‹ Népomucène Lemercier et ses correspondantsChapitre 66 sur 93 · I. Montagne qui domine Chambéry · texte numérisé non relu

I. Montagne qui domine Chambéry

LES CORRESPONDANTS DE LEMERCIER l6l

Je suis surtout enchanté de ce que vous êtes très content de ma dédicace d'Hamlet, non plus aux mânes de mon père, mais à la mémoire de mon père. Ces expressions seront plus simples, et conviendront mieux à la prose et au style de ma dédicace filiale. Elle est sortie, comme Hamlet, de mon cœur et du plus profond de mon cœur. Je brûle d'envie de savoir que notre mélancolique Talma est admirable dans mon mélancolique Hamlet. Ce sera une fête pour ma famille et mes amis de Versailles que Talma nous en régale ici. J'espère, mon cher ami, que vous serez avec nous. Ma sœur est très sensible à l'honneur de votre souvenir. Gérard m'a fait dire par Peyre, fils de ma femme, qu'il ne s'opposait plus à ce que l'Epître que je lui ai adressée, fût lue publiquement à la séance prochaine de notre Académie. Il était décidé qu'elle ne le serait point. Suard, notre secrétaire perpétuel, en était prévenu d'abord par Gérard, et ensuite par ma réponse à sa lettre sur ce sujet. Vous savez ce que je vous ai dit. Toute mon affaire est faite, puisque Gérard est content, et que je lui ai marqué mon amitié et ma reconnaissance par mon épître. Les choses peuvent rester comme elles sont. Si la lecture avait lieu, alors, ce n'est pas mol qui lirai, ce sera un de mes confrères, Legouvé, qui lit très bien. Mon mal de gorge m'en empêche. Alors aussi l'épître pourrait paraître imprimée, le même jour de la lecture. Et ce serait Didon *, Tami de Gérard, qui l'imprimerait. Enfin, je consens à tout, excepté à lire moi-même. Mon médecin ne veut

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