‹ Némésis; satire hebdomadaireChapitre 61 sur 133 · CRI DE GUERRE. MU · texte numérisé non relu

CRI DE GUERRE. MU

Que les peuples amis de l'Escaut et du Rhin Répètent tous en chœur le magique refrain ! Oh ! ce n'est point ici l'élan d'une semaine, Un duel singulier pour un royal domaine ; C'est une guerre immense, un choc universel : Nos coups retentiront plus loin que le Texel, Oui ! quand le drapeau saint sort de son enveloppe, De clochers en clochers il visite l'Europe; Alors la liberté réveille aux jours promis La grande Josaphat des peuples endormis. Que d'éclat nous attend ! dans l'avenir immense On dirait qu'aujourd'hui notre histoire commence! Oh! que je m'applaudis, moi, poète des camps. D'être né dans cet âge où s'ouvrent les volcans! Trop de fois le pouvoir sentit ma pointe aiguë; Il a déjà vidé la tasse de ciguë ; Ne jetons plus les yeux sur ce cadavre froid : Dans l'oublieux cercueil qu'on le cloue à l'étroit. ISémésiSy laisse là ces ministres pygmées ; Prends ton sublime vol , plane sur nos armées ; Celle dont la parole a glacé les méchans Aura pour nos héros de magnifiques chants. Monte au char druidique, agrafe à tes épaules Le lin blanc qui parait la prêtresse des Gaules ; Tu n'es plus aujourd'hui la sibylle d'Endor; Coupe le gui sacré sous ta faucille d'or. Mêle ta voix de fer à l'ouragan qui tonne; Et puis, comme autrefois, dans la forêt bretonne. Prenant pour piédestal la pierre des dolmins. Crie avec les Gaulois : Anathème aux Germains !

4 4 Août 18:^1.

Non, la France par vous ne sera pas trompée! Vous êtes fils de ceux qui sont morts par l'épée ; Vos mères, en songeant à leurs époux lointains, Autour de vos berceaux chantaient nos bulletins ; C'est l'airain du canon qui sonna vos baptêmes; Vous fûtes en naissant promis à mes poèmes; Si déjà j'ai suivi, dans mon épique essor. Vos pères glorieux de Mantoue à Luxor; ^ Si , retrouvant des pleurs sous mes sèches paupières, Du triste Waterloo j'ai ramolli les pierres, ' Comptez que cette fois, et j'en ai fait le vœu, Némésis^ pour vous voir, marchera dans le feu. Vos triomphes vivront en rimes triomphales : Je veux fondre en un vers chacune de vos balles ; Le papier sulfureux, déchiré par vos dents, Servira de vélin à mes hymnes ardens : A tous les noms obscurs que l'orgueil pourrait taire. J'inaugure un feuillet , Panthéon militaire ;

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