‹ Néphrites hydropigènes: Sans insuffisance uréo-sécrétoireChapitre 23 sur 31 · RATE · texte numérisé non relu

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Pour nous permettre de suivre plus facilement l'évolution de cette néphrite, le docteur Princeteau adressa le malade dans Le service de notre maître, le Professeur Cassaët. Il resta, salle 14, du 28 mars au 6 juin. Jusqu'au 5 mai, le malade suivit un régime déchloruré hypoazoté, le régime déchloruré azoté nous paraissant contre-indiqué par suite des manifestations récentes de néphrite aiguë (malgré le bon fonctionnement uréo-sécrétoire indiqué par la constante). A partir du 5 mai, l’on

donna une alimentation ordinaire en surveillant la quantité de chloru- :

res, qui fut de 7 à 8 grammes par jour du 5 au 10 mai; on revint au régime déchloruré du 17 mai au 6 juin.

Nous avons étudié les variations des divers éléments d'appréciation du fonctionnement rénal et, en particulier, l'élimination des chlorures, la tension artérielle et la viscosité sanguine. Les résuliats numériques obtenus sont consignés dans le graphique annexé à cette observation.

L'élimination des chlorures. Influence du régime. — Dès l'institution du régime, il s’est produit : 1° Une augmentation de la diurèse, atteignant 1 lit. 800 à 2 litres pendant six jours (la quantité de liquide ingérée était de 4 lit. 500 par jour) ; 2° une décharge chlorurée : de 4 gr. 80, le 25 mars, l’excrétion quotidienne s'élevait à 12 gr. 50 le 28 mars ; puis l’excrélion diminuait, mais restait toujours supérieure à l'ingestion quotidienne des chlorures (1 gr. 50 à 2 grammes). L'’équilibre chloruré n’était atteint que vers le 1‘ mai. Afin d’éprouver la tolérance chlorurée du malade, nous ajoutons du 5 au 16 mai 5 grammes de chlorures à son alimentation. L’excrétion a été suffisante ; il n’y a pas eu de rétention; on voit la courbe des chlorures s'élever au moment de cette ingestion supplémentaire, Du 16 mai au 6 juin, le

malade revient au régime déchloruré du début et l'équilibre est rapidement atteint dès le 20 mai.

En résumé, cette néphrite s'était accompagnée d’une rétention notable des chlorures, rétention que traduit avec. netteté la décharge chlorurée lémoignant d’une accumulation antérieure. A partir du moment où l'équilibre chloruré a été atteint, l’ingestion s’estaccompagnée d’une excrélion correspondante sans retard, ni rétention.

Varialions du poids. — Le poids s’abaisse au début, en même temps qu'augmente la diurèse ; il n'existait pas cependant, le 28 mars, un

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tation où d’une augmentation du poids en rapport avec un meilleur état de nutrition ? L'étude de l'élimination des chlorures montre qu’il ne se produit pas de rétention des chlorures. Il ne s’agit pas non plus, semble-t-il, d’une élévation du poids, due à l’augmentation de l'hydré-

re

mie, car la viscosité sanguine ne subit pas une baisse permanente. Cette augmentation du poids est l'indice d’une assimilation meilleure chez un «convalescent d'œdème ».

Variations de la viscosité sanguine. — En même temps que s’elfectuait la déchloruration, la viscosité s’est élevée; après quelques oscillations, elle est devenue nettement supérieure à la viscosité du début. Il faut noter que la faible valeur de la viscosité (3,8) constatée le 48 avril coïncidait avec une diminution de la diurèse passant de 4 lit. 750 à 1 lit. 500, puis à 1 litre, le 19 avril. Cette baisse passagère de la viscosité a été rapidement suivie du retour à la normale. Signalons également une chute de la viscosité pendant l'institution d’un régime plus riche en chlorures.

Le relour à des valeurs normales de la viscosité sanguine coïncidant avec une diminution du poids au début, avec l'équilibre chloruré par la suite, nous paraît être dû à la disparition de l'hydrémie. En même temps existaient chez notre malade de l’œdème interstitiel et de l'œdème du sang.

Variations de la tension artérielle. — Les deux tensions, la maxima et la minima, ont évolué parallèlement; la forte hypertension constatée le 25 mars a fait place à un régime de tensions moins élevées ; malgré l’absence d’accumulation chlorurée, le retour à un régime plus riche en sel a déterminé une augmentation des valeurs de la maxima et de la minima. Il faut remarquer chez notre malade l'absence du retour à une tension artérielle normale, malgré la disparition des phénomènes de néphrite. Cette hypertension ne se manifestait par aucun signe pathologique, sauf une accélération permanente du pouls (80 à 100) et par de la tendance aux vertiges. Nous avons remarqué à plusieurs reprises de la polyurie atteignant parlois 2 lit. 100, bien que la quantité de liquide absorbée ne dépassât pas 1 lit. 500 par jour.

Alin de confirmer le diagnostic de néphrite sans insuffisance uréosécrétoire, et pour nous autoriser à donner au malade une alimentation azotée normale, nous avons pratiqué, le 29 avril, une nouvelle recherche de la perméabilité rénale par les méthodes d'Ambard.

Le 29 avril, le matin, à jeun, prélèvement simultané d'urine et de sang. On recueille 213 centimètres cubes d'urine en une heure.

dB —

re Ur =0 gr. 30 C—=5 gr. 75

K= 0,074 À NaCI (sérum) — 5 gr. 80 NaCI (urine) — 1 gr. 31

Seuil d’excrétion chlorurée = 5 gr. 65 Ainsi, la sécréhion uréique est maintenant normale ; elle était exagé-

Sr + r , r QE . rée lors de la première recherche (le malade n’était pas en équilibre

chloruré). Le seuil d’excrétion chlorurée s’est abaissé passant de 5 gr. 75 à 5 gr. 65 ; cette variation témoignerait d’une amélioration de la sécrétion rénale des chlorures, coïncidant avec le retour à la normale des

, bilans chlorurés.

Les constatations que nous venons d'exposer témoignent d’une amé-

Jioration portant sur les divers facteurs capables d’influer sur le fonc-

tionnement rénal. L'examen clinique permettait de conclure dans le même sens. L'état général de notre sujet devenait meilleur de jour en jour ; il n’y avait plus de bouflissure du visage, dont la coloration devenait normale : le malade se trouvait moins faible et sentait « sa tête plus libre ». Malgré le régime déchloruré l'appétit était bon et la diminution des aliments azotés n’amena aucun trouble apparent. L'augmentation régulière du poids, l’absence d’excrétion uréique exagérée nous indiquaient qu'il n'y avait pas de désassimilation azotée nécessitant l'interruption de cette diète de protéines. L'éliminañion uréique fut d'ailleurs pendant cette période d'une constance remarquable, oscillant entre 17 gr. 60 et 20 gr. 82 du 29 mars au 29 avril. Après l'institution du régime ordinaire, elle oscilla entre 19 gr. 42 et 26 gr. 30 du 29 avril au 15 mai. À partir de cette date et jusqu'au départ du malade, les variations de l’excrétion uréique furent beaucoup plus marquées (de 22 gr. 32 à 98 gr. 25).

L'albuminurie persista jusqu’au 6 mai, elle avait considérablement diminué dès l'application du traitement, passant de 3 gr. 50 à 0 gr. 80 en six jours ; il y eut quelques reprises de l’albuminurie, notamment lors du retour au régime ordinaire.

Le malade a quitté le service le 6 juin, se trouvant parfaitement bien. Il a repris son métier de marin et nous avons eu récemment de bonnes nouvelles de son état de santé.

M. Castaigne a publié ces temps derniers des cas de néphrite aiguë hématurique d’origine amygdalienne, sans aucun symptôme d’insufti-

Te sance urinaire ni d'insuffisance rénale. Pas de rétention azotée ni chlorurée, pas de symptômes cardio-artériels.

Dans notre cas, l’étiolagie semble bien nette; il s’agit également d'amygdalite et, à deux reprises, l'amygdalite s'est accompagnée de néphrile aiquë avec hématurie. Mais il existe des signes indubitables d'insuffisance quant à l'élimination des chlorureset la tension artérielle élevée resle anormale malgré la disparition des signes de néphrite. IL semble que la première manifestation de néphrite survenue en 1911 n'ait pas laissé le rein indemne; la notion éliologique ne peut nous fournir de renseignement suffisant pour apprécier la valeur du fonctionnement rénal; elle ne doit pas nous dispenser de l'étude méthodique des modifications des facteurs en jeu dans toute néphropathie.

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