‹ Népomucène Lemercier et ses correspondantsChapitre 42 sur 93 · I. GujzoT, Mémoires, III, ii · texte numérisé non relu

I. GujzoT, Mémoires, III, ii

sous LA MONARCHIE DE JUILLET Il5

d'un roman projeté: « la sympathie de la démence ». C'est riiistoire d'un jeune homme qui épouse une folle ; le mariage guérit la folle, mais le mari se sent devenir fou ; pour se guérir il quitte sa femme qui meurt de douleur juste le jour où son mari réintègre le domicile conjugal : de désespoir, il se tue ! — Une autre fois Lemercier songe à tirer parti de ses études scientifiques, qui ne lui avaient pas été très utiles en poésie, et il compose un « roman physiologique » en deux volumes, Alminti ou le Mariage sacrilège. Il l'offre, suivant son habitude, à ses confrères de l'Académie des Sciences. Le 2 3 décembre i833, le secrétaire perpétuel, Arago, lui envoie un remercîment protocolaire, avec ce posl-scriplum aimable : « permettez-moi d'ajouter à la formule officielle la nouvelle expression de l'attachement le plus vrai et d'un dé- Yoûment sans bornes. » Quel fut le succès du livre ? La Revue de Paris prédit une vente de dix mille exemplaires, mais proteste avec force contre l'immoralité de l'ouvrage : « quand on pense à l'âge respectable de l'auteur et à sa dignité d'académicien, on a quelque peine à comprendre que M. Lemercier ait osé aposliller un pareil livre de son nom et de ses titres. » La sévère Revue dénonce dans cette œuvre « l'accouplement monstrueux d'une fort bonne morale en paroles et d'une révoltante immoralité dans les images et les détails, etc. ' ».

Des environs de Bayeux M"" Lemercier, qui vraisemblablement n'avait pas lu cet étrange Alminti, écrit à son père, le 9 octobre i834: « ton roman est affiché dans

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