DUPATY
Ce 20 X*^ tib.
De VICTOR HUGO
21 mars 18/16. *
Madame
Votre noble adhésion me va au cœur. Vous êtes de ces femmes rares qui ajoutent encore à un beau nom dignement porté. Etre compris par vous, c'est un bonheur pour moi.
Je mets à vos pieds mes humbles respects
Victor IIugo.
21 Mars
I, Le cachet de la poste ne laisse pas lire le dernier chiffre du millésime, mais il est facile d'y suppléer. Le 19 mars i846, V. Hugo avait prononcé à la Chamhre des Pairs un discours en faveur de la Pologne : on sait le zèle de N. Lemercier pour les Polonais.
De SAIME-BELVE
i8 mai i846.
Ce i8 Mai
Madame J'ai l'honneur de recevoir la lettre que vous m'adressez, et j'éprouve quelque embarras à y répondre. Je voudrais ne le faire en eflét qu'en ne blessant en rien un sentiment que je reconnais aussi respectable et aussi digne d'être honoré que l'est celui qui vous anime. — Mais, Madame, permettez moi de vous dire qu'il y a quelque méprise dans la manière dont vous me faites l'honneur de vous adresser à moi. J'ai trouvé dans les papiers d'un ami qui m'était cher à tous les titres le programme ou plan d'un ouvrage sur la littérature dite de l'Empire ; j'ai publié ce plan ; il se trouve que M. Lemercier y occupe une place, car il en a occupé une grande dans la littérature de son temps. J'ai reproduit les deux ou trois lignes très abrégées qui le concernent, et qui n'indiquent que d'une façon très générale le dessein de mon ami '. Il
I. C'est son article sur Charles Labillc, public dans la Revue des deux Mondes du i" mai i846, et reproduit dans les Portraits Littéraires, tome III, p. 362 et suiv. A la page S;^, Sainte-Beuve donne en effet le titre que C. Labitte projetait pour le ix' chapitre de ses Poètes de la Réoolution et de l'Empire, titre qui inquiète M""" Lemercier, légitime propriétaire des œuvres inédites de son mari : « Lemer-
LES CORRESPONDANTS DE LEMERGIER 28q
paraît que dans ce dessein devaient entrer quelques pièces inédites, lettres ou autres, dont M. Labitte savait ou croyait savoir l'existence et les sources. Il a emporté avec lui le secret de ce travail, et les matériaux se bornent à des notes de lui. Ces lettres inédites dont il parle ne sont autres, sans doute que de ces billets tels que chacun en écrit chaque jour, mais qui ont du prix venant d'un homme célèbre, et qui peuvent ajouter à l'intérêt d'une biographie. J'ai l'honneur au reste de vous le répéter, Madame, mon ami a emporté avec lui le secret du travail dont je n'ai retrouvé que le plan ; et il m'a paru digne d'être publié, chacun restant hbre d'en accepter ou d'en contredire les simples aperçus. — Je n'ai donc rien, Madame, à communiquer de plus que ce simple plan qui est publié; je n'ai d'ailleurs conservé aucun des papiers de M. Labitte, et après mon travail fait, je les ai remis à qui me les avait confiés \
Le sentiment de famille, Madame, a des droits sacrés ; il donne même celui d'adresser à un écrivain qui n'accepte de toutes les qualifications que le titre d'honorable, une sommation du genre de celle qui m'arrive aujourd'hui. Pourtant la critique aussi a ses droits et je ne crois pas les avoir excédés. J'ai quelque peine à comprendre com-
cier, ou le précurseur des innovations. Il est le prédécesseur de Victor Hugo, son successeur à l'Académie (Pièces de théâtre inédites de sa jeunesse et du temps de la Révolution ; lettres autographes.) » -- Monsieur Jules Troubat m'a accordé l'autorisation de publier ces leux lettres : je tiens à lui exprimer publiquement toute ma gratilude. °