‹ Néoplasie et déviations pathologiques des endocrinesChapitre 10 sur 14 · PTS · texte numérisé non relu

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dans leur intimité et dans leurs produits de sécrétion.

Un fait indéniable se dégage nettement de l'exposé que nous venons de faire, c’est que nombre de glandes à sécrétions internes, d’une importance physiologique incontestable, peuvent devenir impropres à remplir, comme il convient, leur rôle régulateur, stimulateur dans les échanges intimes de l’organisme, que ce soit par déficience ou par viciation de leurs produits, qu’elle soient lésées directement dans leurs structures ou indirectement par des troubles du système nerveux qui les commandent. |

Dès lors, on comprend qu’un pareil déséquilibre, devenu définitif, puisse influencer dans le mauvais sens aussi bien les échanges organiques et hématopoïétiques que le développement et la multiplication harmonieuse des cellules.

Formation néoplasique

Nous croyons avoir suffisamment prouvé dans nos chapitres précédents l’existence chez le cancéreux d’un état spécial diathésique dont l’origine doit être rattachée à des altérations et à des lésions bien typiques. Mais si nous nous sommes assez longuement étendus sur les changements survenus dans la structure histologique des glandes à sécrétions internes ainsi que sur le retentissement des sécrétions déviées qui en résulte dans l’organisme, nous n’avons encore rien dit des causes de ces altérations glandulaires.

Parmi elles, l’âge, résultante fatale de la fatigue de la machine humaine, joue un rôle connu depuis longtemps. À partir de 45 ans, les. éléments nobles glandulaires, nerveux, et même musculaires, commencent à s’atrophier et à subir l’envahissement progressif du tissu conjonctif toujours aussi proliférant. Or, la sclérose qui touche les glandes peut causer des troubles fonctionnels.

L’hérédité, surtout maternelle nous paraît incontestable dans 17 pour cent des cas. Cette prédisposition due vraisemblablement à une mauvaise conformation

PEN. os

des glandes à sécrétion interne serait transmissible aux descendants. :

La syphilis, acquise ou héréditaire, influence défavorablement la structure et la fonction glandulaire; de plus, elle assombrit fortement le pronostic du néoplasique.

Toutes les infections, surtout la fièvre thyphoïde par son action inflammatoire, le surmenage, les émotions. les chocs nerveux par la dépression physique qui en résulte ont une répercussion marquée sur lactivité endocrinienne.

Un régime trop carné, par autointoxication, l’ingestion de sucre en trop grande quantité, surtout s’il est insuffisamment assimilé, s'ajoutent aux causes précédentes.

L'influence des saisons semble nette, la chaleur activant et le froid ralentissant les sécrétions.

. Un facteur très important reste à envisager : la déminéralisation sérosanguine. Dans certains pays (la Sologne par exemple), parmi les habitants desquels on trouve une proportion plus grande de cancéreux qu'ailleurs, l’eau est peu minéralisée d’une part, et les produits du sol,. légumes, céréales, fruits, etc., sont, d’autre part, également déficitaires en sels minéraux. En tenant compte de la synergie fonctionnelle existant entre le sang et les sécrétions glandulaires, on doit admettre qu’à une déminéralisation sanguine correspond une insuffisance sécrétoire. Inversement d’une hyperminéralisation découle une hypersécrétion. Nous pensons qu’il faut incriminer beaucoup plus l’eau utilisée dans « les maisons à cancer » que la maison elle-

même, toute idée de contagion devant être écartée par l'observation attentive des faits.

Toutefois, la déminéralisation de la vie quotidienne n’est dangereuse que par l’action qu’elle peut exercer sur les glandes. C’est ainsi qu’un chien déminéralisé expérimentalement et présentant tous les troubles inhérents à cet appauvrissement en sels minéraux ne peut revenir à l’état normal s’il est thyroïidectomisé, sauf le cas où intervient la transfusion à cet animal du sang d’un animal normal. Inversement, un animal en possession de son corps thyroïde peut se reminéraliser (Baronaki).

Nous avons vu que si les hormones excitent le système nerveux en général et principalement le système sympathique, la réciproque est vraie, car les sécrétions hormonales se ralentissent du fait de lésions nerveuses.

Expérimentalement, si on trempe dans une solution hormonale forte le membre d’un animal après avoir dénudé l’origine du nerf dont dépend ce membre, on | note une augmentation des contractions.

Cliniquement, la déficience hormonale est décelée par différents troubles pathologiques, en particulier, par des névralgies siégeants dans la zone du sciatique, névralgies d’intensités variables pouvant aller jusqu’à se compliquer de névrites périphériques, de myélites périphériques, lombaires, suivies parfois de paraplégies rebelles à tous traitements.

Nous avons pu vérifier dans plusieurs cas que ces paraplégies ne sont pas consécutives à des métastases contrairement à l’opinion généralement admise. -

Les hormones ont ,en outre, la propriété de déterminer la fonte de la cellule cancéreuse, propriété qui existe d’ailleurs dans le sérum normal et d’autant plus nettement que le sérum est plus riche en hormone.

En effet, si on emploie le liquide obtenu par macération de fragments de corps thyroïde dans du sérum physiologique et qu’on ajoute quelques gouttes de ce liquide à du sérum normal contenant des cellules cancéreuses, on observe une fonte beaucoup plus rapide de ces cellules dans le mélange employé que dans le sérum normal (Baronaki).

Les travaux de Freud, Caminer et Nather confirment cette expérience, ils précisent que cette propriété diminue avec l’âge, ce qui explique le nombre croissant de cancers à mesure que la vieillesse s’avance.

Les hormones exercent, en outre une influence sur les Iymphocites. Murphy a prouvé que les rats et souris réfractaires aux greffes cancéreuses présentent des réactions lymphocitaires caractéristiques. Par l’augmentation du nombre des lymphocites ou leur diminution, Murphy immunise ou sensibilise les animaux en question vis-à-vis de la greffe. Or, la lymphocitose étant étroitement liée aux fonctions du thymus et de la thyroïde, nous savons maintenant pourquoi le cancéreux présente toujours du déficit lymphocitaire.

Dans quelles proportions et comment les hormones dont les propriétés nous sont maintenant connues participent-elles à la constitution du cancer ? Par leurs actions excitatrices et modératrices simultanées, les hormones limitent la prolifération cellulaire; grâce à cette régulation, la cellule garde ses propriétés nor-

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