‹ Népomucène Lemercier et ses correspondantsChapitre 50 sur 93 · CHAPITRE XI LEMERCIER ET LA POSTÉRITÉ · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI LEMERCIER ET LA POSTÉRITÉ

Rester seul est dangereux ; l'isolement ne vaut rien en littérature, à moins d'être un génie de premier ordre, et de pouvoir dire comme le Moïse d'A. de Vigny :

Seigneur, vous m'avez fait puissant et solitaire.

Mais, je le répète, à moins d'être « splendide », l'isolement ne vaut rien pour un poète de valeur moyenne : l'isolé disparaît plus facilement ; il a moins de chances d'être recueilli par l'histoire littéraire.

Ce qui a surtout contribué à diminuer rapidement l'éclat dont Lemercier brillait de son vivant, c'est la mauvaise qualité de son style : V. Hugo avait pleinement raison d'indiquer dans son discours à l'Académie, avec tout le tact qu'exigeait la présence de la famille Lemercier, qu'il était obligé de faire une réserve « sur un point délicat et suprême, sur la condition qui selon moi ouvre ou ferme aux écrivains les portes de l'avenir, c'est-à-dire sur le style ^ ». Ce n'est pas que Lemercier ne trouve, et fort

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