QuÉKARD, la France Ultéraire, V, iSy
2. JuUien ne croit pas au plagiat (^Histoire de la poésie, etc., II, 298).
lettres du second, rageusement apostillées par M"^ Lemercier : elles sont du reste polies, correctes ; elles indiqueraient plutôt de la délicatesse et de bons procédés de la part du jeune auteur envers son ancien. Ce qui faillit tout gâter, c'est que Joanny raconta d'abord, et écrivit ensuite, dans vine lettre ofBcielle adressée le 28 mars 1826 aux sociétaires du Théâtre Français que, en 1820, pendant qu'il apprenait le rôle que Lemercier lui avait confié dans la Démence de Charles VI, alors destinée à rOdéon, il avait lu les principales scènes de son rôle à deLaville'. L'affaire s'embrouillait; les deux pièces s'enchevêtraient de plus en plus ; le 28 juillet notre pauvre poète avait le suprême désagrément d'apprendre par un de ses anciens amis, Chartier-Philibert, qu'une troupe de passage était venue jouer à Limoges le Charles VI de Delaville comme étant de Lemercier !
Le succès relatif de Frédégonde et Briinehaut allait le consoler un peu de tous ces ennuis". Au moins celte tragédie-là ne sortait pas du fond de ses tiroirs. Il cherchait à la protéger, plus soigneusement encore que les autres, contre les surprises du théâtre. Le 26 mars 182 1 il envoyait aux journaux, avec prière d'insérer, une espèce de proclamation au public, pour lui demander sa protection contre la cabale. En même temps il préparait sousmain une contre-cabale. Le 27 mars Liadières lui demande cinq ou six parterres pour ses amis qui « brûlent »
1. Ce nom est orthographié tantôt Delaville, tantôt de Laville. Quérard l'écrit : ce de Laville do Mirmont. » Il ne semble pas croire non plus au plagiat (La France Littéraire, V, iSg).