‹ Népomucène Lemercier et ses correspondantsChapitre 76 sur 93 · D. DE FITZ JAMES · texte numérisé non relu

D. DE FITZ JAMES

De DAUNOU

3 février 1818.

J'ai l'honneur de saluer Monsieur Lemercier et de lui envoyer le cahier de janvier du journal des Savans, 011 se trouve le premier article de M. Raynouard sur son excellent cours de littérature. Le cahier de février qui contiendra le a** article ne paraîtra qu'à la fin de cette semaine : je le ferai parvenir à M. le Mercier.

Il importerait beaucoup aux Héritiers Chenier d'avoir un exemplaire ou de prendre une copie des pièces ajoutées au volume imprimé à Rruxelles, et sur tout du discours, « si l'erreur est utile aux hommes. »

Je viens de lire l'introduction qui commence le tome IV du cours de littérature de monsieur Le Mercier et il m'est impossible de ne pas lui en faire des remerciemens parti-

culiers, quoique je lui en doive déjà beaucoup pour les 3 volumes précédens. Je le prie de vouloir bien les agréer ainsi que l'assurance de ma profonde estime et de mon dévouement.

Daunou.

Paris, 3 févr. i8i8

De TALLEYRAND

i8 février i8i8.

M. de Talleyrand, en rentrant, hier, dans son cabinet, n'y a plus trouvé Monsieur Le Mercier qu'il venait de quitter et a été ainsi privé de sa visite; il lui propose de l'en dédommager en venant dîner chez lui demain Jeudi 19 de ce mois.

Il a l'honneur de renouveler à Monsieur Le Mercier l'assurance de tous ses anciens sentiments.

Paris, ce 18 février i8i8

De RŒDERER

10 avril 1819.

Le Samedi Saint

Combien de belles choses, Monsieur, vous avez semées

dans ces Enfers, et quelle variété * ! Comme vous jouez sur les surfaces, et comme vous pénétrez dans les Cavernes î vous entrez tout au fond avec la politique, la peur, la conscience.

On vous reprochera encore des témérités de style. Il seroit selon moi moins injuste de vous reprocher quelques négligences. Les témérités d'un écrivain tel que vous sont toujours raisonnées : ce sont des hardiesses légitimes, qui peuvent bien n'être pas reçues dans lajile des expressions du jour, comme hier à longchamp on a dit a de fort beaux équipages qui arrivaient de divers côtés, vous ne couperez pas la file, allez prendre la file. On laisse passer la file et l'on vient à son tour.

Agréez, Monsieur, mes affectueux hommages et mes remercîments pour ce bel ouvrage que je n'ai pas encore lu en entier, mais dont j'ai relu plusieurs fois nombre de morceaux. Votre chêne mourant est un poëte bien éloquent. Le 6^ chant, le soulèvement du parterre surtout, sont de main de maître, mais celle main là : en écrivant en enfer, a pris un air de griffe, qui lui sied très bien. Notandisunttibi mores.

Vous seriez bien aimable de me donner un jour dans la semaine prochaine pour dîner chez moi avec quelques amis, vous savez qu'il n'y a qu'un pas de ma maison aux champs élisées : ce sont vos domaines. Indiquez moi un jour à votre choix, que je vous puisse remercier à mon aise.

Rœderer.

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