UNE GR/VNDE DECOUVERTE
Ro^er et Paul s'aUardàrant à leur déjeuner, le IcT 1 matin; ils se concertaient, easa-
yaieiii <i ^-t des plans d'évasion, dont ils
sentaient té. Ils avaient la conviction
que les nauf ragiti du " Queen of the Waves " étaient voués à une mort certaine, sur ce rocher désert. Hélas I la vie ne les avait pas tndiés en enfants gâtés, jusqu'à ce jour, mais ils l'ai- TT' ■■'••♦ juand même, cette marâtre, et ils se { t, avec toute l'énergie de leur xingL
ans, de trouver un moyen de s'arracher au sort horrible qui les guettait.
Avant de retourner au campement, ils voulurent explorer davantage les bords de la mer. Et, malgré les pensées tragiques qui aasombrisaaient leur esprit, ils subiaBBient le charme attirant de cette nature grandiose et terrible. Cette limpidité do l'eau était si extraordinaire qu'ils crqjaiflDt Un là jouet d'une illusioo. Tout à coim. Bogtf posa la m&in sur le bras de Paul
U KIttlOVILLË.
^->** Vois» donc, ditril, quel monstre
Et du doigt, il désignait une fornM trueuse, en effet, qui restait immobile, n dix pi«dB à peu près, dans la mer.
— " Ce n'est ni une baleine, ni un requin, dit Paul, il n'en existe pas de cette taille.'*
Et disant cela, il fît rouler un quartier de roc dans l'eau, à quelques toises à peine du monstre. Mais celui-ci resta immobile.
— " C'est singulier, dit Roger, j'ai envie de plonger et d'aller k la déooaverte."
— " Y songes-tu, répliqua Paul, ce serait courir k une inurt certaine, le monstre ne ferait de toi qu'une bouchée.'"
— " Pourtant, je >'eux savoir à quoi m'en tenir, reprit Roger, d'un ton déterminé. Je vais m'attachcr le câble autour de la taille et plonger tout simplement. L'eau est si limpide que tu pourras suivre tous mes mouvements, c ai tu vois que je courre un danger, tu baieras le câble, et tout sera dit."
Malgré les remontrances de Paul, Roger fit ce qu'il avait dit, et bientôt il se UtMk gli»> ler dans U mer. Il n'y resta pM longtemps.
MûiOVtLUL M
D*un coup de talon sur le monslre, il revint i U surface.
— -" Hule le câlile, cria-t-il, hal- l.al '! "
Puia, lorequ'il fut revenu m.! n- -!•' «"ti ami, il continua d'une voix qui t; \.ù\ i motion :
Mon ami, ce n'est pas en vain que j'ai riMiPt- ma vie, je viens de faire une grande di" couverte, ce mooelre que tu vois là, immobile, c'est. . .tu ne devineras jamais ce que c'est I . . . "
— " Je n'ai pas Tesprit à chercher des énigmes, en ce moment, ' Paul gravement; tu feras mieux de me u.... : ,.;i de suite ce qu'est cette chose bisarre, m laquelle ta semblés attacher une si grande importance."
— " Eh bien ! c'est le " NautUus," le " NautUua."
— " Ije Nautilus! " reprit Paul auni excité que son ami, maintenant ; ce bateau souMnarin, dont les aventures extraordinaires ont tant amu» se et intrigué notre imagination d'enfant Ee> tu bien sûr de ce que tu avanees, Rogert "
~" Je te dis que c'est le " Naiitiltit," j'ai TQ aon nom écrit à l'arrière ainsi que m âmm ** 5fobiUi itt mobilt." Maiottotot, J9 ma rap-
ié ^EMOVlLLft.
pelle le récit fait par un certair CyiUB Bmlâi^ dana lequel il eat question de la mort du capitaiue Neino, et de Tengloutiasement de son aousmurin, «ur le» côtea d'une île inconnue du Padfique, il y a une couple d'années."
— " Oui, oui, je me jwuNnens auari, s'écria Paul, mai» alors le " Nautilus " est une tombe, puiscpril porte dans ses flancs la dépouille de son propriétaire, le capitaine Nemo. Et, puis à quoi peut nous sen-ir cette dtVonverte? 8i nous sommes destinés à périr sur ce rocher désert, nous ne pourrons même pas la faire connaître au monde."
— " Je ne suis pas ai facilement résigné à périr ici, et justement notre découverte nous aidera ù fuir cette île dangereuse ; nous allons renflouer le "Nautilus" et nous en sen'ir ensuite pour naviguer. A quoi te sert-il donc d'être mécanicien, s'il faut que je te prête des idées comme celles-ci, qui sont absolument de ton domaine, il me semble."
— " Les id(^ extravagantes ne sont jamais de mon domaine, répondit Paul en souriant, mais dans la situation où nous nous trouvons, l'entreprise vaut d'être tentée, et je suis certain que tous les naufragC-s du "Queea of the Waves" penseront de même; tu peux donc
MfcnôvuLft m
compter sur toatee les bonnes volcmiés pour mener à bonne fin ton hardi projet"
— " AlIuiM faire part de notre découverte aux autres, qui nouB attendent là-bas."
lia partirent d'un pas plus l^er; maintenant que l'eepoir leur était revenu, ils se sentaient encore prêta à faire des projets d'avenir. Roger, qui avait une imagination romanesque, et paraissait parfois bien extravagante i son plaflids ami, lui dit tout à coup :
— " Tu ne saurais croire comme cette déeoKiverte me bouleverK et m'émeut!. . . lorsque je lisais l'histoire du " Nautihis," je rêvais d'habiter une ville sous-marine, a^-ec un petit peuple de mon choix; la terre avec toutes ses misères me semblait un domaine tix^ mesquin. Une uUe sous-marine, reprit Roger en s'exaltent, ce serait l'idéaL"
— " Tu perds la tdte, je crois, lui dit son compagnon, qui ne partageait pas son enthousiasme pour le domaine des poissons, mais si tu pondais promettre aux futurs habitants de ta ▼ille, de les débarrssssr de beaucoup d'ennuis qu'on trouve sur cette terre, je crois que la moiià de l'univen te suivrait avec enthousiasme."
••" Ji Di btdint pU| nprit Rogtr) moa
Il MbiôviLLé.
lève est eztimvagant, je le mï» bien, mais il n'Ml pM irréaliaaUet 6i doilh verrons bien. Il ne serait pas m difficile do construire d'autres aouanmrins. que nous pourrions relier entre eux par des couloirs-tubei, dctiichables h bùsir; quand l'un des sous-marins voudrait remonter à la surface, il n'aurait qu'à se détacher des autres; si la ville entière avait quelquefois, la fantaisie d'aller faire une exi)cdition chez les terriens, on n'aurait encore qu'à dctacher les tubes, et chaque habit^uit de la vïWe voyagerait ainsi avec toute sa maison."
— "Ma foi, ça ne serait pas banal, dit Paul," à moitié conquis au projet de son ami.
En ce moment, Turko se mit à gambader et à lécher la main de son maître, ce qu'il faisait toujours quand il était content: "Voie, reprit Roger, Turko approuve mon projet, oe doit être de bon augure."
— " Songerais-tu, ^Taiment à faire part de cotte extravagance aux naufragés du "Queen of the Waves? " demanda Paul d'un air 86* rieux. On peneert certainement que tu as perdu la raison."
— " On pensera ce que Ton voudra, repliât» Roger, moia moi je tiens à la réaUsttion de
MnonriLLi. »
mon rêv« et je ne la laiaend pat s'échapper.
J'irai wul habiter sous l'eau, si perBonne ne Teut
me eoirre, mais j'irai."
— " Non, tu n'iraia pas seul, car moi, cela «al entendu, je te suivrai ; au fond, tu sais, je ne serais pas fâché de faire cette niche i la terre, qui m'a tout rofusô, jusqu'à prtieent, ce que mon ambition avait rêvé: gloire, richesse, amour."
— " Nous pasMrons sur cette île le temps nécesmire à la construction des sous>marins, continua Roger, comme s'il n'avait pas été interrompu par les plaisanteries de son ami, puis nous quitterons cette région irolcanique, où il no fait r>ââ bon de s'étemiâcr.**
Les àcu:c amis continuèrent leur chemin en ulenoe.
Leiu* retour fut salué avec des démonstrations de joie par les autres naufragés, qtii écoutèrcot avec beaucoup d'intéK*t le récit de la dé* couverte mrr •" «o. Tous connaismient ITii»* toire du " N " et du capitaine Nemo, et
an grand étonnenient de Paul, lorsque Roger, sans beaucoup de préambules, proposa son plan de ville sous-marine, il ne rencontra pas l'oppoattion <}u'il avait redoutée.
10 2^SM0VILLI.
Quelques-uns à peine firent de faibles objections, mais d'autres, parmi ceux qui avaient beaucoup souffert de In méchanceté des hommes sur la terre, témoignèrent un véritable enthousiasme pour l'idée originale du jeune ingénieur. Un homme un peu âgé et d'aspect taciturne du nom de Richard, ofïrit même d'avancer les fonds nécessaires à la réalisation de ce projet extraordinaire. On décida de renflouer immédiatement le " Nautilus," et dès le lendemain on se mit à l'œuvre.
NEMCmLLI.