‹ Némoville, [par] A.B. LacerteChapitre 23 sur 29 · LE DRAPEAU DE NEMOVILLF · texte numérisé non relu

LE DRAPEAU DE NEMOVILLF

Dc[ !que6 jotin, déjà que les i

fra^iV i sur rne dei Albatns, o'étai<

I)reinière fois qu'elles s'aventuraient à explorer à quelque distance de la grotte. Ce matinlà, il faisiiii un si beau soleil, qu'elles se sentiient phu c-ouragetisee et moins tristes. Elles décidcn: 'de parcourir l'île afin de se rendre c(M don étendue, et au^ai peut-être dans le

vague eetpoir d'y trouver des traces que cette ter: "ia été visitée par des humains.

Kl t, en emportant des proviâons

pour toute la journée, et s'en allèrent, bi«i décidées à ne revenir qu'après avoir fait le tour du ZDcher et eécaladé la montagne.

La grève se prolongeait la longueur d'un mille, puis il fallait eseaJader la colline, qui présentait un flanc presque apic. La montagne n'avait d'autre végétation que des arbres r»> boogris, qui semblaient brûlées par le soleil, rherbe même y était rare; o« n'était to somma qu'un roch«r thdi.

122 KEMOVILLË.

A cette constatation, les deux voyageu- K."!» t<' n'jouircnt d'avoir de» providions en nltondance, dans leur caverne, cur elles comprirent qu'elles ne pourraient compter sur ce sol ingrat [x)ur leur nourriture.

Mab<, comme à quelque chose malheur est bon, parfois, les pauvres femmes se dirent, qu'au moins cette circonstance les mettaient à l'abri du daiiKcr des bêtes méchantes, qui auraient pu envaliir cette terre, si elle avait pu les nourrir.

— " Pauvre Paul ! " soupirait parfois Jeanne, " le reverrai-je jamais? "

— " Cher Koger," disait à son t<jur faisant écho à Jeanne.

— " Plantons le drapeau de Némov-illc audessus de la grotte, afin de guider notre retour conseilla Jeanne."

Ce plan fut aussitôt mis u c\ <'e

ne fut pas sans Ijcaucoup de peine, kt* y

paninrent. Elles le plantèrent dans une fissure du roc et l'y fixèrent solidemei' i» de terre et de cailloux. 1^ dnipciui ■ . e était bleu, de la couleur des flots. Dana un coin était point un nénuphar, entouré de Mtte inscription: "Mobllis in mobile." oomiM

}CEMOVILLil lii

« vottt le voyez. le» Ncmorilliefis avaient adoptô la <levii)e du capitaine Neroo.

— " Maintenant, m dirent Gaûtane et Jeanne, si un bateau paa^e en vue, de l*ile, il ne I)ourra manquer de rcniar(}uer notre drapeau et de DOU8 venir en aide.''

I^es deux femmes essiiyaient de prendra

la vie plii' ' • ••••♦. et eotrotenaient en

elles l'e8}>< . qu'elles aimaient. Il

leur paniamit imposBible qu'elles fuaMnt destim^es à mourir ainsi, en pleine jeunesse, sur ce rocher dc-eert. Cela leur donnait du rourage, et elles s'efforçaient de se faire un séjour aussi a^n'al>lc que {MisBible de la grotte et de tout oa qui les entourait

Klle^ avaient tendu dea filets au Koc de la pi livraïu-e, et par ce moyeu elles i' '

varier leur uieim et faire durer les \>i — . .^ qu'elles» avaient prises à bord du soua-mariu. Dans Ic:) circonstances incertaines où elles se trouvaient, la plus stricte économie était un acte de ^igesf« qu'elles se gardaient bien de négliger. Leur seule prodigalité était de jeter chaque jour les miettes de leur table aux albatros, qui venaient toujoun, fidèles, s'abattra autour des deux femmee, lonqua mU«m •'ioftaUaient sur la grèvt pour prendre leun rapati comme ellei

124 NEMOVILLitt.

le faisaient chaque foia que la tompintare le permettait.

Depuis quelques jours, rependant, cm ail('>8 ne venaient pas en si grand nombre, el cela attristait Gactane et Jeanne, qui redoutaient de les voir déserter tout n fait cette île, dont ils étaient les seuls visiteurs, et pour les pauvret femmes une aimable distraction. Elles avaient pris l'habitude de voir les oiseaux de neige voleter autour d'elles, mendiant gentiment la becquée, qu'ils venaient prendre dans la raain même des deux amies, et elles s'amusaient à voir les albatros se disputer entre eux les miettei qu'elles leur jetaient.

Un matin, Gaétane et Jeanne descendirent sur la plage, comme de coutume, pour y préparer leur déjeuner. Tandis que Jeanne allait voir aux filets qu'elle avait tendus au Roc de la Délivrance, Gaétane fit du feu et prépara le café ; cela fait elle rentra dans la grotte et collant son oreille sur la paroi, elle écouta un instant. Elle pâlit et murmura : " Hélas t le doute n*eet plus possible, nous sommes sur un volcan et une catastrophe se prépare."

Jeanne re^int traînant les filets remplis de poiaKns appétinants. Elles se mirent en tnia

KESfOVILUB. IM

d'en préparer qneqtM§-iiii8 pour leur lepts, et ellei dureDt défendre leur pêche eoDtre tes albatros, qui semblaient ânes disposés à ne pos se gêner, et se préparaient déjà à se servir généreusement à même le ftlet, qu'il fallut mettre en sûreté dans a caverne. La hardiesse de leurs amis, amusa un instant Jeanne et Gaétane, et cela leur permit d oublier un peu leur tristesK et leur secrète appréhension, qu'elles n'osaient encore se communiquer. Le déjeuner fut aawa K.M ines femmes essayaient de se tromper

niu : aent sur la terrible vérité que ehacuno

a\*ait découverte, car Jeanne aussi savait, depuis quelques jour^, quelle était la nature de 111e qu'elles habituient.

Itl NBMOVILLI

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