CHAPITRE IV
Quelques remarques au sujet de la tension artérielle dans les néphrites hydropigènes
Toutes nos mesures de tension artérielle ont élé effectuées à l’aide de l’oscillomètre de M. le Professeur Pachon, dans les conditions suivantes : 1° Le matin de huit à onze heures (le petit déjeuner ayant été pris à sept heures) ; 2° le malade élant dans le décubitus horizontal (M. le Professeur Pachon recommande de mettre le segment de membre exploré rigoureusement sur le même plan horizontal que la base du cœur): 3° le brassard appliqué au poignet. En adoptant comme valeurs normales de la tension maxima (Mx) les tensions comprises entre 12 et 17
centimètres, et pour la minima (Mn) les tensions de 8 à 10 cen-
timètres, nous dirons qu’il y a de l'hypertension maxima lorsque Mx dépasse 17, et de l'hypertension minima lorsque Mn dépasse 10.
La mesure des tensions chez 5 de nos hydropigènes sans imperméabililé uréique nous donne les résultats suivants :
Hypertension maxima...... 4 cas (Obs. I, IL, ITE, VD. Hypertension minima ...... 4cas1(0DS-L EH, IL NT) Tensions normales..... PrratiCas (0DS AN):
Ces valeurs de tensions correspondent à l'entrée des malades dans le service en pleine période d'accidents hydropigènes, exception faite pour la malade de l'Observalion IV qui, seule, sur les 5 cas envisagés, ne présente pas d’hypertension. Ces néphritiques avaient à la fois de l'hypertension maxima et minima,
eee :
atteignant les valeurs suivantes : 23-15 (Obs. D) ; 20-11 (Obs. IT); 22-13 (Obs. Il) ; 21-18 (Obs. VI). Les tensions de la néphritique de l'Observation IV étaient 12-8. Chez 3 hydropigènes sans insuffisance uréo-sécréloire étudiés par Ambard, les tensions arlérielles sont : 26-10, 27-17, 17-11.
La néphrite hydropigène sans insuffisance uréo-sécréloire s'accompagne donc d'une élévation des deux éléments minimum el maximum de la tension artérielle. :
S'agit-il d'un phénomène propre à cette variété de néphrites ? Voici, pour aider à résoudre la question, nos constatations personnelles.
Sur 23 cas de néphrite avec rétention des chlorures et diminution de la sécrétion uréique, nous trouvons :
19 cas avec hypertension maxima et minima.
4 cas avec hypertension minima, tension maxima normale. 3 cas avec tensions minima et maxima normales.
Sur 6 cas de néphrite avec diminution de la sécrélion uréique, sans rétention des chlorures, nous trouvons :
4 cas avec hypertension maxima et minima.
1 cas avec hypertension minima ; tension maxima normale. 1 cas avec tensions minima et maxima normales.
Ainsi, au cours des néphrites avec insuffisance de la sécrétion de l’uréc‘ou des chlorures, nous avons observé dans la grande majorité des cas de l'hypertension maxima et minima. Mais d'autre part, sur 34 néphritiques, avec rétention de l’urée ou des chlorures, 5 malades n’ont présenté à aucun moment de l'hypertension maxima et minima. |
Il existe aussi des cas d'hypertension artérielle permanente, sans troubles de la sécrétion rénale : Aubertin et Parvu, Chabanier ont trouvé des valeurs de constante uréo-sécrétoire normale chez des sujets nettement hypertendus.
En somme, on peut rencontrer de l'hypertension artérielle
permanente sans aucune insuffisance de la sécrétion rénale ; mais dans la majorité des cas (29 hypertendus sur 34 cas de
ET es néphrite, d'après nos observations), la néphropathie s'accompagne d’une élévation de la tension artérielle portant à la fois sur Ja maxima et la minima le plus souvent (27 sur 29).
Chez tous nos néphritiques, il existait une insuffisance de sécrélion rénale ; mais le rein peut présenter une alléralion et sullire cependant à sa tâche ; il se produirait alors une Ayper-
tension artérielle compensatrice, permettant une filtration nor-
male malgré la lésion rénale. s'agirait d’une néphrite latente, grâce à une hypertension de secours. Ces formes de néphriles chroniques hypertensives peuvent évoluer longtemps sans manifestations cliniques : « Le rein est bien malade, le cœur est bien surmené, mais tout est tellement sourd et chronique d'un côté, adapté et compensé de l’autre, que l'équilibre n’est nullement rompu » (Gallavardin). Chez ces malades ïl ne faut pas user des hypotenseurs ; il faut respecter l'hypertension et tâcher de maintenir chez eux une pression variable suffisante pour compenser l'obstacle rénal et assurer la sécrélion urinaire. Nous avons constaté chez nos néphritiques les valeurs suivantes de la tension artérielle : |
Valeur moyenne d’hypertension max.. 21 Valeurs extrêmes 30-18. Valéur moyenne d’hypertension min.. 14 Valeurs extrêmes 16-12. Moyenne des tensions max. normales . 14 Valeurs extrèmes 16-12. Moyenne des tensions min. normales, 9 Valeurs extrèmes 10-7.
Si nous considérons la pression minima: « étalon sphygmomanométrique qui doit servir de base rationnelle à la fixalion des états d'hypo et d’hypertension artérielle » (Professeur Pachon), nous voyons le degré élevé d’hypertension minima atteint par les néphritiques. Or, cette hypertension minima traduil une surcharge artérielle, « une résistance anormale que Île cœur doit vaincre par un effort extra-physiologique pour accomplir sa fonction évacuatrice » (Professeur Pachon). On conçoit l'importance capitale de l'étude de cet élément de la tension artérielle dans l'examen du système cardio-vasculaire d’un brightique.
Nous avons montré que l'hypertension se manileslait au