CHAPITRE XIII
Lei priioBnleri.
I.a niiil était sombre, mais l'auberge, comme nous savons, ne se trouvait guère qu'à une centaine de pas du château de la reine Edith et le trajet devait être l'œuvre de quelques minutes. Tout en marchant, Alfrod disait k Davy, qui avait une attitude timide et embarrassée :
" Vous êtes très coupable, Davy; vous avez servi les mauvais desseins des plus mortels ennemis de vos maîtres, et vous pouvez apprécier, &
232 NÉBIDAH.
cette heure, les résultats funestes de votre trahison !
— Monsieur Alfred, répondit Davy humblement, je regrette bien ma sottise.... Ces histoires spirites m'avaient troublé laraison, et M. Karl est si rusé, il sait si bien endoctriner son monde.... Je ne songeais pas que je pouvais nuire à M. Hartley et à miss Néridah.
— Vous avez agi sans discernemeût, je le sais, et vous n'aviez aucune intention coupable.... Mais, pour réparer votre faute, il importe que vous fassiez, devant mon oncle ou devant toute autre personne, l'aveu complet de ce qui s'est passé entre vous et ce charlatan de Karl.... Promettez-vous de le faire?
— Pensez donc, monsieur Alfred.... Quand votre oncle apprendra que je me suis laissé enjôler par cet imposteur, il me chassera de sa maison,...
— Ne craignez rien de pareil ; j'arrangerai tout.... Mais pas de subterfuges! Si vos aveux ne sont pas sincères et complets, ce sera moi qui provoquerai contre vous des mesures de rigueur. »
Davy s'engagea à répondre ponctuellement sur les faits auxquels il avait pris part, et on arriva h l'auberge.
Dans la vaste pièce du rez-de-chaussée, servant à la fois de cuisine, de parloir et de salle à manger, se trouvait une nombreuse compagnie. Plusieurs lampes* de cuivre, disposées çà et là, y répandaient une vive lumière. Dans un coin, les dames Swift, assises à une table avec le petit Samuel, prenaient leur repas. Les deux sœurs paraissaient toutes joyeuses et répétaient avec ravissement les mots que le jeune garçon ne faisait guère que balbutier, en attendant que son organe, encore embarrassé, eût acquis de Taisance et de la souplesse. L'officier du shérif, assis seul à l'écart, devant un pot d'ale, lisait un journal, tandis que quatre policemen, attablés dans un coin, fumaient leurs pipes en buvant du grog. Deux policemen manquaient; ils étaient, en ce moment, de garde auprès des prisonniers, enfermés séparément à Tétage supérieur. La servante et le valet d'écurie s'agitaient au milieu de tout ce monde, non sans prêter distraitement Toreille à ce qui se disait du côté des maîtresses.
A la vue d'Alfred, les deux sœurs accoururent au-devant de lui, ainsi que Samuel, qui lui adressa un « good night » assez bien articulé, en lui serrant la main.
« Bon Dieu ! monsieur Alfred, dit mistress Swift avec un accent dinquiétude, nous ne nous
attendions guère à vous voir ici ce soir.... Est-ce que tout ne va pas bien chez M. John Hartley ?
— Si, si, madame, répondit Alfred distraitement ; mais vous savez qu'avec un homme du caractère de mon excellent oncle, il faut toujours ^tre en alerte, et peut-être aurai- je de nouveau besoin de votre obligeant concours....
— Il vous est acquis, monsieur ; nous sommes trop récompensées de celui que nous vous avons donné déjà pour ne pas vous le donner encore.... Voyez, poursuivit-elle en désignant son fils qui lui souriait, il est bien vrai que Samuel parle à présent.... et cette satisfaction efface toutes nos peines !
— Oui, oui, il parle ! dit sa sœur en levant les veux au ciel.
— Ce bonheur vous était bien dû, mes dignes dames, reprit Alfred ; et quand le père de ce pauvre enfant aura été vengé du misérable qui a causé sa mort.... Mais votre vengeance est srtro à cette heure !
— Que le sort s'accomplisse ! dit mistress Swift; néanmoins, vous Tavouerai-je, ni ma sœur ni moi nous ne songeons plus à la vengeance.... Si coupable que soit ce Fehrenbach, nous n'avons plus le courage de poursuivre son châtiment, maintenant que notre cher Samuel
est rentré si heureusement dans la condition commune.
— Ce sont-là, chère madame, les sentiments d'une bonne chrétienne.... Toutefois vous ne refuserez pas, je pense, de m'aider à réparer le mal causé par ce scélérat, et j'ai encore compté sur vous, sur votre sœur, sur cet intelligent enfant, pour m'aider à porter une conviction complète dans l'esprit de mon malheureux oncle....
— Vous avez eu raison, 'monsieur Alfred, et lorsque nous saurons....
— Yous le saurez tout à Theure. »
Alfred s'approcha du lieutenant du shérif, qui s'était levé avec empressement, etillui demanda s'il ne pouvait voir les prisonniers.
« Rien de plus facile, monsieur ; seulement, si vous comptez les faire parler, je crois que vous n'y réussirez pas. Ils sont en haut, dans des chambres séparées. L'homme est tellement furieux que, malgré ses menottes, il faut deux de mes gens pour le surveiller. Il a, par moments, de véritables accès de frénésie, et, si on l'abandonnait à lui-même, il serait capable.... Quant à la femme, elle occupe la pièce voisine et on n'a pas jugé à propos de la garder à vue ; mais elle est tombée dans un état de prostration, d'accablement qui ressemble à de l'idiotisme.
à36 NÉRIDAH.
— N'importe, monsieur; je désire les voir Tun et Tautre sur-le-champ.
— Soit ; je vais vous accompagner. »
L'ofQcier du shérif dit quelques mots à un des
policemen, qui alluma un flambeau et se mit en devoir de les conduire à l'étage supérieur. D'autres personnes voulurent les suivre, mais Alfred, ayant fait signe que leur présence n'était pas nécessaire pour lé moment, monta l'escalier avec l'officier et le policêman.
Karl avait pour prison la grande chambre où le nabab avait passé la nuit peu de temps auparavant. Il était assis sur une chaise, et quoique ses mains fussent prises dans des menottes, quoiqu'une corde lâche dût rendre difficile une tentative de fuite précipitée, les deux hommes chargés de veiller sur lui semblaient être continuellement en éveil. Ses vêtements déchirés, des meubles brisés ou renversés autour de lui, témoignaient de quelque lutte récente. Les fenêtres étaient soigneusement closes, et le lieutenant du shérif avait eu besoin de se faire reconnaître pour être admis dans la chambre avec ceux qui l'accompagnaient.
Quand on entra, Kàrl^ épuisé par son dernier accès'de fureur, demeurait sombre, la tête penchée sur la poitrine. 11 se redressa lentement et,
Il était assis sur une chiiso.
en reconnaissant Alfred, ses yeux étincelèrenl; cependant il ne dit rien et feignit de rester impassible.
L'officier, après avoir échangé quelques mois tout bas avec les gardiens, s'approcha du prisonnier.
« Monsieur Fehrenbach, lui dit-il, vous devez être convaincu maintenant que vos velléités de résistance ne vous servent à rien. Voici un honorable gentleman*, M. Alfred HarHey, qui aurait certaines questions à vous poser, et si vous consentiez à lui répondre avec sincérité, on pourrait peut-être adoucir.... »
Karl fit un bond qui sembla devoir briser tous ses liens.
« Que ce gentleman ne me touche pas, ne me parle pas ! s'écria-t-il avec violence ; c'est lui qui m'a perdu.... Au moment où j'allais recueillir le prix de tant d'efforts, de fatigues et de dangers, il a renversé tous mes brillants projets, il m'a précipité dans l'abîme où je suis.... Je le hais.... qu'il parte !.. Si l'on veut que je demeure calme, qu'on me délivre bien vite de son odieuse présence ! »
Malgré cette explosion de haine, Alfred dit avec douceur :
« Ne vous en prenez qu'à vous, Karl, de ce qui
est arrivé.... Vous deviez bien vous attendre que, d'un moment à l'autre, Dieu et la justice humaine vous demanderaient compte de vos crimes. Cependant, réfléchissez à la proposition que vient de vous adresser M. le lieutenant du shérif; il est très vrai que si vous fournissiez devant moi.... et devant d'autres personnes.... des éclaircissements véridiques sur les manœuvres dont vous avez fait usage....
— Ah ! dit Karl avec son ricanement amer d'autrefois, vous commencez à vous apercevoir, monsieur le savant, que votre physique, votre chimie et toutes vos découvertes modernes ne sauraient expliquer certains prodiges spirites? Le nabab, qu'en votre qualité de neveu vous désirez sans doute exploiter seul, devient récalcitrant, et, quoique vous lui ayez montré quelques tours d'escamotage sans importance, il persiste à reconnaître un pouvoir dont il a vu les merveilleux effets.... Eh bien! dût-il en mourir, ou en rester idiot, ne comptez pas sur moi pour le désabuser.... Je me vengerai ainsi de vous, de lui, de tous ceux qui se sont mis à la traverse de mes desseins î
— Encore une fois, Fehrenbach, si vous désirez obtenir quelque indulgence de vos juges....
— Mes juges!... Je les brave ainsi que vous;
j(3 trouverai bien moyen... Allons 1 parlez... laissez-moi en paix... Votre vue me fait bouillir le sang.
— Karl, ne vous reste-t-il donc aucun bon sentiment dans le cœur? Pourquoi n'essayeriez-vous pas de réparer....
-— Partez, vous dis-je ! interrompit Karl eu fureur; mille millions de diables! allez-vous nie laisser en repos? »
Et il voulut s'élancer sur Alfred, en grinçant des dents. Si les gardiens ne se fussent empressés de le contenir, peut-être, malgré ses menottes et ses liens, eût-il réussi à lui porter quelque coup dangereux.
Pendant que le forcené luttait contre \es policemen, l'offlcier du shérif dit à Alfred :
« Vous le voyez, monsieur, il n'y a rien & attendre de lui.*. c*est une véritable béte féroce... Peut-être serez-vous plus heureux avecTautre... la femme... VeneiÉ; votre présence exaspère ce coquin, sans profit pour personne. *
11 recommanda à ses gens de redoubler de vigilance et entraîna Alfred. Quelques instants encore on entendit le bruit de la lutte, Karl poussait de véritables hurlements. Toutefois il ne larda pas à s'apaiser et toiit redevint silencieux.
Alors Alfred et le lieutenant du shérif péné-
trèrent dans la seconde chambre où se trouvait Mme Jellous.
La somnambule était seule, nous le savons, car on n'avait pas jugé nécessaire de prendre avec elle les mômes précautions qu'avec son indomptable associé. Pâle, les yeux humides, les cheveux en désordre, elle était assise devant un guéridon sur lequel on avait disposé un léger repas; mais, à la lueur de l'unique bougie qui éclairait la pièce, on voyait intacts les mets placés devant elle. Le fracas qui se produisait dans la chambre voisine, l'avait inquiétée; et, quand les visiteurs parurent, elle se leva toute tremblante, comme si elle craignait qu'on ne se portât sur elle à quelque violence.
Alfred, sentant la nécessité de ménager cette femme, s'empressa de la rassurer.
« Calmez-vous, madame Jellous, dit-il, et reprenez votre place. Nous n'avons aucune mauvaise intention contre vous, bien au contraire. Si vous vous montrez aussi repentante, aussi docile quele commande votre situation, peut-être cette affaire n'aura-t-elle pas pour vous de suites aussi fâcheuses que vous paraissez le redouter en ce moment I »
La somnambule releva la tête ; une expression d'espoir se montra sur son visage livide.
« Que dites- vous, monsieur Hartley? balbutial-elle. Oh! vous êtes trop généreux pour tendre un piège à une malheureuse créature, brisée de fatigue et de douleur !
— Monsieur Hartley, en effet, dit l'officier de police avec une certaine sévérité, est incapable de tendre un piège à personne.... Mais sachez, madame, qu'en ce moment votre sort dépend absolument de lui.... Vous n'avez pris aucune part, on en a la certitude, au crime épouvantable pour lequel Fehrenbach va être livré à la justice étrangère; vous vous trouvez simplement sous le coup d'une accusation d'escroquerie, soutenue par la famille Hartley, dont M. Alfred est le représentant. Le soUicitor de la Trésorerie n'a point à s'inquiéter de votre affaire. Si votre adversaire veut vous rendre la liberté» je n'aurai pas le droit de vous retenir. Il me restera cependant à prendre des mesures pour m'assurer que vous paraîtrez comme témoin dans l'action qui sera dirigée contre le prétendu Karl, avant qu'on ne le livre aux tribunaux de son pays.... Pensez à tout cela, madan\e, et consentez à répondre aux questions de ce gentleman. N'oubliez pas que, si vous ne parvenez à le fléchir, dans deux heures nous allons prendre le train pour vous conduire, avec votre complice, à Bowstreet, devant le ma-
fc'istral de Londres qui procédera à l'enquête. » Mme Jellous leva sur Alfred un regard ardent. « Est-il possible ?s'écria-t-elle; quoi? monsieur,
vous auriez le pouvoir et la volonté....
— Le lieutenant du shérif a dit vrai, madame, répondit Alfred ; ce n'est en aucune façon la reine qui vous a privé de votre liberté; c'est à ma requête et sous ma responsabilité que vous avez été arrêtée. Si vous me donnez la preuve que vous avez horreur des manœuvres employées par Fehrenbach pour amener mon malheureux oncle à un état voisin de la folie....
— Cette horreur, je l'éprouve de toute mon âme ! s'écria Mme Jellous avec une vivacité qui paraissait sincère ; je connaissais seulement celui que vous appelez Fehrenbach comme un homme habile, instruit, d'une haute intelligence; mais je ne le supposais pas capable d'un crime aussi noir que celui de la destruction du Kirheck. J'ai été fascinée, subjuguée par l'espèce de séduction qu'il exerce, et je subissais son empire, sans pouvoir m'y soustraire.... Peut-être n'ai-je pas, ajouta-t-elle en baissant les yeux, montré toujours assez de scrupules à servir ses projets; mais, à présent que je les vois dans toute leur infamie, ils m'inspirent autant d'aversion que d'effroi. »
Il y avait sans doute beaucoup à redire sur ce
revirement subit dans les idées de la somnambule; néanmoins Alfred ne jugea pas à propos de rechercher trop exactement les causes de ce repentir.
<' Fort bien, madame, reprit-il froidement; mais cette horreur que vous professez doit se manifester par des actes. Je n'ai nullement l'intention de poursuivre Fehrenbach, et d'appeler l'attention du public sur des faits de nalure à donner une triste idée du bon sens d'un oncle que je révère. Je ne demande pas mieux que d'envoyer le scélérat qui l'a trompé.... se faire pendre ailleurs^ car il est entre des mains qui ne le laisseraient point échapper.... Mais il faut que vous répariez autant qu'il est en vous le mal que vous avez commis. Pour le faire, vous n'avez qu'un moyen : pouvez-vous expliquer sans détour, sans réticence, sans aucun faux-fuyant, les tours extraordinaires, les faux prodiges, au moyen desquels mon oncle a été si indignement abusé?
— Je le peux, répliqua Mme Jellous avec une sorte d'orgueil.
— Quoi ! tous ? même la découverte de la montre perdue, même les billets de l'écriture de Suzanne, même l'histoire de cette main glacée qui a touché la main de mon oncle, et aussi l'apparition (lo Suzanne dans les wagons du chemin de fer?
— Oui, monsieur; Karl avait confiance en moi et je n'ignore aucun de ses tours merveilleux... quoique plusieurs aient été opérés en mon absence et que je n'y aie pris aucune part, se hâtat-elle d'ajouter, afin de diminuer autant que possible sa part de responsabilité.
— En ce cas, madame Jellous, dit Alfred d'un ton ferme et décidé, consentez à raconter d'une manière nette et précise tout ce qui s'est passé devant mon oncle et ma cousine, devant l'officier du shérif, devant toutes les personnes que je vais appeler dans cette chambre. Fournisseznous des renseignements précis, et, je vous en donne ma parole, vous serez libre d'aller où bon vous semblera. »
Un sentiment de joie brilla de nouveau sur le visage de Mme Jellous ; mais aussitôt il sembla qu'une réflexion vînt arrêter son transport.
« Monsieur Hartley, balbutia-t elle, vous oubliez que l'intervention des Esprits...
— Les Esprits ! répliqua Alfred avec sévérité, oseriez-vous soutenir que vous croyez aux Esprits... du moins à ceux que les spirites disent évoquer?... Regardez-moi, madame Jellous; regardez-moi bien en face... et affirmez encore que vous croyez aux Esprits! »
La somnambule détourna la tête, sans répondre.
« Monsieur Hartiey, reprit-elle enfin en baissant la voix, s'il faut Ta vouer, ce... Karl, tel que je le connais à présent, m'inspire une profonde terreur. 11 peut s'échapper, ôlre acquitté, inventer quelque machination nouvelle : en apprenant que j'ai trahi ses secrets, il saurait bien me retrouver et se venger d'une manière impitoyable !
— S'échapper ! s'écria l'offlcier de police ; ah ! je l'en défie bien, par exemple I... Il m'est recommandé d'une manière spéciale, à cause de son adresse et de sa subtilité... Mais nous avons des cordes, des poucettes et des menottes, dont tous les prestidigitateurs du monde ne sauraient se débarrasser.
— Et quant à être acquitté, dit Alfred à son tour, je vous assure que Fehrenbach ne le sera pas. J'ai recueilli contre lui tant de preuves, des preuves si claires, si décisives, que sa condamnation est absolument certaine.
— C'est vrai, reprit Mme Jellous en gémissant; mais les Esprits ont des partisans nombreux, puissants, qui ne me pardonneront jamais d'avoir dévoilé le secret de leurs manœuvres. Oui, Karl sera condamné, mais tous les spirites d'Angleterre s'acharneront après moi. Furieux de ma franchise, ils me persécuteront, et la liberté que vous m'offrez sera moins sûre pour moi que la
prison de laquelle on promet de m'affranchir. Tenez je vous parle en toute franchise, monsieur Alfred : en gardant le secret et en protestant de mon innocence, j'aurai l'avantage de passer pour martyre. Il y a tant de gens dont la seule industrie est d'invoquer ce titre ! Voyez, ajouta-t-elle en s'exaltant, le fameux Tichborne dont certains enthousiastes veulent faire un membre du Parlement d'Angleterre... Voyez les Fenians, qui ont assassiné, brûlé, pillé...
— Madame Jellous, dit Alfred qui l'avait écoutée patiemment, j'ignore s'il y a quelque chose de fondé dans ce que vous venez d'alléguer, et je ne veux rien ajouter qui puisse vous faire croire que j'achète votre révélation, quoiqu'une pareille tentative soit autorisée par la loi britannique.... Mais sachez-le, si je vous demande de tout nous dire, c'est afln de bien convaincre mon pauvre oncle que tout est faux dans ces prétendus miracles. En parlant, vous aurez la satisfaction de réparer le mal que vous avez fait. Votre conscience vous donnera une première récompense. Je ne peux ni ne veux vous en dire davantage ; seulement soyez persuadée que je ne vous laisserai point exposée à des persécutions ayant pour cause la franchise de vos révélations.
— Ah ! monsieur, dit Mme Jellous en se jetant aux pieds de son interlocuteur, votre sagesse, votre générosité me font voir toute Thorreur de ma conduite, me montrent combien mes scrupules étaient coupables.... Oui, je dois une réparation à ce pauvre M. John que j'ai si indignement trompé... Comptez sur mon entier concours ! »
Alfred la releva avec bonté.
ce S'il en est ainsi, s'écria-t-il, nous ne perdrons pas un instant.... Je vais faire prévenir mon oncle, ma cousine, toutes les personnes qui pour* ront confirmer ou contrôler vos aveux... Vous, madame Jellous, recueillez-vous, rassemblez vos souvenirs... Tout à l'heure nous allons juger de votre sincérité. »
Et il sortit précipitamment, pour envoyer Davy chercher John Hartley et Néridah au château de la reine Edith.
T wW'j^-