‹ Népomucène Lemercier et ses correspondantsChapitre 58 sur 93 · LEMERCIER ET LA POSTÉRITÉ · texte numérisé non relu

LEMERCIER ET LA POSTÉRITÉ

celle de mon inconsolable perte, c'est celle de rester avec ma fille le seul témoin fidèle d'une vie dont il m'a raconté la première partie, et dont l'autre s'est passée sous mes yeux. J'ai vécu trente ans sa compagne aimée... Je n'existais que par lui et pour lui. Tous ses sentiments devinrent les miens. Ma vie n'est plus à présent qu'un pâle reflet de ses pensées. »

Malgré son inexpérience de la vie littéraire, elle cherche à maintenir le répertoire de son mari à la scène. Elle demande à la Comédie-Française de reprendre Agamemnon avec Rachel dans le rôle de Cassandre. Elle ne réussit pas, cette fois-là, mais du moins elle obtient qu'on reprenne Frédégonde et Brunehault en i8/i2 ; et, peutêtre parce que Rachel joue Frédégonde, la tragédie a six représentations cette année-là \ Pour l'époque, et pour une tragédie vieille de plus de vingt ans, c'était un succès; aussi, le 2 juin i8/i3, Ambroise Firmin-Didot propose à la veuve d'insérer dans sa Collection des Chefs-d'QEuvre de la Littérature Française Agamemnon et Frédégonde : « cette collection est destinée par l'extrême modicité de son prix à être très répandue, ce qui sera sans doute agréable à M™* Lemercier, puisque c'est un moyen de propager quelques-uns des ouvrages de M. Lemercier, qui est une gloire de la France. »

M™* Lemercier s'efForce également d'entretenir les relations de son mari : elle offre un de ses manuscrits à Salvandy qui a été très aimable pour Népomucène, dans sa réponse au discours de V. Hugo^; elle fait remettre un

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