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elle se produit, sa marche parallèle d’une façon générale à celle des symptômes douloureux, sa disparition complète dans la majorité des cas, coïncidant avec ia guérison de la sciatique, prouvent bien qu’il n’y a rien là de primitivement articulaire. D'ailleurs on peut la corriger tout à fait sous le chloroforme. Mais alors comment expliquer sa persistance dans certains cas après la guérison radicale de la névralgie ? |
L’explication donnée par Charcot et Badinski et les arguments fournis par Brissand à l’appui méritent d'être reproduits : « La prédominence des muscles du côté sain qui entrainent le tronc ne peut résulter que de trois ordres de causes. Ou bien il s’agit d'une paralysie des muscles du côté malade; ou bien les muscles sains sont dans un état de lonicité exagérée, en d'autres termes, ils sont en imminence de contracture ; ou bien ils agissent par le fait d’une contraction simple. »
La première hypothèse ne demande même pas à être rélutée ; il est facile de s'assurer que les muscles du côté malade ne sont pas paralysés. La seconde est en contra- .diction avec les lois physiologiques connues. On ne peut admettre qu'une "névralgie sciatique détermine l'apparition de la contracture dans des muscles indépendants de ce ner el siègeant du côté opposé. C’est donc à une contraction simple qu'il faut rattacher la déviation latérale, Mais par l'effet de cette contraction soutenue, les muscles ne ardent pas à atteindre cet état voisin de la contracture que Duchenne a décrit sous le nom de spasme fonctionnel, et ainsi l’on s'explique que l’inclinaison du tronc puisse persister après la disparition des douleurs. D'ailleurs, Debove
Lo de
n'a-t-1l pas fait cette ingénieuse remarque, que lorsqu'on supprime momentanément la douleur chez les malades atteints de sciatique, par une pulvérisation de chlorure de méthyle, ceux-ci gardent l’appréhension, et n’osant réparür le poids du corps également sur les deux jambes, conservent leur attitude. À cette cause vient s'ajouter parfois l’atrophie des muscles du côté primitivement malade, atrophie qui peut s'étendre au-delà de la sphère de distribution - du sciatique, suivant la remarque de Brissaud, et qui n'est pas sans analogie avec celle qui succède auxarthropathies.
Par contre, l’hypertrophie des muscles en activité permanente peut s'observer el contribuer pour sa part à immobiliser la déformation.
Enfin Babinski admet que des rétraclions fibreuses peuvent rendre définitive et indépendante de l’action musculaire, l'attitude qui, au début, n’était due qu'au spasme, à l'exemple de ce qui se produit parfois dans les contractures spasmodiques de date ancienne, ainsi que Charcot l'a démontré (Progrès médical 1887).
Dans la scoliose réflexe croisée, nous admettrons avec Schüdel qu'il y a parésie des muscles du côté malade et que par contraction simple, sans même que le spasme intervienne, la colonne s'incline vers le côté sain. Cette explication est facile à admettre pour la scoliose sciatique ; en effet, Schüdel a trouvé par la dissection une branche venant du deuxième nerf sacré, passant par le premier trou sacré postérieur et se rendant à la masse sacro-lombaire. Pour lui, l'existence de ce filet explique comment la névralgie sciatique peut, à elle seule, amener une parésie du muscle et un départ de déviation de la colonne
SRE
vertébrale, le musele du côté opposé entraînant le tronc de son côlé.
Güssenbauer est d'accord avec Schüdel pour attribuer la scoliose à une affection musculaire ; mais il pense qu'il faut faire jouer un rôle à la distension des muscles et des nerîs.
Pour Laquer, les nerfs sensitifs émanés du plexus sacré traversent la masse sacro-lombaire ; en cas de névralgie, : ces masses en se contractant, déterminent des douleurs, d’où leur relâchement. Sachs croit que la névralgie s'étend du sciatique au plexus sacré et de là au plexus-lombaire, et détermine par le mécanisme exposé plus haut l’impotence des muscles innervés par le plexus lombaire, notamment du carré des lombes, de la masse sacro-lombaire et du psoas.
+ Dans l'observation de M. Dieulafé, de scoliose liée à la
néphroptose, les crises douloureuses qui s’accompagnent de phénomènes inflammatoires avec ascensions thermiques, ont provoqué de la parésie des muscles sous-jacents et ceux du côté opposé prédominants n'ont fait qu'exagérer la courbure lombaire à concavité droite qui existe normalement.
Cette genèse de la scoliose est tout à fait d'accord avec la théorie allemañde qui suppose, comme fait primitif, un relâchement des muscles d’un côté, ce qui entrainerait la prédominance des muscles opposés.
D’après les faits de scoliose réflexe dont je donne l’indication, il y a lieu de considérer tantôt une parésie des
muscles du côté malade et une contraction simple de ceux du côté sain (scoliose, réflexe croisée) tantôt et directement un spasme, une contracture des muscles du côté malade (scoliose réflexe homologue). Quant à la cause de ces variations, elle paraît difficile à déterminer.