Cf. Legouvé, Soixante ans de souvenirs, I, 5o-5i
mercier éclate pour ses amis ; il tâche même de leur procurer des prix sans qu'ils s'en doutent ; il n'y réussit pas toujours, témoin une lettre de Dunoyer : le 22 août 1826 cet économiste remercie Népomucène d'avoir défendu son livre, d'avoir ainsi honoré l'auteur, de lui avoir fait la meilleure des réclames : a je me flatte que j'obtiendrai du public le prix que l'Accadémie (sic) me refuse. »
Les confrères de Lemercier l'aiment, l'estiment, en dehors de toute sympathie d'opinion : pendant qu'il est membre de la commission des prix Montyon, le très religieux Guiraud recommande un de ses compatriotes au voltairien Népomucène : « je vous prie de l'accueillir avec cette bienveillance qui sied si bien à votre supériorité. » Il est très rare que l'on reconnaisse la supériorité de quelqu'un, à l'Académie comme ailleurs : c'est une chose insupportable, impardonnable, disait Mirabeau *. Lemercier s'arrangeait pourtant de façon que ses confrères le trouvassent à la fois supérieur et sympathique. Il ne connut qu'un moment d'ennui à l'Académie, le jour où il brigua le poste de secrétaire perpétuel contre Villemain, qui fut nommé à bon droit. On lira plus loin la lettre que jM"*^ Lemercier écrivait à son père, de Bayeux, le 28 septembre i834, à ce sujet.
Lemercier ne dut pas en garder rancune à l'Académie, car il lui devait beaucoup ; il appartenait en effet à cette catégorie d'écrivains pour lesquels il n'est pas indifférent d'être ou de ne pas être Académicien : pour certains cela revient à être ou à ne pas être, au point de vue de l'his-