‹ Némésis; satire hebdomadaireChapitre 40 sur 133 · M. Vivien était alors préfet de police · texte numérisé non relu

M. Vivien était alors préfet de police

2. M. Darmaing, rédacteur en chef de la Gazette des Tribunaux.

Le cercle s'agrandit et voile le pavé;

Bientôt , sur un seul point , Paris est enclavé ;

Chaos prestigieux ! mosaïque vivante !

Tourbillon convulsif dont le bruit épouvante !

C'est le centre où chacun arrive pour tout voir;

Et vers ce confluent, immense réservoir,

Plus grondans, plus pressés que dans les jours de fêtes,

Descendent, à pleins bords, de longs fleuves de têtes.

Voilà qu'on voit paraître, en galop nivelé.

Les centaures luisans au casque échevelé ; '

L'homicide cheval, complice du carnage,

Fend le flot populaire et le passe à la nage ;

Les raides fantassins, immobiles jalons.

Bordent les carrefours de rouges échelons :

Vivien, le grand-veneur, a déchaîné sa meute ,

Elle va furetant les taillis de l'émeute;

Refoulés en entrant, ils se lancent encor

Comme de vieux limiers excités par le cor;

Ténébreux argousins, à la honteuse épée,

Us marchent l'œil oblique et l'oreille occupée ;

Milice de chenil, qui, d'un pas maraudeur.

Se glisse et reconnaît un complot à l'odeur.

Cependant le tambour, au roulement sonore,

A dénoncé l'émeute au peuple qui l'ignore;

11 nous invite tous à traîner un fusil

Pour défendre d'Argout, Villemain et Persil.

A ce pressant appel tous les cœurs sont de glace ;

Quelques rares amis se groupent sur la place,

1. La garde municipale à cheval, qui porte le même casque et le même uniforme que les dragons de l'impératrice.

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