‹ Némésis; satire hebdomadaireChapitre 50 sur 133 · Les rédacteurs du Journal des Débats · texte numérisé non relu

Les rédacteurs du Journal des Débats

tm .iHJ.iJ.'f NÊMÉSIS.

Et, par des soins tardifs, combattre le poison

Qu'infiltra goutte à goutte un an de trahison ?

Sans doute, il faudra bien qu'une main souveraine

Dans les chairs de la France incise la gangrène ;

Les hommes généreux en qui le peuple croit,

Sur vos sièges vacans s'installeront de droit;

Elle reparaîtra la terrible assemblée '

Dont, après quarante ans, votre tête est troublée,

Colosse qui, sans peur, marche d'un pas puissant,

Le front dans la tempête et les pieds dans le sang ;

Qui, n'ayant d'autre but que de sauver l'empire,

Écrit sur l'échafaud : malheur a qui conspire l

Et quand les étrangers l'appellent au tournoi ,

Leur jette, comme un gant, une tête de roi.

Si par ses propres fils notre France est trahie ;

Si l'Ouest est en feu, la frontière envahie ;

Si du Nord au Midi fond l'ennemi commun ;

Si Brunswick tombe encore aux portes de Verdun ; ^

Si le prêtre, exhumant de fanatiques haines^

Sonne, vers Quiberon, les vêpres vendéennes, ^

Alors , dans ce grand deuil , quand vos yeux reverront

Descendre nos faubourgs, le bonnet rouge au front,

La terreur confiée à des mains jamais lasses,

Le triangle d'acier promené sur nos places,

La France, ouvrant partout de funèbres linceuls,

Timides citoyens, n'accusez que vous seuls.

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