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DE L’HYPERTROPHIE COMPENSATRICE

Les modifications qui se produisent, après néphrectomie, dans le rein laissé en place, n’ont pas été étudiées dans la grossesse. Mais rien ne permet de supposer que, dans cet état physiologique, les choses se passent autrement qu’en dehors de cet état.

Tuffier, l’un des premiers, a montré que les chiens à qui il fit des résections partielles successives peuvent vivre avec des moignons de rein de 8 à 10 grammes. Paoli, reprenant ses expériences, a pu enlever un rein et réséquer jusqu'aux deux tiers son congénère sans amener la mort. Cet auteur a calculé la quantité de parenchyme nécessaire à la vie et a trouvé qu'il fallait de 1/12 à 1/20 de substance rénale par kilogramme. Il a également étu-

dié les modifications qui se produisent après une néphrectomie. D'une façon générale la fonction urinaire remontait à son taux normal dès le deuxième jour ; d’autre part le rein restant aug-

mentait de poids jusque vers le vingtième ou le vingt-cinquième :

jour, augmentation qui pouvait aller jusqu’à 60 °/, du rein primitif. 45

Due à une néoformation glomérulaire par Tuffier,cette hypertrophie est plutôt considérée par la plupart des auteurs, Barth, Israël, Albarran en particulier, comme une simple augmentation de volume des éléments glomérulaires et tubulaires.

Maugeais a repris récemment cette étude. Il a d’abord noté la marche de l’hypertrophie. Celle-ci paraît atteindre son maximum

après un mois environ. En général l’hypertrophie n’arrive pas à:

fournir à l’économie une quantité de rein égale à celle qui existe

normalement. La perte de tissu rénal est d’environ 1/4 chez le

lapin. Au point de vue physiologique, le rein qui reste — siège d’une hypertrophie compensatrice, — est capable pour une même quantité de parenchyme rénal, d'éliminer davantage qu’une quantité égale de rein sain.

Mais d’un autre côté, en prenant des lapins de même poids,

Robe

pour tuer celui qui possède deux reins, il faut 80 centimètres cubes d’urine d’urémique tandis que pour un lapin néphrectomisé, il n’en faut que 72 ou 75 grammes.

Malgré la valeur de cet argument, on est tenté d’admettre que, l’hypertrophie terminée (la quantité de tissu rénal n’étant inférieure — en poids — que d’un quart, à celle qui existe normalement)la

dépuration urinaire sera aussi complète qu’à l’état normal puis-,

que le parenchyme rénal en hypertrophie a un pouvoir sécréteur

et éliminateur plus grand que le parenchyme rénal normal. Sans doute le pronostic reste un peu sombre pour l'individu,

auquel on a enlevé un rein, moins, nous semble-t-il, à cause d’une

débilité fonctionnelle définitive mais légère, que par crainte de

l’apparition d’une lésion grave frappant le rein resté seul.

Cette hypertrophie rénale s’est montrée suffisante dans les observations que nous avons étudiées, puisque trente-quatre femmes antérieurement néphrectomisées, ont fait grossesse et accouchement sans qu’aucun trouble survînt qui pût être mis sur le compte d’une défaillance rénale.

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