‹ Népomucène Lemercier et ses correspondantsChapitre 46 sur 93 · I. Journal d'un poète (Cha.Tpcnlier, 1882), p. i · texte numérisé non relu

I. Journal d'un poète (Cha.Tpcnlier, 1882), p. i

En même temps qu'on le couvrait de fleurs, on s'occupait de savoir qui allait le remplacer à l'Académie, M""* Lemercier elle-même s'en inquiétait fort. Elle aurait voulu que, dès la première réception académique, on fît l'éloge de son mari. Dupin, procureur général près la Cour de Cassation, et Académicien, est obligé de lui expliquer que la chose n'est pas possible : «... il n'est pas d'usage dans un discours de réception de faire l'éloge d'autre académicien que celui qui entre et de celui qu'on remplace. C'est l'académicien nommé à la place de M. Lemercier qui sera chargé de son éloge, ainsi que le Directeur qui répondra au récipiendaire. »

Elle ne devait pas attendre très longtemps : Ancelot, candidat au fauteuil de notre poète, écrit à M"*® Lemercier, le 29 décembre i84o, qu'il se présente, qu'il serait heureux d'être élu, de prononcer l'éloge de son mari : pour se documenter, il demande à M™" Lemercier de lui raconter en détail la vie de l'homme qu'il a dû « se borner à admirer de loin ». Puis, en homme qui sait son La Fontaine, et qui n'a pas oublié l'Ours et les deux Compagnons, il ajoute : « la prière que j'ai l'honneur de vous adresser aujourd'hui, vous semblera sans doute bien hâtive ; elle peut même devenir ridicule si le résultat du scrutin renverse mes espérances. » Et de fait le malheureux Ancelot écrit à M""* Lemercier, le 27 février i84i : « prononcer son éloge eût été pour moi une tâche à la fois douce et facile ; je n'avais à consulter que mon cœur et ma mémoire. Cette tâche, on l'a donnée à un écrivain plus digne que moi, sans doute, mais non pas plus consciencieux ; je l'applaudirai en regrettant. » C'était V. Hugo qui avait été nommé.

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