THÉMIS
Vous donc, volez aux cieux ; vous, tombez aux enfers I
C'est surtout au théâtre qu'on voit Lemercier se débattre entre l'ancien et le nouveau régime littéraire, se croyant toujours dans l'orthodoxie dramatique, et donnant pourtant aux autres l'impression qu'il est plutôt de la nouvelle école; Mignet lui écrit d'Aix, le i8 juillet 1826, pour lui recommander un apprenti dramaturge qui voudrait entrer « dans la belle carrière dont vous avez si heureusement étendu les limites que vos devanciers semblaient avoir posées pour toujours en France... » Des critiques littéraires plus avertis que Mignet s'y laissent prendre : Stendhal, dans son Racine et Shakespeare, cherchant à deviner ce que sera le Romantisme français, prédit, en 1828, que « notre tragédie nouvelle ressemblera beaucoup à Pinto, le chef-d'œuvre de M. Lemercier'. » A la reprise de i834 cette pièce excite, naturellement, le tumulte inséparable de toute représentation d'une œuvre de notre poète, mais cette fois il a pour lui les Jeune-France. La Revue de Paris, devenue classique, constate que « autour de M. Lemercier, comme autour de son premier étendard, s'est ralliée la soi-disant école romantique^. » Le romantisme ne demanderait pas mieux que de considérer l'auteur de Pinto comme un ancêtre, mais même parmi les ancêtres il y a des parents