ESS
PET pee
Pour toutes ces raisons, nous croyons qu'à l’avenir, on aura plus souvent recours à la néphrectomie dans la pyélonéphrite unilatérale; et les observations que nous analysons dans les pages suivantes nous paraissent justifier cette opinion.
Dans les observations que nous avons réunies (observation XXV, 1e, série) la néphrectomie fut pratiquée d'emblée pour pyélonéphrite par Twynam : la malade guérit en dix-sept jours, la grossesse continuait à évoluer normalement et c’est dans la crainte bien hypothétique d’accidents urémiques que, le chirurgien crut devoir l’interrompre. Dans les observations de Cumston (observ. VI, 1° série), Jarman (observ. X, 1r° série), Lohmer (observ. XVI, 1'e série), et Helferich (observ. VIII, 1° série), la néphrectomie fut consécutive à une néphrostomie, les malades guérirent et la grossesse évolua normalement jusqu’à terme. Le résultat fut dont excellent pour la mère et pour l’enfant.
Le cas de Tuffier (observ. XXIV, 1" série) est différent, :1l s’agit d’abcès multiples du rein survenus chez une femme enceinte de trois mois, ayant présenté une cystite dès le début de la grossesse et ayant commencé à souffrir du rein quelques jours après une chute sur le flanc droit. La malade mourut vingt jours après l’opération, six jours après un avortement compliqué de phlébite.
En résumé la néphrectomie fut bien supportée parles opérées; il est vrai qu’elle fut souvent consécutive à une néphrostomie. Mais elle fut faite non pas parce que l’on s'était assuré des qualités du rein restant, mais parce que les accidents généraux n'avaient pas cédé. à la simple ouverture du rein.
Maugeais a fait, pour les pyonéphroses, les mêmes recherches que pour les autres affections rénales.
L’expérimentation sur les chiens lui a montré que le rein sain dans ces cas, a peu ou pas de tendance à l’'hypertrophie. Au point de vue histologique, on trouve une augmentation de volume‘avec tuméfaction des glomérules et de l’infiltration leucocytaire entre les tubes, qui eux-mêmes sont les uns indemnes, les autres atteints.
L’infection du rein altère le parenchyme de la glande congénère et trouble sa sécrétion au point de déterminer la mort de l'animal.
Les analyses de l’urine du rein sain, chez l’homme, dans les cas d'infection rénale, unilatérale, lui permettent d'ajouter que
— De
celui-ci a tendance à faire de la polyurie ; parfois la réaction à la polyurie est faible, et l'élimination de glucose basse.
Or nous avons relevé sept cas de grossesses chez des femmes néphrectomisées antérieurement pour pyonéphrose.
Chez trois d’entre elles, bien que ne fût signalé aucun trouble fonctionnel, on a constaié de l’albumine pendant la grossesse et l'accouchement. Ces lésions évidentes sont légères, et rétrocèdent vraisemblablement, puisque dans quatre cas, elles manquaient complètement, plusieurs années après l'intervention.
Sinous n’avons point séparé dans cette étude les pyélonéphrites d’origine gravidique, des pyonéphroses dues à toute autre cause, c’est que dans les pyélonéphrites gravidiques graves — justiciables d’une néphrectomie — nous avons, comme dans les pyonéphroses, au point de vue anatomique,même destruction, presque complète du parenchyme, et qu’à ce stade avancé, la pyélonéphrite gravidique ne diffère vraiment pas d’une pyonéphrose banale.
HYDRONÉPHROSES
C’est au traitement conservateur que l’on a le plus souvent re-
cours à l’heure actuelle dans les cas d’hydronéphrose. La néphrec- tomie n’est justifiée que par l’impossibilité matérielle et bien reconnue de lever l’obstacle, cause de l’affection. L’infection possible, spontanée ou secondaire, peut être légère, se drainer par un urelère suffisant, et guérir. Lorsque l’on échoue dans les moyens tentés pour rétablir la perméabilité, et qu'apparaissent des phénomènes toxi-infectieux graves, la néphrectomie est alors indiquée.
Dans trois cas, cette intervention fut faite pendant la grossesse. Bickle, (observ. I, 1° série), enleva le rein, par crainte d’une fistule persistante, et Martin (observ. XVIL, 1re série) parce que la tumeur très volumineuse gênait le développement de l’utérus. Guérison et accouchement normaux. On croyait à un kyste de l’ovaire dans le cas de Lenger(observ. XV, 1e série) et à l’opération on trouva une hydronéphrose qui fut enlevée. La malade mourut trois Jours après, dans une attaque d’éclampsie, après avoir expulsé un fœtus mort et macéré.
Trois autres malades (cas de Baldwin, observ. I, 2 série ; Schramm, observ. XXVIIT, 2° série ; Tridondani, observ. XXXI, 2: série) à qui la néphrectomie fut faite pour hydronéphrose, eurent des grossesses et des accouchements normaux, la dernière en particulier eut trois grossesses.
L'analyse de l'urine n’est point signalée dans la première série d'observations. Dans le second groupe de cas, l’albumine ne fut pas trouvée dans l’urine des parturientes. Ces résultats ne sont pas pour nous surprendre. On sait, en effet, que le rein sain dans le cas d'hydronéphrose est à peine touché. Les rétentions rénales asepliques (Maugeais) chez les animaux en expériences ne provoquent pas sur le rein sain de troubles fonctionnels durables, elles ne causent aucune altération anatomique ni histologique, elles sont bien tolérées par l’organisme. Les cas observés cliniquement par l’auteur,et ceux qu’il emprunteà Albarran, l'amènent à formuler des conclusions que ses examens antérieurs permettaient de supposer : La fonction urinaire continue d’être assurée, en grande partie ou totalement par le rein sain.
an LA PER, à FR