‹ Némésis; satire hebdomadaireChapitre 121 sur 133 · Voir la 39« livraison de Némésis : L'Espagne et Tobrijos · texte numérisé non relu

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Et vous régnez pourtant! et l'Europe endormie

De vos deux royautés tolère l'infamie !

Et vous ne pliez pas sous cet immense faix

De vols, d'assassinats, de lubriques forfaits !

Et peut-être, la nuit, votre poitrine est calme!

Ah ! si jamais du crime on décernait la palme,

Le choix serait douteux, car leur droit est égal ;

L'Espagne est un gibet comme le Portugal;

Le crime est pour ce couple une monomanie :

L'un en a l'habitude et l'autre le génie;

Ferdinand, endurci comme un Torquemada, V

Pour ses œuvres de mort consulte un agenda ;

Il sait ceux qu'aux cachots sa clémence destine,

Le meurtre n'est pour lui qu'un métier de routine.

Dom Miguel semble encore à son premier début :

Il conserve le goût de tout le sang qu'il but.

C'est peu que de sa main il signe une sentence,

Il aime à caresser le bois d'une potence;

Son friand odorat flaire l'exhalaison

Du sang tiède et fumant qu'éponge le gazon ;

Il rend grâces à Dieu d'une faveur insigne.

Quand trente condamnés, rangés sur une ligne,

Lentement ajustés par un tireur adroit,

Tombent du même coup, frappés au même endroit ;

Il veut parodier dans son petit domaine

Les Césars dépravés de l'histoire romaine.

Ces rois qui combinaient, par un instinct puissant,

La double volupté de l'amour et du sang,

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