‹ Néphrites hydropigènes: Sans insuffisance uréo-sécrétoireChapitre 11 sur 31 · AE QE · texte numérisé non relu

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simple nolion de chlorurémie, c’est-à-dire du taux du chlorure de sodium sanguin, ne présente pas une signification analogue. Magnus avait constaté que, dans certaines condilions, le chlorure de sodium de l'urine disparaissait; cette disparition du sel dans les urines coïncidait avec une certaine diminution du NaCl dans le sang. Il appela seuil ce taux du chlorure sanguin audessous duquel cessait l’excrétion chlorurée (Claude Bernard avait déjà découvert ce phénomène relativement à la glycosurie diabétique, en montrant que la glycosurie existait seulement lorsque le taux du glucose sanguin dépassait une certaine concentration). En se basant sur la notion du seuil, Ambard et Weill divisent en deux catégories les substances excrétées par le rein : « 4° Les substances excrémentitielles, telles que lurée, l'acide urique, l'ammoniaque, éventuellement le bleu de méthylène, l'indigo carmin, qui n'ont pas de seuil; et 2° les substances utiles à la vie cellulaire et dont le rein n’élimine que des excès, tels que l’eau, le chlorure de sodium, et éventuellement le glucose, qui ont un seuil. »

Le mécanisme d'élimination des chlorures est donc régi par autre chose que la chlorurémie; Ambard et Weill ont montré que la « sécrétion varie non pas proportionnellement à la quantité de chlorure contenue dans le sang, mais proportionnellement à l'excès de cette substance au-dessus du seuil. Gette constatation et bien d’autres raisons (et en particulier celles que fournit la mobilité osmotique de NaCÏ) permettent de comprendre l'insuffisance de données précises retirées de l'étude du chlorure sanguin. Nous avons dosé le chlorure de sodium du sérum chez 2% néphritiques, selon la technique préconisée par Ambard et Weill (combinaison du procédé du Professeur Denigès en ce qui concerne la défécation du sérum, et de la méthode de Charpentier-Volhard pour le dosage du chlore). Si nous exceptons les deux chiffres extrêmes de 8 gr. 42 et 3 gr. 94, les taux du chlorure étaient compris entre 6 gr. 58 et 5 gr. 11. Les chlorurémies n'élaient nullement en rapport avec le degré de la rétention chlorurée. La chlorurémie de 8 gr. 42 correspondait à un brightique faiblement œdémateux et dont la

rie rétention était en voie de disparilion. Chez le malade de l'Obser- valion Il, nous avons trouvé un taux de chlorure sanguin de 3 gr. 94; au moment où nous avons effectué le dosage, les œdèmes, qui avaient été considérables, diminuaient. Une chlorurémie faible (4 gr. 58) coïncidait avec de l’anasarque (Obs. VD). M. Achard a signalé deux cas d'hypochlorémie malgré. une forte rélention chlorurée; le taux du chlorure sanguin était de 4 gr. 30 et de 4 gr. 56. Nous n'avons pas observé de variations parallèles de la chlorurémie et de la rétention des chlorures, et si dans deux cas (Obs. I et VII) le taux du chlorure sanguin augmentait avec la rétention et diminuait avec elle, la chlorurémie suivait dans d’autres cas une marche inverse.

Ainsi le dosage du chlorure sanguin ne fournit pas d’indications permettant de l'appliquer à l'étude de la rétention chlorurée des néphriliques. Alors qu'une hyperazotémie traduit une grosse rétention d'urée, l’hyperchlorurémie n'indique pas toujours une forte rétention de chlorures, et celle-ci peut coexister avec une hypochlorémie manifeste. Certaines de ces discordances se comprennent si l’on fait intervenir la notion d'hydrémie, précédemment envisagée à propos de l’azotémie des hydropigènes. L'œdème néphritique s'accompagne le plus souvent d'hydrémie; cette rétention hydrique (qui peut être en partie indépendante de la rétention chlorurée), selon son importance, peut abaisser ou élever le taux des chlorures du sang si les variations de l'accumulation saline ne sont pas de même grandeur que les variations de l’hydrémie. Ce mécanisme peut ètre invoqué dans le cas suivant : La chlorurémie d’un de nos malades passait de 5 gr. 92 à 5 gr. 24 malgré l'augmentation de la rétention chlorurée et de l'œdème. Mais cette baisse de la chlorurémie s’accompagnait d'une hydrémie croissante (la . viscosité

sanguine passait de 4,5 à 3,8). Cependant l'hypochlorémie cons- ' fatée chez le sujet de l’Observation IT ne peut être rattachée à une dilution sanguine exagérée ; la viscosité élevée (6) n’est pas

“en faveur de l'hydrémie ; il s’agit bien d’une véritable hypochlorémie avec rétention chlorurée.

‘En somme, les notions fournies par la chlorurémie ne peu-

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