conçut « du souci. Et comme ces succès allaient se mul- « tipliant, il écrivit la lettre suivante, qu'il lui fit « tenir à Samos : Amasis mande à Polycrate « ceci : Il est agréable sans doute d'apprendre ce qu'un hôte, un ami, réussit dans ses entrece prises. Mais l'excès de tes prospérités ne me ce plaît point, parce que je sais que la divinité (( est jalouse ^. J'aime mieux, d'une façon, pour c< moi-même comme pour ceux à qui je m'inté- (c resse, quelques succès, et à côté quelques recc vers, en un mot, une vie composée d'alterna-

dc Corinne peut être antérieur &\x\ exemples tirés de Pindave : « Où fà.^ Ttv 6 csGovspôç ôai[jiwv... » [Lyrici Grxci, édit. Bergk, pag. 811); mais Bcrglv lit ÔY)atdv. La date que nous assignons à ]a plus ancienne mention de la jalousie divine est donc probable; ou bien il faut voir dans le Proméihée enchaîné (vid. \. 859) ce premier ouvrage d'Eschyle que nous savons avoir été représenté l'année précédente, on 499, quand le poète n'avait encore que vingt-cinq ans {voy. Clinton), ce qui est contre toute vraisemblance. Oti'ried Millier regarde même cette tragédie comme une des dernières productions de son auteur. Quant aux autres jiièces d'Eschyle oii il est également question de la jalousie divine, nous savons par des textes anciens qu'elles sont toutes postérieures à Tannée 498. — Notons dès maintenant, sauf à le redire, que la mémo Pythique renferme aussi la première mention d'une Némésis investie des attributions que cette déesse devait conserver. Pour plus de rigueur, nous aurions donc pu faire dater de l'année 498 notre seconde période. I. Tô Qsïov iTcîGTap.Évw w: ecti eSovspév (Herodot., Ilf, 40).

« tives, qu'un bonheur sans mélange. Car je n'ai « jamais ouï citer personne qui n'ait été à la fin « ruiné de fond en comble, après s'être vu parfairr tement heureux. Voici donc, si tu m'en crois, « ce que tu feras dans ces conjonctures : cherche « quelle est la chose qui a le plus de prix à tes « yeux, et dont la perte chagrinerait le plus ton « âme; puis avise à t'en dépouiller, de telle « façon qu'elle ne reparaisse plus à la vue des « hommes. »

On ne transige ni avec le Destin ni avec le Hasard. C'est donc le courroux divin qui menace Polycrate : et pourtant le seul tort de Polycrate, c'est d'être trop heureux.

La jalousie divine est semblable en tout à la jalousie humaine : elle a son vrai principe dans l'élévation d'autrui, la némésis provoquée par l'orgueil pouvant d'ailleurs lui servir de renfort et d'aliment. « Ne vois-tu pas, » dit Artaban à Xerxès, « comme Dieu foudroie les animaux de « haute taille, et ne les laisse pas longtemps se « rengorger, tandis que les petits ne le chagrinent « point ? Ne vois- tu pas comme c'est toujours « sur les toits et les arbres les plus élevés qu'il « décoche ses traits? Car la divinité se plait à « raccourcir tout ce qui s'élève. De même, une « armée nombreuse est exterminée par une pe- « tite , lorsque Dieu , devenant jaloux ^ , lance

l. 'G Ôcôç ç6ov^aa; (Herodot., VU, 10, 5).

iiO THÉORIE DE LA JALOUSIE

ce sur elle l'épouvante ou la foudre-, alors cette « grande armée périt misérablement : car Dieu a ne permet l'orgueil à nul autre qu'à lui-même. »

Les moyens employés pour conjurer la jalousie divine témoignent pareillement de cette identité. C'était d'abord le remède proposé par àmasis à Polycrate. Eschyle parle sur ce point comme Hérodote : « L'homme prudent qui sait « à propos lancer loin de lui une partie de ses « biens pour conserver le reste, sauve sa maison « qui se serait écroulée sous un poids de malce heur, et préserve son esquif du naufrage \ » Alceste ne peut sauver les jours de son mari, qu'en se dévouant elle-même à la mort : le péril, conjuré par son sacrifice, redevient imminent à la suite de sa résurrection : ce Elle t'est ce rendue, » dit Hercule à Admète en la lui ramenant; ce puisses-tu échapper à la jalousie des ce dieux! ^ »

On suppléait volontiers à des remèdes aussi violents par l'expédient commode de la prière : ce Je chanterai, » dit Pindare, ce la tête ceinte de

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