‹ Néphroptose et Scoliose RéflexeChapitre 7 sur 21 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

M. Dieulafé.

Mme J..., 25 ans. Mince, frêle, mais bonne santé habituelle. A eu deux grossesses : l’une 1l y à cinq ans, l’autre il y a deux ans. Grossesses et accouchements normaux.

Depuis la première grossesse, se plaignait fréquemment de douleurs dans les iombes. À la suite du deuxième accouchement, des douleurs vagues. sourdes, sont devenues plus fréquentes ; elles s’accompagnaient en même temps de sensations, de tiraillements dans l’abdomen.

Durant les mois de janvier et février 1906, ces divers malaises s’accentuaient, le ventre se ballonnaïit, la marche était mal tolérée, devenait vite douloureuse.

Vers la fin de février, le volume de l'abdomen paraissait s’accroître, la malade percevait une tuméfaction dans le côté gauche, elle éprouvait en même temps de la pesanteur et des tiraillements. En même temps, le volume des urines diminuait d’une manière sensible. ‘

Le 2 mars, elle éprouva de vives douleurs dans le côté gauche de l'abdomen, eut un frisson et la température, jusque-là normale, s'éleva à 3905. Un médecin constate l'existence d’une tuméfaction abdominale, mobile, paraissant indépendante de la masse intestinale. C'est à ce moment que je fus appelé.

L'abdomen était légérement météorisé ; par la palpation, je

perçus une tumeur siégeant dans la région ombilicale, à gauche de la ligne médiane. Cette tumeur était mobile, douloureuse à la pression. Par le palper bi-manuel, j'eus vite la certitude qu'il s’agissait du réin gauche ptosé, mais ce rein avait un volume anormal, il était distendu par une accumulation d'urine ; à ce moment, la malade n émettait que 400 grammes d’urine par vingt-quatre heures. La ptose rénale s'était compliquée d’une crise d hydronéphrose intermittente. Par la palpation profonde, on percevait, à gauche de la ligne médiane, une saillie dure à convexité gauche; c'était la colonne vertébrale déviée dont les corps vertébraux produisaient une deuxième tuméfaction.

Le trajet de l’uretère était douloureux.

Le rein droit est en situation normale.

Je remis le-rein en place et | y maintins à l’aide d’une ceinture et d’un tampon de coton.

Le 4 mars, la malade urinait 400 grammes ; le 8 mars, elle en émit 800 grammes.

Le 9 mars, le rein avait repris un volume normal. Le même bandage fut laissé en place ; la malade se trouvait bien, elle se leva tout en prenant des précautions.

Le 14 mars, nouvelle crise de rétention, douleurs vives dans le côté gauche. Pendant trois jours. tous les matins, la malade eut une élévation thermique, 390 à 400, précédée de frissons.

Je fus appelé le 17 mars et je remis le rein en place. Il était comme à la première crise, volumineux. douloureux et mobile. Le volume des urines, très fortement diminué, arriva à n'être plus que de 200 centimètres cubes.

Le 19 mars, le rein étant toujours fixé par le même bandage, je fis avec de l’eau bouillie une distension de la vessie, dans le but de provoquer par réflexe vésical la sécrétion urinaire a peu près abolie par le réflexe réno-rénai. Cette manœuvre ne donne pas de résultat immédiat. Mais deux jours après, la malade urine plus abondamment et continue ainsi les jours suivants.

PARRICGAL

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