‹ NéridahChapitre 32 sur 52 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

La dernièra apparitioii.

Alfred Harlley revint au château deux heures plus tard, comme il l'avait annoncé, et se h&ta de se rendre à la chambre de son oncle. Le nabab, après avoir cédé pendant un temps assez long à un sommeil d'épuisement, s'était réveillé plus dispos et faisait un lunch léger avec des biscuits et du vin d'Espagne. A la vue d'Alfred, il se leva précipitamment i

« Ah! te voil&t dit-il ; 0(1 étais-tu donc? Je

200 NÉKIÛAH.

ne veux plus que tu me quittes... Ah çàrl ajoutat-il aussitôt, es-tu prêt à remplir ta promesse ?

— Un moment de grâce, mon X)ncle, répondit Alfred; vous êtes encore bien pâle!

— Et toi, tu as pris un engagement que tu ne peux tenir, répliqua John avec impatience ; ah ! pourquoi m'as-tu trompé ?

— Je ne vous ai pas trompé ; seulement je crains...

— En ce cas, partons... A moins que tu ne veuilles faire l'évocation ici même.

— Non, non, pas ici, mon oncle... Allons I puisque vous vous croyez assez fort pour tenter répreuve, descendons dans le parc.

— Dans le parc ?

— Oui, c'est là que vous verrez... Suzanne. » John fut prêt en un instant; puis Toncle et

le neveu se prirent par le bras et, sortant du château, s^engagèrent sous les longues allées de chênes et de sycomores qui s'étendaient à Tentour.

Le soleil se couchait en ce moment parmi des nuages de pourpre et d'or. Le ciel était resplendissant et, pendant que la cime des grands arbres baignait encore dans la lumière, Tombre commençait à s'étendre sous l'épaisse voûte de feuillage. Un calme profond régnait au loin, et,

sauf quelques oiseaux qui, cachés au milieu de la verdure, chantaient à leur manière l'hymne du soir, aucun bruit ne s'élevait dans la campagne.

L'oncle et le neveu marchaient côte à côte, sans rien dire. Tous les deux étaient pensifs ; John semblait s'abandonner à quelque rêve agréable, tandis qu'Alfred ne pouvait cacher une anxiété croissante. Comme on se dirigeait vers une jolie pièce d'eau, située à l'extrémité du parc et qui était formée par une source jaillissanl d'une grotle en rocailies, le nabab dit à son compagnon :

« Il est donc vrai, Alfred, que ce parc, comme le château, est fréquenté par les Esprits?... C'est tout près d'ici, que, hier au soir, l'Esprit de la reine Edith, fille de Godwin, nous est apparu & Karl et à moi... Seulement il était alors tout à fait nuil.

— Je le crois bien, mon oncle, répondit Alfred d'un ton moqueur, car, s'il eût fait jour, vous n'eussiez pas manqué de reconnaître, dans Edith, fille de Godwin, la somnambule M'"'' Jellous qui, au lieu d'aller se promener à la ferme des Oaks, était rentrée furtivement au château pour se costumer en reine de l'ancien temps... Ah ! elle a eu bien peur, ainsi que ce coquin de Karl,

quand, au milieu de la mascarade, ils ont entendu tout & coup le rire « infernal >? qui partait du milieu des buissons 1 .

— Comment! tu sais...

— Parbleu ! comment Tignorerais-je, puisque c'était moi qui, caché 4ans les hautes h^bes, n'ai pu m'empêcher d'éclater de rire en voyant cette intrigante remplir çon rôle.

— Toi! toi!.i.. Tu étais, donc ici hier au soir déjà) et tu n'es pas arrivé aujourd'hui seulement, comme je le croyais ?» . .

Alfred né répondît pas.

ce Ah ! tu ne veux me laisser auçuqe illusion, aucune espérance ! reprit John en poussafit>un douloureux sOupir; sans <iue je >piûsse çpmprendre comiment, tu as vçillé invisible sur moi, tu as pris à lâche de nsie protéger.œntre les autres et contre n^oi-mème..;Mais, si les Esprits n'existent pas, ou du moins s'ils ne peuvent se manifester aux pauvres naortels, comment tiendrasrtu là promesse ?

— Vous allez voir, mon oncle, » dit Alfred.

On était arrivé au bassin, encadré de verdure,

où l'eau, sortie de la grotte, tombait en cascatelles avec la limpidité du cristal. La grotte elle-même était profonde, obscure, et des arbustes verdoyants en ombrageaient l'entrée. Dans ce lieu

frais et poétique régnait une sorte de recueillement, tandis que les éclatantes nuées formaient au-dessus une coupole de feu.

Alfred fit asseoir le nabab sur un banc de gazon, non loin de la grotte. Pour lui, il demeurait debout et muet. Son inquiétude semblait redoubler à mesure qu'approchait le moment décisif.

Johii s'abandonna d'abord au charme irrésistible de cette solitude, admirant le flot qui, dans sa chute, reflétait les couleurs de l'arc-en-ciel, écoutant le murmure plaintif de la cascade; mais bientôt son idée fixe lui revint.

« Et Suzanne? dit il; où est Suzanne?

— La voici I » répliqua Alfred en se tournant vers la grotte et en élevant le bras au-dessus de sa tête.

Alors apparut, au fond de la grotte, dans l'encadrement de verdure, une forme gracieuse et légère, qui se dégagea rapidement des ténèbres* Quand elle fut sur la zone lumineuse, on put distinguer une femme, ou plutôt une très jeune fllle^ vêtue d'une robe blanche. De longs cheveux blonds flottaient sur ses épaules, et elle n'avait d'autre coiffure qu'une couronne de bleuets. Ses yeux étaient bleus comme les fleurs de sa couronne, et un charmant sourire entr'ouvrait ses lèvres de corail. Cette apparition, dans un lieu

pittoresque et solitaire, sous les rayons du jour mourant, au milieu d'un silence profond, avait un caractère presque surnaturel.

John s'était levé avec impétuosité, et penché en avant, la poitrine haletante, les yeux démesurément agrandis, il murmurait :

« Oui, oui... c'est bien Suzanne! »

C'était Suzanne, en effet; non pas telle qu'elle se trouvait aux Nilgheries, quand les fanatiques de l'Inde la livrèrent à la dent venimeuse d'un cobra, mais telle que John l'avait vue pour la première fois, lorsqu'elle était encore toute jeune fille. Même doux regard, même chevelure blonde des filles d'Albion, même tournure svelte et élégante. A mesure que Tapparilion approchait, les traits de ressemblance devenaient plus frappants, et John éperdu, ravi, s'écria :

<c Suzanne! Suzanne! »

Alfred, remarquant la vive impression qu'éprouvait son oncle, sembla reprendre courage.

ce Oui, dit-il à demi-voix, Suzanne à quatorze ans.... Suzanne dans toute sa candeur, toute sa grâce enfantine et sa naïve tendresse. »

L'apparition s'approchait lentement, avec une sorte de timidité. Elle ne cessait de sourire et, en marchant, elle tenait ses yeux fixés sur le nabab en extase; mais, à mesure qu'elle avan-

Oui, oui..., r'esl bien Suzanne!

çait, son embarras semblait redoubler. Arrivée à quelques pas, elle s'arrêta. Elle ne parlait pas ; mais, quoique le sourire errât toujours sur ses lèvres, des larmes tremblaient comme des gouttes de rosée à ses longs cils.

John, de son côté, n'osait ni pa^rler, ni se mouvoir, de peur de faire disparaître le ravissant fantôme.

a Mon oncle, s'écria Alfred qui avait lui-même les larmes aux yeux, vous pouvez embrasser cette Suzanne sans crainte.... Elle ne s'évanouira pas dans les airs, comme l'autre que Karl produisait au moyen d'un appareil fantasmagorique....

Voyez, elle vit, elle agit.... elle peut souffrir, penser et aimer ! »

Au même instant, la jeune fille sortit de son immobilité et s'élança, les bras ouverts, en s'écriant :

a Mon père.... mon bon père! ne me reconnais-tu pas ? »

Et John se sentit enlacé frénétiquement, couvert de baisers.

Il rendit à l'enfant ses caresses avec transport.

« Néridah ! disait-il en pleurant lui-même ; Néridah, ma fille chérie.... l'image vivante de ma Suzanne ! «

Alfred, qui semblait avoir beaucoup redouté le résultat de celle crise , reprit d'un ton très ému :

« Oui, mon oncle, c'est Néridah.... mais c'est aussi Suzanne ! C'est le même sang, le même visage, la même âme douce et tendre.... Et puisque le ciel vous a ravi l'autre, en attendant que vous la retrouviez dans un monde meilleur, aimez celle qui vous reste.... Elle vous consolera, elle embellira votre existence.... Telle est la « matérialisation de Suzanne » que je vous ai promise! »

Le père et la fille, à la suite de cette réconciliation touchante, s'assirent sur le banc de gazon. Néridah serrait les deux mains de John contre sa poitrine.

« Oh ! père chéri, disait-elle, promets-moi que tu ne m'abandonneras plus....

— Pardon! pardon ! ma fille.... Et que ta mère me pardonne!... J'avais perdu la raison, j'étais sous une funeste influence !... Cependant, en dépit de mes actions et de mes paroles, je n'ai jamais cessé de t'aimer. La nuit dernière encore, j'ai été bouleversé par un rêve où je croyais t'entendre et te voir. . . .

— Mon père, répondit Néridah dont la jolie bouche retrouva un sourire, c'était moi en effet...

Et raffeclion que vous me témoigniez, après cette longue séparation, me réjouissait le cœur.

— Quoil je ne rêvais pas? C'était toi en chair et en os !... Comment as-tu pu pénétrer ainsi dans ma chambre?

— Alfred vous expliquera cela, répondit la petite en souriant toujours; mon père, pour moi comme pour vous, Alfred a été une véritable Providence, et nous lui devons notre bonheur présent. »

John Hartley contemplait Néridah avec un plaisir mêlé de surprise.

« C'est étrange ! disait-il ; comment n'ai-je pas été frappé jusqu'ici par l'étonnante ressemblance de Néridah avec Suzanne ? 11 me semble qu'il y a quelque chose de changé en elle; je ne puis comprendre....

— Cher oncle, répondit Alfred, un changement s'est opéré, en effet, dans la personne de ma cousine; naguère encore, ses cheveux étaient noirs comme l'aile d'un corbeau....

— Et maintenant ils sont blonds comme les blés mûrs ! s'écria John en caressant de la main la chevelure soyeuse de sa fille : comment s'est opéré ce prodige? Est-ce que les Esprits....

— Il n'y a pas d'Esprits là dedans, oncle John : les cheveux de Néridah ont tout bonnement re-

couvre leur couleur naturelle. Depuis sa naissance, ses nourrices indiennes, soit pour les préserver de je ne sais quelle maladie locale, soit pour obéir à quelque superstition de leur pays, avaient teint ses cheveux au moyen d'une drogue fort connue dans rinde. Ce qui les excuse, c*est que ma tante elle-même avait autorisé Tu sage de cette teinture, et les pauvres femmes, dans leur naïve ignorance, ne crurent pas devoir y renoncer après la mort de Suzanne. Fatale circonstance dont les suites ont été terribles ! A raison de cette couleur de cheveux, on a répandu les bruits les plus ridicules, les plus infâmes. Ce misérable Karl, qui les connaissait, en a profité avec une habileté infernale pour vous abuser, vous rendre injuste et cruel.... Dès que j'ai su le fait, j'ai pris des informations et la vérité s'est aisément découverte. Désormais, mon oncle, Néridah sera blonde comme une Anglaise, comme sa mère; Nana et Tata ont promis en pleurant de renoncer à cette sotte habitude, qui donnait une autre physionomie à la chère enfant.

— Ah! j'étais insensé! dit John avec tristesse; jamais je ne me pardonnerai mon odieuse conduite envers la fille chérie de Suzanne ! »

Plusieurs personnes étaient arrêtées à quelque distance, dans l'ombre qui se formait déjà sous

les massifs de vieux arbres. Alfred se tourna vers elles et fit un signe ; aussitôt elles accoururent avec empressement; c'étaient Mme Swift, Jenny et le petit Samuel.

Tous regardaient John avec une certaine appréhension. Alfred s'en aperçut, et leur dit d'un ton amical :

ce Le rapprochement tant souhaité qui, pour une part, est votre ouvrage, se trouve enfin accompli. Cette journée qui a rendu la voix à ce cher enfant, qui a vu la punition d'un grand criminel, n'est pas moins heureuse pour mon oncle et pour ma cousine...

— C'est vrai! s'écria le nabab avec chaleur; mais comment se fait-il, Alfred, que les dames Swift aient contribué pour une part, comme tu dis, à notre félicité présente ? »

Alfred sourit.

« Mon oncle, reprit-il, pour mener à bien ma tâche, de nombreux associés m'étaient nécessaires... Pendant qu'à Londres la police travaillait en ma faveur, j'avais besoin, ici même, d'amis intelligents et dévoués, prêts à seconder mes efforts. Les dames Swift ont été pour moi ces auxiliaires précieux. Depuis plusieurs jours déjà, je suis venu, sous un déguisement, habiter leur maison. Elles m'ont tenu au cou-

rant de tout ce qu'il m'importait de savoir à votre sujet, et Samuel lui-même m'a fourni bien des indications précieuses... Oui, mon oncle, c'était une véritable conspiration de parents et d'amis pour vous arracher aux intrigues des scélérats. Cependant nous eussions pu trouver d'extrêmes difficultés à la besogne, si une circonstance favorable, presque miraculeuse, n'était venue à notre aide.

— Une circonstance... miraculeuse I répéta John toujours en éveil quand il s'agissait de prodiges ; de quoi s'agit-il donc ?

— Ce que vous ignorez, mon oncle, et ce que votre précipitation à acquérir le château de la reine Edith ne vous a pas permis d'apprendre, c'est qu'il se trouve une communication souterraine entre ce château et la vieille auberge du Cygne. Sans doute, dans l'ancien temps, l'existence de ce passage était le secret des seigneurs châtelains, qui pouvaient ainsi sortir de chez eux, la nuit comme le jour, sans être vus de personne. Peut-être a-t-il servi à commettre de mauvaises actions ou des crimes; toujours est-il qu'il était oublié de tout le monde, sauf des dames Swift, qui occupent l'auberge depuis plusieurs années.

« Quand je leur ai révélé mes projets, elles

m'ont fait connaître ce souterrain, que je me suis empressé de visiter. Il est encore dans un état parfait de conservation, et j'ai ouvert sans peine les deux ou trois grilles de fer rouillé qui le coupent en différents endroits. J*ai pu ainsi pénétrer, à diverses reprises, dans ces vieux bâtiments.

« Mais ce n'est pas tout. Le passage communique avec des couloirs secrets, qui conduisent à presque toutes les pièces et permettent d'épier ce qui s'y passe. Vous voyez quel avantage j'ai pu tirer de tout cela pour produire les merveilles qui ont confondu Karl et vous ont tant étonné vous-même. Ainsi les dames Swift, avec l'ami Samuel, étaient venues aujourd'hui par ce souterrain, quand s'est produit le vacarme dont les habitants du château ont été si fort alarmés. La bonne Mme Swift renversait les meubles dans une pièce, en poussant de grands cris, tandis que miss Jenny, sur un autre point, frappait avec un gros bâton sur les tables et les armoires. Quant à Samuel, il s'était chargé de jouer du gong et du tamtam, quand j'entrerais dans la maison... »

Pendant ce récit, John paraissait confus et baissait les yeux. De leur côté, les dames n'osaient pas rire et détournaient la tète. Samuel

sauta sur les genoux du nabab, et lui dit de sa voix encore embarrassée et hésitante :

« Monsieur Hartley.... j'ai agi de cette manière... parce que je vous aimais bien I »

John embrassa l'enfant, et dit avec vivacité :

« Allons I il n'y avait que moi de fou dans tout ceci... Mais pendant ce temps où était, que faisait Néridah ?

— Néridah, mon oncle, est arrivée seulement hier au soir, par suite d'un télégramme que j'avais adressé à mon père* Elle était accompagnée de ses gouvernantes indiennes, qui, vous le savez, ne la quittent jamais. Je suis allé la chercher à la gare du chemin de fer et je Tai conduite à l'auberge du Cygne, où elle a été de la part des dames Swift, l'objet des soins les plus délicats. Cependant ce matin, au point du jour, je n'ai pu résister au désir de tenter une épreuve ; je voulais m'assurer du degré d'affection que vous conserviez pour votre fille. Je l'ai donc introduite dans votre chambre, par une porte secrète, pendant que vous dormiez encore. Vous avez cru être le jouet d'un rêve, mais c'était bien Néridah qui vous prodiguait ses caresses innocentes, vous adressait ses timides reproches... J'assistais à cette entrevue, caché derrière une draperie; et, craignant que la chère petite ne

finît par se trahir, je me suis empressé de Tentraîner... Mais Tépreuve avait réussi; j'étais certain que vous aimiez toujours votre fille, et cette certitude me donnait le meilleur espoir pour le succès de mon entreprise. »

John demeura un moment rêveur ; enfin il donna une vigoureuse poignée de main à Alfred, et allait proposer de rentrer au château, quand, en levant les yeux, il aperçut à quelque distance, sous les arbres, deux formes blanches et immobiles.

« Des Esprits I des Esprits ! » s'écria-t-il en tendant le bras vers ces formes confuses.

Alfred poussa un profond soupir.

« Ah! mon pauvre oncle, reprit-il, j'aurai encore beaucoup à faire pour vous ramener d'une manière complète au sentiment de la réalité... Ces prétendus Esprits sont les gouvernantes indiennes; elles ont accompagné les dames Swift, et attendent leur jeune maîtresse pour la ramener à l'auberge du Cygne. »

John, un peu honteux, passa deux ou trois fois la 'main sur son front, comme pour écarter certaines idées qui troublaient sa cervelle. Enfin il dit d'un ton déterminé :

« Ma fille ne me quittera plus... Elle logera cette nuit au château, et demain nous retourne-

rons tous à la ferme des Oaks, où nous échapperons aux souvenirs lugubres qui pèsent ici... Alfred, tu enverras, de ma part, une dépêche à mon frère Henry, pour le prier de venir nous rejoindre, et j'espère n'avoir pas trop de peine à obtenir de lui mon pardon... Quant à ces pauvres femmes, qu'elles approchent ! »

Les Indiennes s'avancèrent, courbées en deux et en donnant tous les signes de respect usités en Orient.

ce Je suis content, dit le nabab en employant leur langue natale, de l'affection et du dévouement que vous avez témoignés à ma fille... Vous resterez auprès d'elle tant qu'il vous plaira... Et s'il vous convient un jour de rétourner dans votre pays, j'assurerai votre fortune. »

Néridah se jeta à son cou.

« Ah ! que vous êtes bon ! s'écria-t-elle ; grâce à toi, cousin Alfred, j'ai retrouvé mon père ! »

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