‹ Némésis; satire hebdomadaireChapitre 37 sur 133 · Voir la note de la page · texte numérisé non relu

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C'est l'émeute vivace, hydre des carrefours,

Que le galop disperse, et qui renaît toujours :

L'émeute ! je l'entends, et ce mot que je trace

Tremble au bruit du tambour qui m'appelle et qui passe:

Les chevaux des dragons, par l'émeute bravés,

Sous leurs bonds imprudens réveillent nos pavés;

Et les flots populeux élancés par rafales

Heurtent du boulevard les portes triomphales :

Et maintenant où sont ces imposantes voix

Que le chaos nocturne entendit autrefois?

Où sont ces chefs connus dont la main pacifique

Était pour tout Paris une garde civique?

Qui nous garantira l'avenir du matin?

Est-ce Royer-Collard, ou Guizot, ou Bertin?

Ou ces femmes de cour qui, quand rugit l'hyène,

Invoquent, dans Sain t-Cloud , leur vierge italienne?

Ou tes vingt serviteurs , catholiques récens ,

Qui parfument Saint-Roch de cierges et d'encens?

Toi seul tu peux calmer sans que notre sang coule,

Celte irascible mer où fermente la houle ;

Apaisée aujourd'hui, craignons-la pour demain;

Laisse, laisse à d' Argout les fêtes du chemin ;

Reviens seul, qu'une fois ta volonté hardie

Chasse tes conseillers, moteurs de l'incendie;

Retourne de Varenne, ^ il est temps : souviens-toi

Que Paris s'habitue à dormir sans un roi.

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