‹ Néphroptose et Scoliose RéflexeChapitre 16 sur 21 · DIAGNOSTIC · texte numérisé non relu

DIAGNOSTIC

Lorsque la déviation latérale du rachis est très prononcée, lorsqu'elle se complique des déformations auxquelles donnent naissance la torsion des côtes et l’'adjonction des courbures secondaires, le diagnostic ne présente pas en général de difficultés. Si l’on est appelé au contraire à examiner le mal tout à fait au début, il n’en est plus de même, et il faut un examen attentif pour ne pas laisser passer inaperçus les premiers degrés de la difformité.

Il est parfois très difficile d'établir la nature réflexe des déviations de la taille et de reconnaitre leur origine. Une exploration minutieuse du malade peut seule permettre de formuler un diagnostic exact. On doit d’abord s’assurer qu'il existe réellement une déviation de la colonne vertébrale et que la déformation n'est pas due simplement à une attitude vicieuse du malade.

Pour résoudre cette question, il sera bon de procéder à l'examen de la façon suivante : le malade étant complète ment déshabillé, les cheveux relevés sur la nuque, les bras croisés au devant de la poitrine, sera debout, le dos placé en pleine lumière.

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Placé derrière le dos du malade ainsi disposé et bien éclairé, on peut alors se rendre compte des moindres imperfections existant soit du côté du rachis lui-même, soit du côté du bassin, des épaules et de la cage thoracique.

On examinera successivement la région dorsale et la région lombaire et en traçant la ligne des apophyses épineuses, on verra si elle est oui ou non dans sa rectitude naturelle. Deux cas pourront se présenter: ou bien la série des apophyses épineuses ne présentera pas de courbure sensible ou bien les apophyses épineuses décriront une ou plusieurs courbures.

L'existence de la déformation et le degré d'inflexion établi, il s’agit de rechercher la nature de cette lésion.

. Assez souvent une scoliose réflexe a été prise pour un mal de Pott. Il arrive, en effet, qu'une déviation latérale de la colonne vertébrale peut se compliquer de l'existence d'une petite saillie antéro-postérieure constituée par une apophyse épineuse plus saillante. Celte erreur a été commise plusieurs fois. Paulet, en 1877, fut appelé au près d'un enfant de 12 ans qui à la suite de lithiase rénale, présentait une déviation latérale de la colonne vertébrale avec saillie de la première apophyse épineuse. Le diagnostic de mal de Pott avait été posé alors qu'il ne s’agissait que d’une scoliose symptomatique, d’une affection rénale.

Bloch a rapporté une observation à peu près identique. Il s'agissait également d’une scoliose symptomatique d’une lithiase rénale et non d’un mal de Pott, diagnostic posé au début.

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Besson, en 1886, a publié une observation d'abcès périnéphrétique chez un enfant de 11 ans, avec crises douloureuses et déviation du rachis pris pour un mal de Pott. Dans ce cas, il s'agissait également d'une scoliose réflexe.

Cette erreur peut être évitée par un examen minutieux du malade. Dans le mal de Pott, la douleur a un siège fixe, elle est limitée à la vertèbre ou à la région vertébrale atteinte. Cette douleur est sourde, exaspérée par tous les mouvements du rachis, continue, diurne et nocturne. Plus la pression directe est forte, plus la douleur est violente ; elle s’irradie en ceinture et dans les membres inférieurs.

Dans les déviations d'origine réflexe, il n'y a pas de douleurs du côté de la colonne vertébrale : on peut percuter avec force sur les apophyses épineuses de la colonne déviée, sans éveiller aucune part le moindre phénomène douloureux. On note également l’absence de troubles nerveux à distance : paraplégie, contracture des membres inférieurs, troubles de la sensibilité.

Dans les cas d’abcès périnéphrétique, lostéomyélite vertébrale pourrait induire en erreur. La douleur fixe, réveillée par la pression, exagérée par les mouvements, la rapidité de l’évolution des accidents, les douleurs vives, lès phénomènes généraux, empêcheront toute confusion.

Les courbures du rachis d'origine réflexe sont en général peu accentuées, à petit rayon, sans courbure de compensation; leur courbure varie à des périodes rapprochées, s’accentuant au moment des crises douloureuses et dispa-

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