Vauthier, p. i
debout et couvre à vingl-six reprises les acteurs encore en scène d'un torrent d'applaudissements... Le parterre, d'abord terrifié, était demeuré muet de surprise. » M""' Lemercier, quand il s'agit de son mari, voit toujours les choses en beau ; MM. Porel et Monval signalent plutôt l'insuccès de cette tragédie, « dont la chute met le directeur Sageret aux expédients' ». Si le grand succès de foule est discutable, Ophis charme du moins les lettrés les plus sévères : M"'" Lemercier tient de Lebrun lui-même ce jugement, qu'elle accepte naturellement comme un arrêt définitif: le quatrième acte d^ Ophis est « égal en beauté aux ouvrages de l'antiquité ^ » ,
Presque immédiatement après, Lemercier propose à l'Opéra une tragédie lyrique en trois actes, Penthée : le 23 germinal an VII (12 avril 1799) le secrétaire du « Théâtre de la République et des Arts », Thibault, lui écrit au nom des administrateurs que, conformément à la règle nouvelle, sa pièce, avant d'être examinée par eux, doit être soumise au jury ; le 7 fructidor (26 août) Lemercier lit sa pièce devant le jury du théâtre : le 8, elle est admise.
Lemercier traverse l'époque la plus brillante de sa carrière dramatique. Tout lui sourit. Il est comme soulevé par le succès. Autour de lui ses amis montent et grandissent. Henry Edon lui envoie d'Italie des lettres fort intéressantes sur Bonaparte et son entourage, sur Marmont, 2* aide de camp, qui aime beaucoup le poète. Edon ne marchande pas ses éloges au général en chef,