‹ Néoplasie et déviations pathologiques des endocrinesChapitre 12 sur 14 · NAT · texte numérisé non relu

NAT

Suivant le principe qu’une cause autre veut un effet autre, aux lésions des glandes endocrines répondent des modifications du sang.

La densité du milieu intérieur du néoplasique baisse de 1.057 à 1.025, chute observée parfois chez les cirrhotiques cachectiques; mais, dans ce cas, la valeur globulaire reste à peu près normale, tandis que chez le cancéreux elle fléchit sensiblement.

Il faut normalement 15 à 20 minutes après son issue hors d’un vaisseau pour que le sang normal se coagule en masse dans une éprouvette ; chez le cancéreux, le temps de coagubilité est diminué.

La résistance des hématies vis-à-vis des solutions de chlorure de sodium est plus faible chez le cancéreux que chez l’homme sain comme Malassez et Maragliano l’ont constaté.

L’abaissement de la tension superficielle du sérum a été étudié avec le stalagmomètre de Traube par Ascoli et Izar. Deux tubes, l’un contenant 9 ec. de sérum à examiner dilué à 1/20, et 1 cc. d'extrait alcooloéthéré de carcinome, l’autre 9 cc. du même sérum dilué dans la même proportion et 1 cc. d’eau distillée furent portés à l’étuve à 52 degrés pendant une heure, puis ils comptèrent le nombre de gouttes contenues dans ua égal volume du premier et du second mélange. La réaction fut positive 58 fois sur 62, le second mélange ayant donné quelques gouttes de moins que le premier..

Normalement, le taux des matériaux solides est de 90 grammes, chez le néoplasique il peut tomber jusqu’à 75 grammes, abaissement résultant vraisembla-

blement d’un ralentissement des échanges organiques. Malgré certaines floculations, les albumines coagulables du sérum s’abaissent (Baronaki).

D’après L. Hugounenq, mille parties du sérum contiennent 45,2 de séro-albumine et autres protéiques et 31 de séro-globuline. Le sérum du cancéreux présente une augmentation du taux de séro-globuline et, d’après Fischer, la globuline jouerait un rôle protecteur vis-à-vis de l’albumine qu’elle entourerait comme une cuque entoure un noyau. On sait que la gélatine à 2 pour 1.000 en solution physiologique rend l’albumine moins coagulable. Donc, un sérum normal traité par la gélatine puis coagulé par l’alcool précipitera moins qu’un autre sérum témoin dilué et traité seulement par l’alcool. Or, dans un sérum anormal où cette protection manque, l’albumine sensibilisée par la gélatine se coagulera davantage : le précipité par l’alcool étant plus abondant, la réaction sera positive. Fischer a obtenu 22 réactions positives chez 22 sujets atteints de cancer. |

La méthode de Bothélo nécessite 3 solutions :

1° Citrique :

ACDC CIÉFIQUE 0/2 nee aie me à DEL, :

Aldhéyde formique ........... 1 gr.

PR IR Re nord hsie 100 sr.

2° Iodo-iodurée :

Iode ......... RE M Er L:gr.

lodnre de Ke eee D: 0T

AR CR L'RRRE ES meute ete 210 gr.

à conserver en flacons pleins et bien bouchés.

3° Chlorurée sodique à 7,5 pour 1.000 :

La méthode opératoire est la suivante :

Dans un tube à hémolyse on place 2 cc. de la solution n° 1, puis 0 cc. 5 du sérum à examiner dilué de moitié avec la solution n° 3, puis on ajoute au mélange 0 cc. 7 de solution n° 2. Il se forme un précipité qui peut se dissoudre après agitation; dans ce cas, on ajoute encore 0 cc. 2 de solution n° 3. Si le précipité se dissout encore, la réaction est négative; elle est positive si le précipité persiste.

Blouquer de Claret substitue une solution d’acide oxalique à 5/100 à la solution citrique, prévenant ainsi le trouble qui se produit parfois avec un sérum normal et conclut que la réaction de Bothélo quoique non spécifique est d’un grand intérêt car, sur 22 cas, elle fut positive 17 fois.

La méthode Thomas et Benetti ne nécessite qu’un extrait de tissus cancéreux, une solution coloranté et une série de tubes à hémolyse. L’extrait de tumeur est préparé par macération dans une solution hydrosulfurique à 1,6 p. 100 dans un mélange alcool-éther. Après évaporation, les deux solutions sont reprises par l’eau distillée, neutralisées à la baryte. On filtre, on tyndalise et on conserve en ampoules scellées.

Le colorant consiste en une solution à 1/300 de bleu de méthylène additionnée de 1 cc. de glycérine.

Dans quatre tubes à hémolyse bien calibrés, numérotés 1 à 4, on verse :

Une dose croissante V, X, XV, XX gouttes de sérum:

Une dose décroissante XV, X, V, O gouttes d’eau distillée ;

Une goutte par tube de solution colorante.

La coloration du mélange reste la même après deux heures, il n’y a pas de phénomènes de réduction.

En remplaçant le sérum par l’extrait, résultat iden- tique : pas de réduction.

On mélange une dose croissante de sérum, plus une dose décroissante d’extrait, plus une goutte de solution colorante, la réduction vérifiée par la décoloration de l'ensemble débute par le culot du tube et monte graduellement. Une mince collerette bleue persiste toujours à la surface du liquide due probablement à l’action oxydante de l'air.

La variété de ces séro-diagnostics d’une valeur incontestable décèle de sérieuses modifications sériques chez les cancéreux.

L'analyse chimique du sang total prélevé chez des cancéreux est délicate à pratiquer mais elle donne des résultats particulièrement intéressants au point de vue de la minéralisation. Voici ramenés à une moyenne par 200 gr. de sang total les chiffres que nous avons obtenus, chiffres qui sont sensiblement identiques aux constatations faites par Baronaki.

Moyenne par 200 gr. de sang total :

Sang normal Sang de néoplasique

Chlorure de sodium ........... 0,84 0,79 Carbonate de soude ........... 0,068 0,062 Sulfate desoudé,::5 5.0, Lu, 0,072 0,070

Phosphate de soude ,.,..,.,... 0,072 0,060

AS

Sang normal Sang de néoplasique

Chlorure de potassium ........ 0,076 0,070 Sulfate de potassium ......... 0,064 0,062 Phosphate de potasse .......... 0,072 0,060 “Magrésies #5" TT 0064-57 0,060 Phosphate de magnésie ....... 0,068 0,063 CR ARE RL CE RENE Nr RE 0,064 0,056 Phosphate deé:chaux 1... 0,068 0,053 PérMotaless Sen enr 0,048 0,036 PHOSBROPET NE ME RS A: traces moindres tr.

Du côté des éléments figurés nous notons de nombreuses modifications, elles aussi très caractéristiques. Nous rappellons brièvement que, normalement, le tiers ou même la moitié de la masse de sang sont constitués par les hématies au nombre d’environ 5 millions par millimètre cube, riches en potasse et constituées pour les 9/10° d’oxyhémoglobine. Les leucocytes sont au nombre de six à sept mille par millimètre cubes, les lymphocytes mono et polynucléaires renfermant tous un grand nombre de ferments.

Chez les cancéreux, les hématies ont une coloration un peu spéciale tirant plus sur le vert que normalement. Le taux d’oxyhémoglobine normalement entre 10 et 12 est fort abaissé. On note de nombreux globules polychromatophiles. Les dimensions des érythocytes sont au-dessus de la normale, étant donné la grande quantité d’hématoblastes et de microcytes qui sont abondants et hypertrophiés. Les hématies sont tombées de 5 à 2 millions dans les cas graves. Le rapport hématoblastes à hématies normalement 1 à 20

arrive de 3 à 5 pour 20. La morphologie des hématies est variable, le contour est devenu irrégulier, le disque biconcave, piriforme, ovalaire, fusiforme, souvent elles sont empilées comme pour présenter une moindre surface à l’imbibition toxique du plasma déformateur.

La structure des hématies est en dégénérescence granulo-graisseuse. Les globules blancs, rarement sphériques sont blanc-gris hypertrophiés, et passent de 7.000 à 30.000 parfois au millimètre cube. Parmi les leucocytes, il y a diminution du nombre des lymphocytes, augmentation des mononucléaires et des éosinophiles. Beaucoup sont en dégénérescence granuleuse, les hoyaux manquent et les cadavres de ces leucocytes charriés par la circulation vont engorger les ganglions lymphatiques.

Si beaucoup d’auteurs admettent que les altérations des éléments figurés sont dues aux sécrétions cancéreuses, il en est autrement pour nous, car nous avons observé plusieurs fois une diminution nette des hématies, environ 3 millions et une forte leucocytose, 10.000 au millimètre cube, et ceci une fois chez un sujet atteint d’une récente et minime néoformation non ulcérée de la langue, qui s’alimentait normalement. Nous pensons donc pouvoir conclure que les viciations séro-sanguines découlent bien du complexus cancéreux. La dyscrasie augmentant, les troubles séro-sanguins s’accusent de plus en plus jusqu’au stade cachectique final.

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Des méthodes préconisées pour le traitement du cancer

Si nous songeons à la lutte difficile que le médecin doit engager contre ce fléau effroyable qu’est le cancer, puisque en France seulement 40.000 personnes succombent chaque année à ses ravages, nous ne pouvons pas, en toute impartialité, ne pas reconnaître que nous sommes, hélas, trop souvent désarmés en face de ce terrible ennemi.

Longtemps, on espéra dans l'efficacité d’une ablation chirurgicale précoce totale et largement étendue. Maïs si remarquablement manié qu’il puisse l’étre, le bistouri ne met pas le malade à l’abri de fréyuentes récidives.

Aux procédés chirurgicaux insuffisants, on a voulu associer les méthodes radio et radium-thérapiques. Là encore, il a bien fallu se rendre compte que les résultats de la combinaison de ces procédés curatifs n’ont trop fréquemment qu’une durée éphémère. Dans certains cas même, l’on pourrait se poser la question de savoir si ces agents physiques n’ont pas eu pour conséquence imprévue d’accélérer la marche du cancer, et l’intervention chirurgicale, celle d’essaimer la néo-

plasie dans des points de l’organisme jusque-là indemnes de métastases ? Reste alors la seule morphine, ultime agent médicamenteux utilisable.

Donc ces moyens thérapeutiques pour très employés qu’ils soient, présentent des lacunes immenses et ne peuvent subsister que comme moyens d’attentc destinés à céder la place dès qu’un traitement causal et, dès lors efficace, se sera imposé à tous les thérapeutes par ses résultats décisifs.

Un traitement existe, préconisé par M. le Docteur Baronaki, qui en a obtenu des résultats intéressants.

Malheureusement, cette méthode, quoique très rationnelle, est encore peu connue. En outre, beaucoup de médecins hésitent à en faire l’application. Personnellement, nous en avons observé les résultats chez des malades que nous avons suivis, avant et après la cure, et, chez lesquels, le diagnostic clinique, non douteux, fut chaque fois confirmé par la biopsie. De plus, nous n’avons retenu que des sujets non suspects de syphilis ou de tuberculose : ce que nous avons vérifié par la clinique et par les examens de laboratoire.

L’exposé complet de ce traitement, sortant du cadre que nous avons assigné à ce travail, nous nous borne- | rons à en esquisser les grandes lignes.

Il fut fait usage d’une solution basée sur les agents . de compensation suivants : sels de calcium, de magnésium, de phosphore, de potassium et de sodium, associés aux extraits thyroïdien et surrénal. Cette préparation parfaitement tolérée supplée artificiellement aux substances chimiques en déficience dans le milieu sanguin. Elle possède, en outré, une action exaltatrice

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sur les sécrétions glandulaires en vertu des corrélations signalées dans les chapitres précédents. Cette solution s'emploie en injection intra-musculaire de 3 cc. pratiquée dans la région fessière, et répétée tous les 3 ou 4 jours, selon la gravité.

Le traitement est complété « per os » par des ca- . chets à base de ferments diastasiques et trypsiques, d’hémoglobine et de lécithine, ainsi que de sels solubles de chaux et de soude.

Cachets et injections sont prescrits simultanément pendant un mois. Le malade est mis au repos 8 jours et le traitement continué de cette façon jusqu’à résultat satisfaisant. Si la localisation néoplasique est accessible, un lavage biquotidien à l’éther ou à l’eau bouillie est uniquement prescrit.

Le malade doit se soumettre à une alimentation riche en lait, légumes, pâtes et fruits. Peu de viande et de mets sucrés. |

Au bout d’un temps variable, selon l’état du malade et la gravité du cas, on constate la résorption du tissu néoplasique. D’autres fois, on observe une réaction défensive de l’organisme manifestée par la formation d’un bourrelet fibreux, avec prolifération cellulaire qui circonscrit la néoformation, la nécrose et l’élimine. Il y a malheureusement des cas où l’organisme est tellement affaibli que toute réaction et toute tentative de réparation deviennent irréalisables.

Même dans ces cas, le traitement arrive à calmer considérablement la douleur, à améliorer la nutrition du malade et à lui donner en même temps qu’une survie inespérée, souvent l'illusion de la guérison. Loin

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de nous l’idée de repousser le concours de la chirurgie de la radiothérapie et celui du radium qui restent indiqués dans les cancers ouverts et ulcérés avec prolifération cellulaire intense, ainsi que pour achever la cicatrisation d’ulcération persistant encore après la disparition de tout processus cancéreux visible à la biopsie. Mais, à notre avis, les agents physiques ne sont à employer que postérieurement au traitement ci-dessus indiqué car chaque fois qu’il en est autrement, l’action de ce traitement est à peu près nulle. I faut voir la raison de ceci dans l’amoindrissement de

la vitalité de la cellule réparatrice.

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