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vent nous renseigner utilement sur l'état de la sécrétion des chlorures ; le mécanisme spécial de l'élimination des chlorures nous permeltait, « priori, une semblable conclusion.
Le seuil de sécrétion chlorurée. — Ambard et Weill se sont basés sur la notion du seuil pour appliquer à l'étude de l’excrétion des chlorures la méthode qui avait abouti à la découverte des lois de l’urée. Remplaçant le facteur azotémie par le facteur excès des chlorures sur le seuil, ils ont obtenu des lois relatives à la sécrétion des chlorures, permettant le calcul d'une constante chloruro-sécrétoire et le repérage du seuil (1);=en dosant le débit chloruré dans les urines et le chlorure de sodium du sérum sanguin. Ces auteurs ont montré, d'autre part, le parallélisme des variations des constantes uréo-sécréloires et chlorurosécrétoires, d’où la nécessité de tenir compte de la constante uréo-sécrétoire dans le calcul du seuil. On peut donc repérer un seuil quelconque en connaissant : 1° La constante uréo-sécrétoire; 2° le débit chloruré rapporté à la concentration étalon de 1% pour 1.000; 3° le taux du chlorure du sérum. Avec ces données on calcule l’excès sur le seuil, et l’on obtient le seuil en défalquant l'excès sur le seuil, de la chlorurémie.
Les premières recherches d'Ambard et Weill leur donnèrent chez des sujels normaux un seuil fixe de 5 gr. 62 par litre de sérum. Ce seuil fut considéré comme le seuil normal, c'est-àdire /a concentration du chlorure sanguin (teneur du sérum en chlorure de sodium par litre). au-dessus de laquelle commence et au-dessous de laquelle cesse l'excrétion chlorurée.
Appliquant la recherche du seuil à l'étude de la sécrétion
chlorurée des brightiques œdémateux, MM. Widal, Ambard et
Weill constatèrent les faits suivants : Dans les périodes d’oligochlorurie le seuil se relevait ; il s'abaissait au cours des phases de polychlorurie ; le seuil restait invariable lorsque la sécrétion
des chlorures restait constamment insuffisante. Les variations
(1) Nous renvoyons aux articles d’Ambard et Weill, pour l'exposé cor pet du seuil de sécrétion des chlorures. Voir Bibliographie.
de l'élimination des chlorures semblaient donc dépendre du seuil ; elles étaient, par conséquent, sous la dépendance de l’activité des reins. Des recherches ultérieures montrèrent qu’il fallait abandonner la comparaison du seuil avec le seuil dit normal ‘de 5 gr. 62, « pour la raison que chez le sujet sain il n'existe souvent pas de seuil fixe. Dire, par conséquent, que le seuil s'élève ou s'abaisse par rapport à un seuil déterminé, c’est faire une comparaison dont un des termes n’a pas une constance suffisante » (Ambard). La mobilité du seuil est, en effet, une de -ses caractéristiques ; le seuil s’abaissant lorsqu'un sujet normal mange beaucoup de sel, s’élevant lorsque ce sujet est soumis au régime déchloruré (Ambard).
En somme, ce qui importe, ce n’est pas la valeur absolue du seuil, mais les variations du seuil qui indiquent les modifications du pouvoir de sécrétion chlorurée des reins. A l’état pathologique « tout réside en définitive dans une altération de la mobilité des seuils. Avec des chlorurémies identiques, le sujet normal peut éliminer beaucoup de sel, grâce à labaissement de son seuil; l’œdémateux restera oligochlorurique parce que son seuil reste relevé » (Ambard et Chabanier).
Nous avons pratiqué la recherche du seuil de sécrétion chlorurée chez 24 néphritiques. Nous avons constaté les faits suivants :
Avec un même taux de chlorure de sodium dans le sang, un brightique faisant de la rétention chlorurée présente un seuil
; plus élevé qu’un brightique sans rétention chlorurée. Exemples : 4° Pour une chlorurémie de 5 gr. 99 le seuil d’un œdémateux est de 5 gr. 75; pour une chlorurémie de 5 gr. 97, le seuil d'un néphritique sans rétention chlorurée est de 5 gr. 48. — 2° Avec une même chlorurémie de 5 gr. 70 le seuil d’un brighlique avec rétention chlorurée est de 5 gr. 18 ; le seuil d’un brighlique sans rétention est de 4gr. 71. — 3° Avec une chlorurémie de 6 gr. 21 et 6 gr. 18, nous trouvons les seuils suivants : 5 gr. 71 (avec rétention), 5 gr. 07 (sans rétention).
Il ne s'agit pas cependant d’une règle absolue : 1° Avec une même chlorurémie de 5 gr. 70, le rétentionniste de chlorures
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présente un seuil de 5 gr. 18, inférieur au seuil d'un brigbhlique sans rétention, 5 gr. 38. — 2° Pour une même chlorurémie de 5 gr. 12, nous trouvons les seuils suivants : 4 gr. 55 (avec réten- | tion), 4 gr. 85 (sans rétention).
Nous avons observé des néphrites avec grosse rétention chlorurée, le seuil étant ou très élevé (6 gr. 51) ou très bas (3 gr. 59). En somme, la valeur absolue du seuil n’a pas une signification précise. |
Dans trois cas, le retour vers l'équilibre chloruré s’est accompagné d’un abaissement du seuil. Dans l'Observation I, le seuil passe de 5 gr. 75 à 5 gr. 65. Chez deux autres malades, la variation a été plus accusée : 5 gr. 71 et 5 gr. 28, 6 gr. 71 et 5 gr. 18. SE
Dans trois cas, une rétention des chlorures qui s’installe ou augmente, s'accompagne d’une élévation du seuil. Dans l'Observalion VE, le seuil est passé, dans ces conditions, de 5 gr. 45 à 5 gr. 99 ; dans deux autres cas, le seuil passse de 4 gr. 55 à 4 gr, 97 et de 5 gr. 01 à 5 gr. 48.
Mais nous avons observé des variations inverses. Abaissement du seuil (5 gr. 37 à 5 grammes) au cours d’une période d'oligochlorurie. Elévation du seuil (4 gr. 74 à 5 gr. 07) coïncidant avec une augmentation du débit chloruré.
Telles sont les constatations que permet la recherche du seuil de sécrétion chlorurée. Elles sont difficiles à interpréter, car les troubles de l'élimination des chlorures ne reconnaissent pas une origine rénale exclusive et les variations du seuil ne peuvent, dans tous les cas, commander les variations de l'élimination chlorurée. Nous avons cru cependant qu’il était intéressant d’exposer ces quelques faits concernant la sécrétion rénale des chlorures au cours des néphrites hydropigènes.
La recherche du seuil n’est pas indispensable, car il suffit d'établir le bilan chloruré et la courbe du poids d’un rénal, pour savoir si l'élimination des chlorures est normale ou insuffisante. L'élude du seuil n'a pas encore fourni des résultats pratiques
qui rendraient utile sa recherche en clinique.