‹ Némoville, [par] A.B. LacerteChapitre 3 sur 29 · UN NAUFRAGE · texte numérisé non relu

UN NAUFRAGE

Deux ans avant les év^neraenté racontés dans le précédent chapitre, un p^tî» i>i\quebot luttait contre les flots de rCK< ifique.

Cette mer ne justifie pas toujour en ce jour du quatre juin 1873, c.v ;. ;.....„..: un &««pect effrayant. Le paquebot luttait, et luttait bravement, mais le vent soufflait de l'ouest, causant un épouvantable roulis. Des paquets de mer embarquaient, ce qui contraignait ceux qui n'étaient pas au ser\'ice du bord de se n'f ugier dans leurs cabines ou dans le salon. On pouvait voir à l'arrière du bateau, son nom, écrit en larges lettres noires, sur le bois peinturé en blanc : " Queen of the Waves," il appartenait à une compagnie de San-Francisoo.

Les paasagers, peu nombreux, une cinquantaine en tout, étaient des émigrés, ^ >n des émigrés de basse origine, sans iix. :. . :. ju, Bans éducation. Il y avait parmi eux quelques avocats, deux médecins, des ingénieurs, des mécaniciens. La fortune ne leur avait pas souri chez eux, ils cherchaient un pa}^ plus favorabit; voilà tout

NIMCmLUD. U

îjè paquebot continuait toujoun son affreux rouliâ. Tout h coup, une énonne masM d'eau de mer envahit le pont du " Queen of the Waves," éteignant les feux, et causant de légkea exploaiona.

Une panique était à craindre, cor le paqne* bot, dont le gouvernail fonctionnait à peine, dans cette tourmente, ne par\'ennit pas à se maintenir. Le " Queen of the Waves " n'était plus qu'une épave, ballottée de tribord à bâbord. Lea pa—gem se sentaient perdus.

Et pas une terre en vue!. . . En vain les hinettes marines fouillaient-elles Thoriion: on

ne V' •• -ion, rien. Situation terrible 1 Les

lan s des femmes, leurs cria désespérés

se mêlaient aux bruits de la tempête, tout espoir de salut semblait perdu.

Uais, vers les trois heures de raprès-midi, l'homme de quart cria d'une voix retentissante; " Terre 1... Terre!... A tribord, devant" Le pont du " Queen of the Waves " se cou\Tit de pasBsgere à l'instant, et à une distance de cinq milles, à peu près, ils purent voir se dessiner une sorte de promontoire. Etait-ce la terré fer> me?. . . Etuit-ce seulement une île?. . . Mais qu'importe: continent ou lie, ce morceau de terre, c'était le salut, si on pouvait r^teindie*

U KEMOVILLfi.

L'homme à In barre redoubla d'efforts.

Le batoau n*6tait plus qu'à un mille de terre, quand il donna contre un récif. Aussitôt, le " Queen of tho Wavea " se coucha sur le flanc, et on comprit qu'il ne se relèverait plua. Mais lea passagers étaient toua des hommes d'intelli> genoe et do cœur. Ils aidèrent les matelots à mettre les chaloupes n la mer — il n'y en avait que quatre — et, en risquant cent fois leur \ie, les passagers furent mis en état de se sauver.

Malheureusement, la ddmière chaloupe, contenant le capitaine et les hommes de l'équipage, effleura un brisant de trop près, et on la vit s'enfoncer dans les flots bouillonnants de rOccan. C'était un grand malheur, car, si on pan-onait à dégager le paquelx)t, comment par\'iendrait-on à lui faire reprendra la nior. sans capitaine et sans matelots I

Hélas! on ne pouvait s'attarder à pleurer cette perte de l'équipage, il fallait aviser au plus pressé, et le plus vite possible. Quelques-uns des naufrages se dévouèrent : ils flrent plusieurs voyages au bateau échoué, et en rapportèrent des provisions, des couvertures, des armes, etc. Ils flrent bien, car deux heures plus tard, le " Queen of the Waves " se brisait contre les récifs, et il n'en resta plus, bientôt, que des débris flottants, sur la mer en furie.

NEMOVILLE. If

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