I . Mémoires d'Outre-Tombe, éd. Biré, III, A
sous LA MO?îARCHIE DE JUILLET Io5
narchie cherche à s'attacher le poète qui semblait l'avoir appelée de ses vœux depuis si longtemps, depuis près de trente ans, qui avait même couru quelques dangers pour elle aux trois Glorieuses, si nous en croyons « le Triomphe National, ode en hommage aux citoyens de Paris » lue par l'auteur à la séance publique de l'Académie, le 25 août i83o :
Moi-même, au fort de la tempête, Des vengeurs fraternels je suis tous les hasards ;
Je cours leur dévouer ma tête.
Et mon nom publié la signale aux poignards.
Mais Charles X est chassé :
C'est un autre roi que réclame La France souveraine ; et, libre de son choix.
J'entends Paris qui le proclame.
Jemmape et ses vertus l'élèvent au pavois.
Il n'y avait pas beaucoup de monde ce jour-là à l'Académie, mais on applaudit tout de même les vers et le poète*. Le gouvernement de Louis-Philippe se montra reconnaissant. Le Moniteur du i mai i83i contient une ordonnance du Roi sur la décoration spéciale destinée à commémorer les Glorieuses, la croix de Juillet ; on faisait bien les choses : les honneurs militaires devaient être rendus aux nouveaux décorés aussi bien qu'aux légionnaires. Lemercier figure sur la première liste. Il est assez probable qu'il ne fut point enivré par cette distinction, pas plus qu'il ne l'avait été par la croix.
Il songe à se présenter dans le IX* arrondissement, si-