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Personnages qui peuvent être admis dans le cortège de Neptune.
Je voudrais parler maintenant de divers personnages que leur nature humide rend aptes à figurer dans le cortège de Neptune.
Je nommerais d’abord Hippa, une des nymphes de Nyse, celle qui prit soin d’allaiter Bacchus, dieu soleil. Hippa, ou la Cavale, était le ciel nuageux. Personne ne pouvait mieux qu’elle allaiter le soleil d’hiver
Je n’oublierais ni les Centaures, pluies d’orages qui entraînent les pierres et les arbres, et dont Chirori , le plus ancien , pluie égale et salutaire , enseigna l’art de jouer de la lyre à Apollon, à Hercule, à Esculape ni les Amazones, prises pour des
(i) Clavier, NoUs sar Apoüodore, tom. U, pag. 371. — Sèvin, Afèmoire sar les Nourrices de Bacchas, Acad. de< Jiucrip. tom. V, pag. 37 et suiv.
(a) J'ai composé postèriearement une dissertatioii sur les Centaares.
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femmes qui avaient sacrifié une de leurs mamelles, déesses Nuits, toujours à cheval, desquelles Bacchus fit un si grand carnage en partant pour l’Inde , et qu’il joignit au contraire à son armée quand il en revint pour régner l’hiver sur nos climats
Je parierais de Géryon, chef des troupeaux célestes, je parierais du chien Othrus, gardien de ces
(i) Les Amazones étaient, disait-on, filles de Mars et de la naïade Nais , nommée aussi Harmonie . nymphe du Thermodon. Pherecyd . Fragment, lih. II, S 6, pag. 93. Ed. Sturz, 1789 , in-S*. — Apollon. Rhod. Argon, lih. II, vers. 873, seqq. — Quelques-unes portaient les mêmes noms que les Pléiades et les figures de ces divinités étaient représentées sur le péplos des Amazones. Elles faisaient la guerre sans cesse , et étaient toujours à cheval. Divisées en trois tribus , à l'instar destroissaisons. Apollon.Rhod. Aryon.Tib. II, v. 373,seqq. — Avaient un temple consacré à Diane Lycéa , c'est-à-dire , à la Lune éclairant le monde. Pausan.lib.il, cap. xxxi. — Unhas-reliefdu Musée britannique les représente combattant les griffons, animaux fabuleux formés de l'Aigle et du Lion, symboles de la plus forte vue. Collect. de Tovrnley, n" 4. — C'est au travers des airs que Bellérophon, monte sur Pégase , fond sur elles et il en demeure vainqueur. Homer. JL vt , 186. — Pindar. Olymp. xin , v. 1 3 i , seqq. — Apollod. lib. Il , c. ni , S 3. — Bacchus partant pour l'Inde en fait un grand carnage (Plutareb. Qnaut. gr. lib. I , p. 3 o 3 ), et il les incorpore au contraire dans son armée, tant lorsqu'il va faire la guerre aux Bactriens, que lorsqu’il en revient, soit pour combattre le roi Lycurgue , soit pour régner l'hiver sur nos climats. Polyæn. Stratag. lib. I, cap. r , pag. 1 3 , i 3 , ed. in-8*. — Nonnus, Dionys, lib. XIX. — Winckelmann cite une monnaie de Samos, qu'il dit unique, représentant Bacchus qui combat une Amazone. Winckelm. de AUeg. tom. i, pag. 108. — Vajilant, Nnrn. ; Mus. de Camps, pag. 1 1 4. — D'après ces données, je crois pouvoir conclure que les Amazones étaient les trois cent soixante-cinq nuits de l'année. J’ose penser que le savant Court de Gébelin , lorsqu'il dit que les Amazones étaient les nuits de l’Équi-
troupeaux , et d’Hercule , dieu soleil , qui leur ravit leurs prétendus bœufs; de Géryon à trois corps, épaisse fumée, noire, jaune et blanche, semblable à celle qui s’échappe d’un fer rouge quand il est subitement treriipé dans l’eau.
Je parlerais des Géants qui entassent montagnes sur montagnes, et semblent vouloir escalader les deux; des Muses, des Sirènes, de Scylla, de Charybde et de plusieurs autres; mais j’ai promis d’être court : tout m’avertit qu’il est temps de finir.
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Durée du culte de Neptune et des jeux célébrés en son honneur.
~ Causes de cette durée.
Les jeux exécutés en l’honneur de Neptune nous apprendront peu de chose. Deux seulement entre les plus connus ont acquis une grande célébrité, ce sont les Isthmiques et les Neptunaliens de Rome. Suivant l’opinion la plus générale, les Isthmiques furent fondés par Thésée ; il voulut deux choses
noxe, n'a vu qu'une partie de la vérité. Monde primit. Gen. alleg. des anciens, tom. II, pag. 319 . — Le curieux Bacchus de Samoa, cité par Winckelmann et par Vaillant , aurait dissipé tous mes doutes s’il eût pu m'en rester. Accessoire important de la légende de Neptune, celle des Amazones n'en doit point être séparée. Les chevaux de Neptune sont de l'eau, ceux des Amazones les humidités de l'air; mais c'est toujours de l'eau, en état de liquide ou de fluide, là est la différence.
( 1 ) Plutarq. Vie de Thés, ch, xxv, t. I, p. 53 Reisk.
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dans cette institution , égaler Hercule le Thébain , son compagnon, qui avait renouvelé les jeux Olympiques, et de plus rendre hommage à Neptune, qui passait pour son père, à cause d’Æthra, devenue grosse, disait-on, au bord de la mer. L’origine de ces jeux lut comme celle des jeux Olympiques, environnée de fables. On les crut étabbs auparavant pour la mort de Mélicerte, jeune enfant précipité dans les flots par Ino, sa mère, qui s’y était jetée avec lui, et avait été rapportée sur les bords par un dauphin En mémoire de cette mort, les jeux avaient l’apparence du deuil , la couronne donnée au vainqueur était d’ache , fleur réputée funéraire.
Les Neptunaba, fondées par Romuius sous le nom de Consaalia en l’honneur du dieu qui donne de bons conseils®, fiment bientôt consacrées à Neptune, et prirent à son occasion le nom de Neptiinaba
Ce qu’il y a de plus remarquable dans ces jeux, c’est leur durée , car une inscription qui se voit à
(1) Od crut aussi que les jeux avaient été fondés par Sisyphe en l'honneur de Mélicerte. On voyait près de l'endroit où ils se célébraient, un temple en l'honneur de Neptune, et plusieurs statues en bronze de ce dieu. — Pausan. lib. II, cap. i et ii. — Corsini, Dmeriat. iv, Istbmia, pag. 8i, 8î, seqq. '
(2) Plutarch. Vie de Romul. cb. xv, 1. 1 , p. 108 Reisk.
( 3 ) Romuius ludos ex iudustria parat Neptuno equestri solemnes : CoAsualm vocat. Tit. Liv.libl,cap. ix. — Neptunalia a Neptuno. Varro, de lÀmj, lat.Vih. V, ed. Schlegel. pag. 56 . — Tertul. de Spcctac. cap. v.
Rome, dans le palais Ghigi, prouve complètement que les jeux isthmiques se célébraient sous les empereurs Valentinien et Valens>'>, par conséquent vers les années 376 de J. G. environ; et Pierre Faber, dans son Agonisticon , fait voir que les Neptunalia se célébrèrent encore, soit à Rome, soit à Gonstantinople, et dans ce temps et même après, jusqu’à Justinien I®). Ges époques tardives, au surplus, n’étonneront personne si l’on considère qu’adorer Neptune c’était honorer l’Eau, que les polythéistes instruits le savaient bien , et qu’il s’agissait dans la réalité du transport des grains et de la subsistance de Rome.
En effet, dès le règne d’Alexandre le Gonquérant, l’antique Égypte avait senti s’affaiblir et s’éteindre son ancienne aversion contre le commerce extérieur. Rome, sous les empereurs, avait reconnu, de son côté, qu’elle devait, non-seulement pom* sa sûreté, mais pour son existence, favoriser le culte de Neptune. Les monnaies romaines sur lesquelles ce culte est rappelé sont innombrables. Jamais une seule ville n’a été illustrée par tant de médailles que le fut , sous les empereurs romains , Alexandrie d’Égypte , devenue le dépôt du commerce des blés. Jamais on n’a vu tant de monnaies représentant une branche d’olivier, une corne d’abondance, l’espérance, un
(1) Corsini, Disserl. iv, pag. 99, 100.
(a) P. Fab«r. Agonisi. lib. III, cap. xxix. Ap. Græv. tom. VU, pag. a2.ia.
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dauphin, une ancre, un trident, im phare, Isis Pharia avec une voile déployée, des tritons, des hippocampes , Mercure debout avec son caducée , et Neptime lui-même ; jamais on ne grava si souvent un serpent debout siur un cheval courant, monnaie qui seule expliquerait le sens du serpent, s’il n’était pas connu. Le temps ne changea rien à ces symboles; les siècles suivants conservèrent toujours les mêmes signes, ou d’autres également expressifs, la paix, l’épi, la double corne d’abondance. Mercure debout avec son caducée , ou Neptune tenant son trident. Le règne seul de Claude le Gothique montre trois fois Neptune dans le commerce d’Alexandrie; d’abord debout, le pied di’oit sur un dauphin, im épi dans la main droite, son trident dans la gauche W; une seconde fois, dans une position parfaitement semblable à celle-là; une troisième fois, le pied droit sur un rocher, une palme dans la main droite et la gauche sur son trident®. Le temple de Neptune, à Ostie, était encore debout® au temps de Valentinien; il échappa même aux renversements ordonnés par Théodose. Ce qui peut le faire croire, c’est qu’en SgS, année de la mort de ce prince, il permit le rétablissement de l’autel
(i) Mionnet, tom. VI, pag, 469, n° 343o.
(j) Ibid. pag. 470, n° 34a8 et 34jg.
(3) M. Beugnot, Hitloire de la deshvcl, du Paganisme, tom. I, pag. 368.
de la Victoire, et ordonna que l’apport du blé à Rome fût plus considérable qu’il ne l’avait été auparavant f**.
Les mystères d’Éleusis se célébraient en 3g6 , lorsqu’ Alaric assiégeait Athènes La raison d’état l’emporta sur les considérations religieuses.
Le commerce s’agrandissait chaque jour; les relations de pays à pays s’étendaient et se fortifiaient autant que le permettaient les temps. Dès le siècle de Justinien , l’amour passionné des Romains poui’ les marchandises de l’Inde favorisait ce genre d’importation ; elle avait lieu par caravanes , et enrichissait tous les pays qui servaient d’entrepôts. Ce commerce se faisait aussi directement, et par mer, dans les ports méridionaux de l’Égypte. La boussole ne tarda pas à être inventée ou connue. Les croisades mêmes développèrent l’activité du génie moderne. La raison universelle enfin jugea que les rapports commerciaux des peuples étaient la source de la richesse publique.