SouBiES, tableaux, etc
2. M. de Lourdoiieix était une des bêtes noires du Conservateur, journal de Cliateaubriand, dont le duc de Fitz-James était collaborateur. Cf. le Conservateur, 1818, tome I, p. Sgg et suiv.
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ne lui écrivez-vous ? Il vaut mieux, dit-on, avoir à faire à Dieu qu'à ses saints... Si vous adoptez ce moyen, il faudrait tout dire au Roi comme à votre Confesseur, si toutefois vous vous souvenez comment cela se pratique. — Je remettrai votre lettre... » Peine perdue : le 23 septembre 1820 le Directeur Général de la Police écrit à Lemercier, très aimablement : « c'est avec regret. Monsieur, que je me vois dans l'obligation de vous annoncer que le Conseil des Ministres, auxquels j'ai cru devoir en référer,... a décidé que la tragédie de Charles Fine pouvait pas être jouée. ^ » Pour consoler Lemercier le duc de la Châtre asperge d'eau bénite de cour « celui dont le front n'a jamais courbé sous le joug de l'oppresseur. » L'auteur de Charles VI pourrait répondre qu'il se sent encore opprimé, et que peu lui importe de changer de joug, clitellas dam ferai suas. Mais non ; sans trop de rancune il se résigne; il fait imprimer sa tragédie et en ofiFre des exemplaires au ministre de la Maison du Roi qui en accuse réception, toujours très aimablement ; à Laîné, ministre de l'Intérieur, qui remercie également et ajoute même : « Privé du plaisir d'en voir la représentation, je la lirai avec l'intérêt qui s'attache à vos ouvrages dramatiques. Vous exagérez, Monsieur, le secours que j'aurais pu donner au succès de vos vers ; mais cjuand vous m'avez fait l'honneur de m'en parler tout était déjà décidé. J'en ai eu l'assurance peu d'heures après votre
I. En effet le Moniteur du 2/1 septembre 1820 annonce ceci : « la représentation de la tragédie intitulée La Démence de Charles VI qui devait être jouée au second Théâtre Français, a été ajournée par décision du conseil. »
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visite... » D'aucuns, autour de Lemercier, voudraient bien profiter de Foccasion pour faire de cela une affaire politique. Métrai, critique à la Revue Encyclopédique, lui offre le 2 octobre 1820 de faire un article : « il me serait doux de vous venger, de venger le public de la bassesse des intrigues dirigées contre votre ouvrage. »^Son véritable ami, Fitz-James, essaye au contraire de calmer le poète, ou tout au moins de dériver ses soupçons : « en revenant de la campagne où je venais de passer quinze jours, écrit le duc, le 18 octobre, je trouve votre lettre et la tragédie que vous avez bien voulu m'envoyer. N'accusez pas les têtes élevées de la catastrophe arrivée à votre ouvrage. Quelque creuses qu'elles soient souvent, je suis sûr qu'elles n'auraient pu se méprendre à vos intentions. C'est dans les bas-lieux qu'il faut chercher la source de ce qui vous est arrivé, et je suis bien aise de voir que vous êtes sur la voie de vos véritables ennemis. » Et de fait, dans la troisième édition de sa tragédie, Lemercier accusait nommément le secrétaire du duc de Richelieu, Delaville, d'avoir plagié sa pièce'. M"*^ Lenjercier allait plus loin, et reprochait à Delaville d'avoir fait défendre la pièce pour pouvoir faire jouer son propre Charles VI, ce que Louis XYIII aurait refusé, en s'écriant : « c'est une iniquité! » Il est assez difficile de juger le procès-, car, de la correspondance échangée entre Lemercier et Delaville, il ne reste plus au Mss. CGCLXXIII, que les