‹ Némésis et la jalousie des dieux [microform]Chapitre 64 sur 180 · Suid,, voc. ]!iéu.BGt.z · texte numérisé non relu

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5. Callimacli., Hijmn. Gérer., v. 57 : image fréquenle chez les poètes; cf. Eurip., fragm. 488 (collcct. Didot); Hcsych., voc. cy.u-â).ai; .'Eschyl., Eumen.,\. 275; Soph., Philoct., v. 1325; id., fragm. 328 (collect. Didot).

refoule inévitablement clans sa condition l'homnne qui a essayé d'en sorlir ou que la fortune en a tiré.

Tels sont les trois caractères que la poésie nous montre réunis dans le personnage d'Adrastée-Némésis. L'art travailla sur ce modèle, et ne fit qu'en marquer plus fortement les traits. En retrouvant dans la Némésis de la sculpture celle de la poésie, en voyant celle-ci prendre corps, pour ainsi dire, sous le ciseau des artistes, on mesurera combien l'idée en question, sans rien perdre d'essentiel , gagna de précision et de clarté à ce dernier degré de personnification ^.

Les figures de Némésis ^, et spécialement celles que d'irrécusables témoignages ne permettent pas de méconnaîtrCj comme ces Némésis

1. Le type plastique de Némésis, fort maltraité par le spirituel mais paradoxal Zoega, est cité, à plus juste titre, dans l'introduction des Religions de Vantiquité (pag. 70), comme un heureux exemple de ces allégories expressives où excella l'imagination des Grecs.

2. Nous renvoyons, pour les représentations figurées de Némésis, au recueil d'Otfried Mûller (Denkmàler der alten Kunst), continué par Fr. Wieseler (Gœttingue, Dieterich). — La statue du Louvre inscrite au livret sous le n° 318 ne rappelle que d'assez loin la Némésis de l'époque classique : aussi paraît-il très-douteux à Otf. Millier {Archseol. d. Kunst, § 398, note 4) que le nom qui lui a été donné soit le véritable, si c'est réellement une figure de Némésis, aucun monument n'at^ teste mieux l'assimilation, complète dans la période romaine, de cette divinité à la Fortune, ou même à la Bonne Fortune. La Providence (n" 323) qu'on voit au même musée se rapproche davantage du type consacré de Némésis : elle en a exactement l'attitude; et quant au globe qu'elle porte dans une main, cet emblème convient bien à l'Adrastée de l'âge philosophique;

des médailles smyrnioles, au sujet desquelles la mention détaillée de Pausanias ^ ne laisse subsister aucun doute, ont souvent pour caractère principal la position du bras, qui est replié de manière à mettre l'avant-bras en évidence, et à élever la main à la hauteur du visage. V Anthologie nous apprend que ce geste, comme figurant la mesure appelée coudée, équivalait à la recommandation de ne passer en rien les bornes ^. Un tel emblème s'accorde parfaitement avec le caractère prêté par la religion grecque a Némésis, à la déesse ennemie de l'excès : et c'est à tort que Herder a interprété comme un conseil, une invitation amicale, ce langage muet à la fois impérieux et menaçant. La déesse delà jalousie divine ne dit pas seulement à l'homme^ comme le proverbe : <c Observe la mesure. » La mesure qu'elle lui met devant les yeux est celle même qui est assignée, non-seulement à son ambition, mais encore à sa félicité; celle que la divinité elle-même ne perd point de vue, selon Pindarcj soit qu'elle élève^ soit qu'elle abaisse les foitunes humaines^.

On a cru reconnaître sur quelques monuments le frein dont il est aussi question dans V Anthologie 4. Les anciens diffèrent d'opinion

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