LE MONT BERNARD
On était nu dix mai. Jeanno, occupée sur la plage à préparer le déjeûner, ne reeMmblait plus à la Jeanno que nous avons \'ue quelques jours auparavant, cachant son inquiétude pour ne pas alarmer son amie et essayant de paraître gaie, lorsqu'elle avait la mort dans l'âme. Jeanne, aujourd'hui, ne peut plus cacher son angoisse, car l'angoisse se lit sur ses traits tirée et dans sa pâleur extrême aussi bien que dans sa ner\'oaité, qu'elle ne sait pas maîtriser. Gaétane vient la rejoindre ; elle aussi porte dans toute sa personne les marques des jours de secrète terreur qu'elle a viVus. I.«e8 deux amies semblent redouter de se regarder; cependant elles échangent un cordial iMnjour et se témoignent la même amitié.
Ce matin-lù TapinHit fait défaut aussi; on mange du bout des dent^*, souvent des retards inquiets se tournent ù la dérobée vers la montagne Bernard.
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Tout à coup, un ronflement aourd airive ju^qu u l'oreille des deux femmes.
— " Je le aavaia," ae dirent-elles, répondant à l'interrogation muette de leurs yeux. " Nous ne pouvons plus habiter la grotte, que faire"? "
— " Ce n'est pas un vain signe que nos albatros fuyant notre île, depuis quelques jours. Le volran est en ébullition, reprit Ga^tane, qu 'allons-nous faire? "
— " Nous transporterons quelques effets au Roc de la Délivance et nous nous y établirons
pour la nuit, afin de r" m miri>riscsi durant
le «wiinmoil par une . :i do In montagne
Bernard,"
— " Vou.«< ;i\ez iMi-*on, je crois, répondit (^nirtane, il seniltle .«»» pr»' parer de nouveaux mal* lutin* pour nouj}. "
Elles firent comme t'IN- i.i. :;• .!.:..î . !î. 4 firent fort bien, car la inMt -nuaiii»', iii.rqu*elli« dormaient enveloppi'es de leurs couvertures, 8ur le r ' ' '!,« furent éveillées par le bniit , tait dans toute sa furie; le.** laves U)uil tonnantes débordaient jusla plage et une flamme gigantesque ven le del, qu'elle illuminait comm9
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tin grand feu d'artifloe. Le spectacle uuut magnifique et terrible. Cela dura toute la nuit. Le lendemain tout rentra dans son aq>ect ordinaire, maie 1 T>1 us tard, il se produisit un affreux t t de terre, l'île entière fut secouée et sembla chanceler comme ] s'effondrer dans l'Océan.
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