‹ Népomucène Lemercier et ses correspondantsChapitre 4 sur 93 · CHAPITRE I JUSQU'EN · texte numérisé non relu

CHAPITRE I JUSQU'EN

Le 27 mai 1770, le grand-père de notre poète, avocat ' en parlement, grenetier au grenier à sel de Mussy l'Evêque, et Marie-Anne de Charlevoix, font signer le con- j trat de mariage de leur fds, Louis Lemercier, secrétaire de S. A. S. M^"' le duc de Penthièvre, trésorier receveur général de la Vennerie en Lorraine et Barrois, argentier \ proviseur de la grande vennerie de France, avec D"* Mar- , guerite-Ursule Pigory de Lavault ; le contrat est fait sous j le régime de la communauté, suivant la coutume de 1 Paris. Chaque époux apporte 20000 livres, sans compter des fermes et des maisons du côté Lemercier, et \ 24 000 livres de mobilier provenant des économies de répoux. Les témoins sont : Leurs Altesses Sérénissimes '\ Louise-Marie-Adelaïde de Bourbon, duchesse de Char- ' très, Louis-Jean-Marie de Bourbon, duc de Penthièvre, j Marie-Thérèse-Louise de Savoie Carignan, princesse de \ Lamballe, et de plus, un ministre, le duc de Praslin, la ] marquise de Guebriant, Ms"" de Boquénemer, évêque I d'Apollonie, le marquis de Mascrany. j

Le 2 1 avril 1771 naît à Paris Louis- Jean-Nepomucesne, baptisé le lendemain à Saint-Eustache : le parrain est le duc de Penlliièvre ; la marraine, la princesse de Lamballe.

Nous n'avons pas grands renseignements sur le père de TSépomucène. Il semble avoir assez tenu à ses titres et prérogatives. En 1808, il excipe de son titre d'ancien secrétaire des commandements de feu M. le duc de Penthièvre pour conserver le droit de porter des armes, sinon Fépée, du moins une canne à épée. Il est bon pour son fils qui le respecte, l'aime tendrement, passionnément même : Louis Lemercier « le méritait à tous égards, ayant toutes les qualités de bonté, d'exquise éducation, et d'esprit gracieux*. » C'est probablement en l'honneur de son père que Népomucène fit ses débuts de poète, avec la petite pièce dont voici le commencement :

Pour mon père, le jour de la Saint-Louis. (Air : « Ré veillez- vous, belle endormie ! »)

Il faut, de crainte de détresse, Garder quelques louïs à soi :

Puissé-je toujours pour richesse Conserver celui que je voi !

La mère, en revanche, n'avait pas laissé de très bons souvenirs dans la famille : elle avait, dit M"* Lemercier, « un esprit brillant, mais elle en gâtait les charmes par une vanité poussée à l'excès,... dont l'excuse se trouvait dans une charmante figure, des talents, et une fortune

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