I . Notes biographiques de M''» Lemercier
jusqu'e:v 1789 5
très considérable ». Elle semble avoir joui longtemps d'un caractère plus que vif : le 27 mai 18 10, elle écrit à son fondé de pouvoirs une lettre furibonde : elle s'emporte jusqu'à appeler le vieux médecin de la famille, Andravi, « un vrai matou » 1
Malgré tous ses défauts son fils fut parfait pour elle : « sa mère était détestable, et pourtant il l'a respectée, et même souvent l'a consolée, en lui dédiant des ouvrages de lui qu'elle aimait, car cette même femme, qui l'avait rendu malheureux, était fière de son fils. Mon père avait distingué cette nuance et lui avait tenu compte de cet orgueil maternel, puisqu'il savait qu'elle était incapable de tendresse ^ » En i8o3, il lui dédiera un poème en quinze chants : Les âges français.
De très bonne heure l'enfant annonce une véritable indépendance de caractère ; il échappe aux influences de milieu : étant l'aîné, il aurait, par sa grand'mère, le droit de s'appeler marquis de Charlevoix ^ ; il refuse le titre, « déjà railleur et insouciant », dit sa fille; il déclare qu'il se contentera du nom de Lemercier. Placé au collège de Lisieux, il sait, quoique boiteux et chétif, se défendre « contre ses camarades, et même contre ce qu'on nomme les chiens de cour. Il eut une épouvantable querelle avec un de ses camarades qui lui enfonça un canif dans la main, et auquel, pour lui rendre la monnaie de sa pièce, il entra un grattoir dans le coP. »