XII AVA>'T-PROPOS
France, le monde intellectuel ne dédaigne pas cet étrange poète.
De là, je crois, l'intérêt de la seconde partie de cette étude. Plus mon lecteur aura de culture littéraire, plus il s'intéressera à ce recueil de lettres. Grâce à tous ces textes, il semble que nous entrions dans le salon d'un personnage très en vue. A chaque instant nous entendons annoncer des noms plus ou moins célèbres. Nous prenons plaisir à suivre la conversation qui s'engage, à proportion des lumières que nous avons sur les interlocuteurs et sur les sujets traités ou effleurés.
En pénétrant le plus profondément possible dans l'intimité morale et intellectuelle de Lemercier, je ne crois pas manquer à sa mémoire, ni trahir ses intentions, tout au contraire : le poète réclamait une enquête de ce genre, en 1889, dans un commentaire sur l'ode d Horace :
O saepe mecum tempus in ultimum
(( On doit reconnaître, au seul examen de cette belle ode, que pour bien comprendre les grands auteurs devenus classiques, il faut étudier sérieusement leur caractère, les actions et les époques de leur vie, autant que leurs ouvrages, et juger s'il y a conformité dans leur carrière et dans leurs écrits : autrement on méconnaît leur juste valeur... » Il ajoute modestement : (( Si je puis mériter qu'on se souvienne de moi, je réclame un pareil soin pour ma mémoire. »
Souri AU. — Nép. Lem.