‹ Népomucène Lemercier et ses correspondantsChapitre 47 sur 93 · LA MORT DE LEMERCIER · texte numérisé non relu

LA MORT DE LEMERCIER

Alexandre Dumas l'avait bien prédit, s'il faut en croire ce passage çle ses Mémoires où il raconte sur Lemercier une méchante anecdote : à une élection précédente, Flourens avait été, à l'Académie, l'heureux concurrent de y. Hugo ; d'après Dumas, Lemercier avait intrigué moins pour Flourens que contre Hugo. Le soir du vote, Népomucène s'en va au foyer du Théâtre Français, et recommence à attaquer V. Hugo : « J'écoutai un instant sa diatribe, ajoute Dumas ; puis, secouant la tête : — Monsieur Lemercier, lui dis- je, vous avez refusé votre voix à Victor Hugo ; mais il y a une chose que vous serez obligé de lui donner un jour ou l'autre, c'est votre place. Prenez garde qu'en échange du mal que vous dites ici de lui, il ne soit obligé de dire du bien de vous à l'Académie. — Et l'événement arriva comme je l'avais prédit'. » La prédiction est même si précise qu'on se demande si elle n'a pas été faite après l'événement. Quant à la chose même, elle était bien difîicile à prévoir : l'idée de donner Victor Hugo comme successeur à Lemercier était peut-être une ironie académique. A coup sûr le succès de Hugo allait réaliser toutes les craintes de la famille Lemercier ; avant même que sa candidature ne fût posée, M"^ Lemercier semblait la redouter : dans la biographie qu'elle commence le ig juin i84o, elle songe que son père sera peutêtre encore une fois victime de Napoléon, qui est plus à la mode que jamais en France, et dont on va bientôt ramener les restes : « Celui qui succédera à mon père pensera à faire l'éloge du héros qui a fait prendre deux fois Paris

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