‹ Népomucène Lemercier et ses correspondantsChapitre 11 sur 93 · PoREL et MoiNVAL, VOdéou, p. 3o · texte numérisé non relu

PoREL et MoiNVAL, VOdéou, p. 3o

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maître, et que les meilleures leçons du public sont encore ses sévérités ; dans la préface de la troisième édition de son Agamemnon^ il s'incline devant les arrêts du spectateur qu'il déclare infaillible même quand il lui a été peu indulgent : « Ce qu'il condamne est équitablement condamné. Ma propre expérience m'en a tellement convaincu que je n'osai jamais livrer à l'impression les essais dont sa sévérité m'avait révélé la faiblesse, même en leur accordant quelques applaudissements sur la scène. L'opinion du public est l'esprit de la nation entière. »

Quelle allait-être l'attitude du parterre devant sa nouvelle tragédie, Ophis, représentée le 2 nivôse an VII (22 décembre 1798)^? Je trouve dans les notes de M"^ Lemercier l'anecdote suivante, qui serait un très curieux document sur l'incroyable nervosité des spectateurs, si elle était très autbentique : « Le jour de la première représentation à^ Ophis, que Talma a joué d'une manière inoubliable, M. Lemercier était dans une loge des baignoires, seul avec M. de Saint- Just d'Aucourt, attendant avec impatience une scène importante du iv'^ acte, sur laquelle il comptait beaucoup. C'est la scène où le frère meurtrier croit voir ressusciter son frère... La scène attendue passe, et un silence profond de la salle et du parterre consterne l'auteur qui comptait sur un grand efTet. M. Lemercier s'écrie : — Ah ! la scène est manquée ! — Non, non, s'écrie M. de Saint-Just, non ! — Et au même instant le parterre entier avec un cri d'admiration se lève

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