I. Année i835, t. XXIII, p. 2i
sous LA MONARCHIE DE JUILLET 1X3
on ne Tavait vue aux chandelles. L'auteur en avait fait des lectures, en particulier chez la duchesse d'Abrantès : « Je me rappelle cette lecture de la Journée des Dupes, lui écrit la duchesse, oii plusieurs heures s'écoulèrent comme des instants en entendant cette œuvre toute étincelante d'esprit et de talent. Je me rappelle tout cela, et je me la rappelle avec joie et bonheur, et cela est la vérité, parce que j'ai passé l'âge où. les femmes ne la disent pas. »
Chez un autre ami encore, le duc de Fitz-James, Lemercier avait lu sa comédie, devant un certain nombre de personnes. Ces succès mondains avaient probablement trompé le pauvre poète ; le public le détrompa : jouée à la Comédie Française, pour la première fois, le i6 mars t835, la pièce n'a que trois représentations cette année-là, et six en 1887 *.
Ce fut la dernière tentative de Népomucène. Il continua à s'intéresser aux choses et aux gens du théâtre, recommandant M"* Duchesnois à Thiers, alors ministre du Commerce et des Travaux publics, s'occupant des débuts de Rachel, etc. ; mais il sentait depuis quelque temps que sa carrière dramatique était terminée. Ce qui le prouve bien c'est que l'ancien conférencier de l'Athénée avait songé à rentrer dans le professorat. La chaire de littérature du Collège de France étant devenue vacante en i833, les amis de Lemercier posent sa candidature : le Collège de France désigne de son côté Ampère. Guizot pouvait hésiter, lui qui, dans ses Mémoires, rend ainsi