LES LAZARETS ET LES QUARANTAINES
Qu'au lazaret, au bague, au forum descendue, La raison désormais soit donc seule entendue, Et qu'au naufrage entier <l<' la légalité In seul dogme survive... an seul... la Liberté!
l. Il n'est personne qui ne se rappelle le laineux cordon s milaire des Pyrénées, qui se transforma en .nuire anti révolutionnaire des qu'on osa en avouer le but.
-j Rotrou , magistral de Dreux . se hâta de retourner dans sa ville à la première nouvelle de l'épidémie qui la ravageait en 16*0. Les clochi sonneol pour la vingt-deuxième personne aujourd'hui . écrivait-il , ce sera pour moi demain , peut être < Trois jours après, le créateur du théâtre français n'existai) plus.
.".. il est arrive plusieurs fois qu'après avoir décacheté les pli- on les a «•haiiirés par erreur d'enveloppe ; ainsi , des lettres d'amour onl été substituées à des lettres d'affaires el vice ver$d. (J. J. Wmpèab, Naufrage d'un bateau a vapeur
i. Ou peut voir, dans L'ouvrage du docteur Robert, le costume gro tesque des médecins quarauténaires, exactemenl décrit dan- ces vers.
.». Voici i|n verset de l'hymne de saint Hoch , que l'on récite au lazaret de Marseille avant ['ouverture de chaque séance «lu conseil d'intendance de la santé :
Ave Roclie , etc.
Roche peregrè profectus Pestiferos curas tactn, ,-Egros sanas mirificè, Tangendo salutiferè.
Ora pro nobis, Roche, etc.
6. On doit à M. Chervin , sinon la découverte entière des idées anlicontagionistes, au moins rétablissement général de cette opinion bienfaisante dont il a démontré par des faits irrécusables la vérité.
7. Grâce aux efforts persévérants de M. Chervin, plusieurs importantes réformes ont déjà été faites dans la législation sanitaire, et tout fait croire qu'on n'en restera pas là. La vérité est en marche
8. A plusieurs reprises (1850, 1851, 1855, 1855) M. Chervin a de mandé aux ministres à se soumettre à des expériences directes sur le mode de propagation de la peste dans les lazarets. MM. Lassis , Costa, Lasserre avaient fait la même demande. On s'est toujours refusé à ces offres généreuses.
9. La patente brute est donnée aux navires venant de lieux suspect* ou atteints de peste; ceux qui viennent de pays sains ont h patente nette.
10. La consigne est un bureau dépendant de l'administration du lazaret de Marseille, où les capitaines des navires qui arrivent sont tenus de
venir s'expliquer sur les accidents de leur voyage; on appelle cela raisonner.
il. On dit des marchandises que l'on purifie au lazarel en les expo sant à l'air, qu'elles sont passées à la set eine.
12. Tous ces détails sur les marchandise» susceptible» ou non suscep tiblesde transmettre la contagion sont de la plus grande exactitude
15. L'enclos de St-Roch , i-itué an centre du Lazarel . el entouré d'un triple mur, est destine aux malades suspects ou atteints de peste.
n. MM. Mureau de .tonnes el Ségur-Oupeyron sont des antagonistes déclarés de la doctrine delà non-contagion ; le dernier est secrétaire du Conseil supérieur de santé , et a lu un mémoire à l'Institut pour prouver que les quarantaines sont utiles à notre commerce, et les lazarets très profitables! ! !...
to. Bien des malheureux ont été tués à coups de fusil en voulant franchir le cordon sanitaire des Pyrénées. On pouvait comprendre cela dans les temps d'ignorance . mais au dix neuvième siècle ' ' !
16. Le sénat de Venise avait autorisé, en 1504, la torture pour forcer les malheureux habitants à se dénoncer lors de la peste. (Textoris t. vi p. 592. )
17. Les maisons où se trouvaient i\<> pestiférés étaient marquées d'une croix blanche.
V I NGÏ-QUA TR I ÈJVI E SATI H E.
V SrfRIh.
Mais la nuit nous entoure, et du soir la rosée
S'élève et redescend; Cesse donc d'écouter, ma voix s'est reposée,
Ma lyre se détend.
(Jeanne Champein. Chant gaulois.)
MES ADIEUX.-CONCLUSI<^.
Enfin, je touche au but; prêt à tenir parole, Formulant mes adieux au doyen, à l'École,
Aux confrères rivaux, amis cornu nnemis,
l'ai l'ait plus, j'en suis fier, que i<i n'avais promis.
C'est que dans ma poitrine une âme noble vibre. Ah! si je présidais à quelque école libre, Si par le libre appel d'un vœu concitoyen On me votait un jour le bonnet de doyen, On ne me verrait point, barde de table ouverte, Devant un Salvandy fausser la reine Berthe ', Et d'un luth maladroit, en désaccords touchants Aux salons lumineux prostituer mes chants. Dominé malgré moi d'une haine ennemie, Je ne dénoncerais en pleine Académie Que l'élu du pouvoir par le pouvoir gâlé, Qui d'excès révoltants souille sa dignité, Et d'un loyal combat répudiant la gloire. De lettres de cachet aiderait sa victoire.
Que dis-je, moi doyen!... qu'on me donne tout haut Ce nom que ma Gazette a flétri d'un fer chaud!...
Ml S AMI I V -CONÇU MON 277
Oh! non, quelque avenir que le sort nous promette, El que l'on cesse ou non d'émarger chez omette . On ne me verra point, tel qu'on <mi vil souvent. Girouette docile à tourner à tout veut. Autre aux heures <lu soir que je fus à l'aurore. Des joins de liberté nous sommes loin encore; Mais quand par l'écrivain, maître du préjugé, Des oppressives lois le frein sera rongé, Heureux d'avoir aidé pour ma part au grand œuvre, Je me métamorphose en bénigne couleuvre, Kl vais, calme comme elle, au portique écarté, D'un air paisible et <l<>ux humer la liberté, Va du soleil Iciissani perdu dans les décombres, Disputer les rayons aux grandissantes ombres
Ali' si l'on savail bien ce qu'il faul de labeur, De fierté dans la tête el d'énergie au cœur,
278 VINGT-QUATRIEME SATtKE
Ce qu'il faut de courage et de persévérance Pour flétrir nuit et jour l'intrigue et l'ignorance; Quels pénibles soucis et quels affreux tourments D'un auteur satirique assiègent les moments; Si sous vos yeux pesants un ami journaliste Des déboires passés énumérait la liste; Et, quand sur le papier ils errent égarés, S'il vous montrait ses doigts par ses dents déchirés ; Lui, qu'un triste devoir à la critique enchaîne, Qui, sans envie au cœur, sans dépit et sans haine, Au confrère affligé qu'il attaque demain, Qu'il attaquait hier, voudrait serrer la main, Et d'un métier de fer ardent à se distraire, Au lieu d'un ennemi cherche partout un frère; Certes, vous le verriez, pur d'un lâche trafic, Se vouer nuit et jour à l'intérêt public!