‹ Nemrod, ou, l' amateur des chevaux de coursesChapitre 13 sur 18 · G DE LA TAILLE DES POULAINS · texte numérisé non relu

G DE LA TAILLE DES POULAINS

soient forts en proportion de leur taille. Je regarde la hauteur moyenne comme étant de 15 paumes 2 ponces, en comptant 4 pouces d'Angleterre par paume (4 pieds 1 0 pouces de France); cette taille est la meilleure pour un poulain de course. Les très-grands chevaux qui ont paru sur le /«//anglais ne se sont pas montrés, à fort peu d'exceptions près, aussi vaillants sous de grands poids que ceux d'une taille moyenne, et l'on pourrait citer plusieurs cas , comme celui de Meteora, de ff'halehone et d'autres, où les meilleurs coureurs de l'année se sont trouvés parmi les plus petits chevaux. Toutefois , aucun cheval ne peut courir, surtout avec un poids, s'il manque de substance et de profondeur dans la poitrine; mais une taille excessive n'est nullement inséparable de la possession de ces deux qualités. La force du lion est hors de toute proportion avec sa taille.

Uf la fiistrûtion ^f6 poulaine.

Si un poulain ne promet pas de devoir réussir comme cheval de course, et si son maître désire le faire châtrer, c'est le mois de septembre qui est l'époque la plus favorable pour cette opération, après que le poulain y aura été préparé par les médecines convenables. Je suis porté à croire que nous châtrons, généralement parlant, trop de poulains en Angleterre; cette opération di-

158 DE LA CASTRATION DES POULAINS, minue considérablement la force musculaire ainsi que l'énergie vitale et mentale de tous les animaux que l'on y soumet, et au nombre des meilleurs chevaux de chasse que j'ai connus, il s'est trouvé plusieurs étalons qui avaient été convenablement dirigés depuis leur première jeunesse.

We la Qôourm^.

Un des accidents qui viennent le plus souvent renverser les espérances des éleveurs de chevaux de course est la maladie appelée gourme ; on la croit généralement causée par un état particulier de l'atmosphère , et on la regarde comme contagieuse, c'est-à-dire que quand un poulain en est attaqué , tous ceux qui se trouvent sous le même toit que lui le sont aussi , et les vieux

ICO DE LA GOLRME.

chevaux eux-mêmes n'y échappent pas toujours.

Quand cette maladie attaque un jeune cheval, elle débute, comme beaucoup de maladies le font chez l'homme, par des frissons , la perte de l'appétit, une légère toux et un mal de gorge. Quand le cas est grave, les glandes de la gorge se tuméfient, la bouche est chaude et les jambes un peu enflées.

A la plus légère attaque de cette maladie , il faut sur-le-champ suspendre tout travail, tenir le patient chaudement et le saigner. Pour nourriture, on donnera du son trempé dans de l'eau bouillante, et l'on tiendra la tête du poulain attachée au-dessus de la vapeur de cette eau , afin de faciliter l'expulsion des mucosités par les narines , leur suppression pouvant amener les suites les plus funestes. Il faut aussi avoir recours à des fomentations locales et à des cataplasmes , ce que tout bon groom sait fort bien ; enfin, une attention et des soins particuliers sont nécessaires pendant la convalescence, parce qu'il est dans la nature de cette maladie de laisser dans les intestins de la saburre, dont il faut se débarrasser par des purgatifs. Plus le pou-

lain est jeune, plus la maladie est bénigne, et pluspromptement il en est délivré. La prudence exige aussi que le premier poulain attaqué soit sur - le - champ éloigné du reste du haras et placé dans une loge séparée, afin de prévenir par là, s'il est possible, que la contagion ne s'étende.

Après la saignée, M. Darvill conseille de tenir le ventre libre par le moyen d'un purgatif doux. Une pinte d'huile de ricin suffit d'ordinaire pour la plupart des poulains; mais à ceux qui sont forts en chair et d'une constitution naturellement vigoureuse, on peut donner le quart d'une once d'aloès des Barbades, dissous dans quatre onces d'eau chaude et que l'on ajoute à l'eau de gruau.

Indépendamment de l'influence atmosphérique, cette maladie est souvent causée par le défaut de soin du groom , qui ne donne pas assez attention au temps qu'il fait , et à la manière dont il couvre ses chevaux quand il leur fait faire de l'exercice sur un terrain élevé et conséquemment exposé, surtout pendant que le vent froid du nord-est souffle. Le même effet peut aussi être produit par le défaut d'at'cn-

lion à maintenir l'écurie dans une température

égale.

Une propreté extrême dans l'écurie contribue grandement à préserver les chevaux de toute espèce de maladie, mais c'est surtout après <[u'un haras a été attaqué de la gourme, qu'il faut absolument nettoyer à fond le bâtiment dans lequel les animaux ont été tenus et en blanchir les murs à deux reprises.

En 1825, une grande mortalité eut lieu dans le haras du feu lord Egremont à Petworth. Quatorze juments mirent bas des poulains mort-nés et trois qui ne vécurent que peu de jours. Elles étaient placées dans des situations différentes , et leur nourriture n'était pas la même. Presque toutes étaient à terme, et l'on avait acquis la certitude que les fœtus étaient vivants trois ou quatre jours avant de venir au monde. Cette mortalité se prolongea pendant tout le printemps, et ne se borna pas aux chevaux de race; plusieurs juments de charrette et toutes les ànesses mirent bas des petits mort-nés.

Puisque je traite en ce moment des maladies et des moyens de les prévenir, je saisis cette occasion pour remarquer que, dans nos meilleures

écuries d'entraînement, l'usage de la saignée est totalement abandonné, si ce n'est à l'invasion d'une maladie. On la regardait autrefois comme pouvant contribuer à mettre un cheval en état, tandis qu'aujourd'hui on n'y a recours qu'en cas de maladie, mais alors il faut y aller largement. Il m'est arrivé une fois de tirer à un cheval douze quarts de sang dans l'espace de douze heures et de lui sauver la vie par ce moyen énergique.

Parmi les dépendances nécessaires à un établissement de courses, il faut compter, dans les mois d'hiver, ce que l'on appelle un lit de paille, pour exercer les chevaux dessus quand il gèle. Ce lit consiste uniquement en un certain nombre de bottes de paille que l'on pose par terre sur un sentier circulaire et oblong , et il va sans dire que plus le diamètre du cercle est grand, mieux cela vaut. J'ai vu un mille de terrain couvert de cette manière, chez M. Rawlinson, du comté d'Oxford, un de nos meilleurs éleveurs de chevaux de course, et entre autres, de l'excellent coureur Revenge. Cet arrangement était extrêmement avantageux à ses jeunes chevaux et à d'autres, engagés de bonne heure dans

l'été, puisqu'ils faisaient un travail, dans un moment où les autres chevaux ne pouvaient que marcher, pendant une longue et forte gelée. En attendant, un terrain d'environ cent toises de long et trente-cinq de large suffira, si l'on ne peut pas s'en procurer un plus considérable. 11 sera assez grand pour faire suer modérément les chevaux, ce qui les empêchera d'amasser trop de chair, dont il faudra plus tard se défaire aux dépens de leurs jambes ; et ce qui est aussi de la plus grande importance pour un cheval de course, c'est que tout le système musculaire, ainsi que les tendons des membres conservent la force et le ton qu'ils auront acquis dans leurs travaux précédents, mais que détruirait une^oisiveté trop prolongée.

m^e V:^ciion.

il n'est rien qui varie davantage à l'œil que l'action des chevaux de course et la forme dans laquelle ils courent. Ainsi, par exemple , Flying Childers courait la tête haute, et Eclipse, à ce que l'on dit , rasait la terre avec son nez. Les uns galopent avec le genou presque droit , d'autres écartent l'une de l'autre les extrémités de derrière , ce qui ne les empêche pas de courir

166 DE l'action.

avec rapidité et vigueur. Mais l'action du cheval de course est d'une nature particulière au but qu'il doit remplir. Il faut qu'il possède non-seulenientune grande étendue d'enjambée quand il galope, résultat d'une exacte proportion dans ses membres et dans ses leviers mobiles, mais encore de la promptitude à réitérer ces enjambées^ sans quoi il perdrait en temps ce qu'il gagnerait en espace. C'est la réunion de l'enjambée et de la rapidité qui forme le coureur agile. Ainsi , l'on assure que le célèbre cheval Hambletoniaii, en courant avec Diamond, couvrit à la fin de la carrière 21 pieds de terrain dans une seule enjambée. On dit aussi qu'Eclipse couvrait 83 pieds de terrain par seconde dans sa plus grande rapidité , ce qui , d'après le calcul de M. Saintbel , équivaut à peu près à 25 pieds par enjambée.

L'action que l'on regarde comme la meilleure pour un cheval de course , parce qu'elle lui fait couvrir la plus grande étendue de terrain possible avec le moins de fatigue , est celle que sur le fur/ on appelle l'action ronde [round action) \ c'est-à-dire que , lorsqu'on regarde de côté l'animal au galop, ses membres de devant semblent

DE l'action. 167

former une roue ou un cercle. Toutefois, des terrains différents exigent aussi des actions un peu différentes , et un grand cheval à longues enjambées, comme Ilambletonian, peut être vaincu sur un terrain qui s'élève ou qui tourne par un cheval plus petit et faisant des pas plus courts. Il s'ensuit que les courses de Newmarket ne permettent pas toujours de juger de ce qu'un cheval fera à celles d'Epsom , où le terrain est très-difficile à cause de son inégalité. L'état momentané du terrain quant à la sécheresse, à l'humidité, au plus ou moins de dureté, influe tant sur le résultat de la course , que l'on voit souvent la victoire devenir le partage de chevaux, dans lesquels on avait fort peu de confiance au départ; c'est ce qui arriva à Tarare qui remporta le prix de Saint-Léger à Doncaster , en 1 826. Le célèbre Euphrales, fils de Quiz et de Persepolis, et frère de Tigris , qui gagna tant de coupes d'or pour le feu M. Mytton , et qui courait encore après l'âge de douze ans , ne pouvait guère porter que quatorze livres de moins que son poids accoutumé, après une forte averse. 11 semblait prendre plaisir à entendre ses pieds frapper contre un terrain dur , et il au-

168 DE l'action.

rait certainement couru mieux que tout autre sur une route bien macadamisée, tandis que Tarare, au contraire, triomphait de ses rivaux quand il pouvait déployer ses forces dans la crotte et la boue. Du reste , cette variété dans la rapidité des chevaux, causée par des circonstances d'une nature opposée, confirme mon assertion, que la qualité que l'on appelle sang {blood) , et par conséquent l'excellence des chevaux, est toujours machinale, et que la plus légère déviation dans les formes convenables des parties agissantes produit un effet si considérable , qu'elle peut, en certaines circonstances données, enlever aux animaux toute leur valeur comme chevaux de course.

Df l'€ntraîufmcnt î»u cl)fual tfc couvée.

Si cet opuscule était adressé à des lecteurs anglais , j'aurais peu de chose à dire sur ce sujet , et cela pour deux raisons. La première , c'est que je ne suis pas partisan de l'entraînement fait chez soi : car, à moins d'avoir un haras très-considérable , il ne fera guère remporter d'autre prix que quelque pièce d'argenterie de province.Quand on veut connaître un cheval assez à fond pour pouvoir parier sur lui une somme

170 DE l'entraînement

un peu forte, il faut nécessairement le faire entraîner dans quelque grand établissement public, tel que Newmarket, ou dans quelque autre endroit où se trouvent de grands haras. Je connais fort peu de personnes qui aient remporté le prix de la course avec des chevaux entraînés chez elles , tandis que, d'un autre côté, les frais de l'entraînement y sont beaucoup plus considérables, à tout prendre, que dans un grand établissement public. Mais pour ce qui regarde la France , et en général tous les pays où les courses sont un usage récent , le cas est fort différent. Bien des personnes y éprouvent le désir d'entraîner leurs chevaux chez elles , soit parce qu'elles habitent à une trop grande distance de tout établissement public, soit parce que cela les amuse , soit enfin parce qu'elles croient s'initier par là dans tous les prétendus mystères de l'art. En effet, j'ai visité, l'année dernière, les écuries d'un Français, demeurant près de Boulogne-sur-Mer, qui faisait, dans le moment, entraîner quatre chevaux sous ses yeux, et qui allait les faire galoper sous leurs couvertures. ,Ie vais donc essayer de donner avec détail les meilleurs conseils possibles aux personnes qui

désireraient faire courir leurs propres chevaux , ou qui voudraient connaître les principes généraux d'après lesquels agissent ceux qu'elles emploient pour cela. Il n'y a cependant que l'expérience seule qui puisse donner une connaissance parfaite de ce qu'il faut faire; et l'assistance d'une personne qui aura travaillé dans une grande écurie d'entraînement anglaise est indispensable pour offrir aux propriétaires de haras français une chance quelconque de succès, non -seulement aujourd'hui mais pendant quelque temps encore. Rome n'a point été bâtie en un jour; et il a fallu plus d'un siècle pour perfectionner en Angleterre l'art de produire et d'entraîner des chevaux ; il n'y a tout au plus que vingt ans que cet art y est parvenu à son dernier période.

Nous commencerons par un poulain de deux ans que l'on a l'intention de faire courir le printemps suivant ; car, comme il n'y a point en France de courses où l'on reçoive de poulains de deux ans, ce que j'ai dit plus haut, de la manière de traiter ceux-ci, est tout ce que ce sujet peut exiger.

Prenez soin surtout que votre poulain ne soit

172 DE l'entrai.nement

pas gras quand vous commencez à lentraîner, car, avant d'être réduit, il ne pourra rien faire; tandis qu'en le réduisant, vous courez risque de le ruiner, et, pour mieux dire, la chose estinévitabl*' si vous le faites d'une manière trop soudaine. D'ailleurs, un poulain qui est gras intérieurement, tombe en pièces et se fond dès qu'il commence à travailler. Faites-le donc travailler modérément pendant tout l'hiver précédent , en le pui'geant de temps en temps , selon que sa constitution l'exige, et en se réglant d'après le plus ou moins d'effet que les médecines feront pour réduire la chair superflue. Mais c'est ici qu'il faut savoir bien distinguer. La constitution et le caractère [temper) des poulains offrent tant de variétés, qu'ils exigent souvent des traitements bien différents les uns des autres. Si un poulain d'une constitution délicate fait autant de travail que celui qui est fort et robuste, il cessera de se nourrir comme il le doit, il perdra sa chair, et, pour parler le langage des entraîneurs , il deviendra rassis (stale) et fatigué sur ses jambes. En attendant, il y a une règle dont il ne faut point s'écarter lorsqu'on entraîne de jeunes chevaux : c'est de ne jamais les presser dans

leur travail; et c'est là un des grands avantages de la méthode moderne de traiter les chevaux de course, qui consiste à leur faire faire constamment un travail léger. Par ce moyen , on les prépare pour la course avec moitié moins de travail et de fatigue que d'après l'ancien système, qui les laissait dans l'oisiveté une partie de l'année. L'oisiveté est , on ne saurait plus pernicieuse pour les chevaux de course. Elle les rend d'abord vicieux; puis elle occasionne une accumulation de chair, dont il faut, après cela, se débarrasser aux dépens des jambes et des tendons, et un relâchement dans les muscles du corps et dans les tendons des jambes , qui les gène excessivement quand ils se remettent à travailler. A la vérité, tous les chevaux, surtout quand ils sont jeunes, veulent du repos, et ont besoin, comme disent les entraîneurs, qu'on rabaisse leur état (Jet clown their condition); mais cela peut se faire en les purgeant, en leur donnant pendant quelques jours de l'herbe fraîche et en les soulageant dans leur travail, c'est-à-dire en les faisant simplement promener pendant un temps donné, qui varie naturellement selon les circonstances. 11 y a encore un

174 DK l'entraînement, etc.

point qu'il ne faut pas perdre de vue en entraînant de jeunes chevaux, savoir : que quand ils sont bien préparés à courir , ils ne restent que peu de jours dans cet état de perfection sans être un peu rabaissés.

Mais, pour en revenir au poulain de deux ans pendant les mois d'hiver. 11 faut de temps en temps le nettoyer par une médecine, ce qui le délivrera de sa mauvaise chair, et rendra celle qu'il fera ensuite, ferme, bonne et de nature à le renforcer plutôt que de l'affaiblir. A cet effet, l'ayant préparé par du son trempé dans de l'eau bouillante , il suffira de lui donner trois gros (drachmes), ou quatre tout au plus, d'aloès des Barbades, qui lui feront avoir six ou huit selles. Si , à mesure qu'il avance dans son travail, et qu'il se met en état, on trouve que cette dose ne suffit pas, on peut y ajouter un quatrième gros d'aloès: mais je ne conseillerais pas d'en donner davantage. Quand il entrera dans un cours régulier d'entraînement, si sa nature est un peu grossière , une légère dose purgative , donnée une fois par mois, lui sera avantageuse, surtout s'il doit se trouver dans le cas de courir trois ou quatre fois dans un été.

iîtanièrf îif pr^partr îJfs poulains pour une course.

Des poulains de deux ans sont quelquefois amenés dans la carrière, sans avoir jamais eu ce que l'on appelle de suées régulières sous leurs couvertures, surtout s'ils sont d'une constitution légère et délicate. Ce n'est que quand on se dispose à les faire courir comme chevaux de trois ans, qu'ils sont assujettis à la sévère discipline des chevaux de course. Toutefois, quoique

Ton n'ait pas l'Intention de les faire courir avant qu'ils aient trois ans, ils peuvent être suffisamment préparés par un travail modéré et par des médecines, comme aussi en les faisant courir aussi vite qu'ils le peuvent l'espace d'au moins un demi-mille, pour les essayer. Si , après cela, on se trouve avoir une très-haute opinion de la forme et du sang d'un poulain de deux ans, on ne peut trop se hâter de chercher à découvrir ce qu'il est capable de faire; et l'on peut y parvenir d'une des manières suivantes.

Si on l'essaye au printemps avec un cheval de trois ans, il faudra que celui-ci lui fasse un avantage d'au moins trente-cinq livres d'Angleterre, sur un demi-mille ou trois quarts de mille. Quand l'été sera plus avancé, l'avantage ne devra plus être que de vingt-huit livres. Si on l'essaye avec un cheval de quatre ans , celui-ci devra porter de dix à quatorze livres de plus que celui de trois ans. Remarquez qu'en essayant en particulier un poulain de deux ans , on ne doit pas lui faire parcourir un espace plus considérable , ou du moins qui le soit beaucoup plus <jue celui qu'il devra parcourir en public.

Si l'on possède un poulain de deux ans, delà

DES POULAINS POUR UNE COURSE. 177 forme, du sang et cle l'action duquel on ait une fort haute opinion , on peut l'essayer, sur un demi-mille, à poids égaux, par exemple, cent douze livres chacun, avec un bon cheval de trois ans qui aura bien couru en public. Si le poulain n'est vaincu que de la tête, ou même de la longueur du corps , on pourra se vanter d'avoir pris un bon billet à la loterie. Un très-bon poulain de deux ans vaut toujours un mauvais cheval de trois ans.

On croira peut-être que j'ai permis dans leurs épreuves de trop grands poids, pour les poulains de deux ans; mais le fait suivant, qui a eu lieu à Warwick, il y a quelques années, fera connaître l'effet des années pour les chevaux de course, en ce qui regarde les poids qu'ils peuvent porter.

En 1823 le hongre gris de lord Litchtleld, Gab, fils de Sa>ap, âgé de cinq ans, portant cent trente-trois livres , battit le poulain brun de sir John Gerrard , Billinge , par Belzoni , âgé de deux ans, et portant quatre-vingt-onze livres, sur la carrière des poulains de deux ans, qui était d'environ un demi -mille; le pari était de 300 souverains. i>e lendemain , Billinge ga-

gna des poules de 25 souverains chaque, pour des poulains de deux ans, portant cent dixsept livres chacun , et des pouliches portant cent quinze livres; il battit, dans cette occasion, Donald j fils de Caïn, la pouliche baie de lord Warwick, fille de Fillio da Puta , Noodle, de M. Peel, Mad-Tom, de M. Robinson, et plusieurs autres. Dans la première course, le vieux cheval eut le dessus sur le jeune, parce qu'il était en état d'aller d'un bout de la carrière à l'autre de son train le plus rapide. Du reste, l'année suivante , Billinge prouva qu'il était un bon cheval, en combattant Birdlime, Red Rover, etc. Quand on essaye des chevaux de course , il est nécessaire de les faire monter par de bons jockeys, qui soient en état de leur faire faire les plus grands efforts, ce que l'on appelle à Newmarket draw thern eut. En Angleterre, on fait souvent des paris, et même pour des sommes considérables , dans le seul but de connaître la mesure ou la longueur d'un clieval, c'est-àdire de s'assurer de sa rapidité et de sa constance, afin de mettre son maître en état de parier une somme plus considérable encore dans une autre occasion. Aussi Mazeppa^ portant cent

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