‹ Némésis et la jalousie des dieux [microform]Chapitre 65 sur 180 · Anthol. Gr.; éd. de Bosch, lY, xu, ep · texte numérisé non relu

Anthol. Gr.; éd. de Bosch, lY, xu, ep

sur le sens de cet emblème : mais ils sont d'accord pour en cliercher l'explication dans l'idée " même de la néinésis divine. Ammien Marcellin paraît y voir le frein de la Nécessité, emprunté par Némésis pour brider l'orgueil humain '. Suivant i'épigramme à laquelle nous renvoyons, cet attribut n'a rapport qu'à la retenue prescrite au langage. « La folle licence des bouches sans (c frein , » dit Euripide, « est punie de l'infor- « tune ^. » Se taire dans la peine, parce que les dieux sont les plus forts ^; se taire dans la pros- - périlé '^,' pour ne pas appeler sur soi le fatal regard de l'œil qui lance la foudre ; se taiie enfin dans les circonstances oii le culte exige soit le recueillement, soit la discrétion : la sanction de toutes ces lois sacrées était certainement attribuée à Némésis; et c'est sans doute, sinon la seule raison, du moins une des raisons pour lesquelles on la représentait portant un frein à la ' main. Le doig't lapproché de la bouche , chez les Némésis de Smyrne, à peu près comme dans les figures qui représentent le dieu du silence, ^ne voulait pas dire autre chose.

Sur certaines médailles de même provenance, l'une des Némésis tient un petit bâton dont la forme paraît également convenir à une

1. Anim. Marcel!., XIV, 11. Cf. Mcsonied., lîymn. Nemes. 1. Euvip., Bacch., v. 380.

Page 1